Jour 1 sur 3 · 6 heures · Niveau 1 Débutant

Approvisionnement en eau

Objectifs du jour
  • Connaître les standards de quantité et d'accès.
  • Choisir les options d'approvisionnement.
  • Traiter l'eau et contrôler sa qualité.

1Pourquoi le WASH sauve des vies

Dans les camps et les zones touchées, les maladies liées à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène (diarrhées, choléra, hépatite E, typhoïde) figurent parmi les premières causes de maladie et de décès, surtout chez les jeunes enfants et les personnes malnutries. Le WASH agit sur la transmission féco-orale : par les mains, l'eau, les aliments, les mouches et les sols contaminés.

On le résume souvent par le « diagramme en F » : les barrières (latrines, lavage des mains, eau traitée, protection des aliments) coupent les voies de transmission.

2Quantité et accès : les repères Sphère

  • Au moins 15 litres par personne et par jour pour boire, cuisiner et l'hygiène personnelle (repère indicatif à adapter au contexte, plus élevé dans les centres de santé).
  • Un point d'eau à moins de 500 mètres des habitations.
  • Un temps d'attente au point d'eau de moins de 30 minutes.
  • Par repère, environ 250 personnes par robinet (selon le débit), 500 par pompe à main, 400 par puits ouvert à usage manuel.
  • Des récipients propres pour la collecte et le stockage à la maison (par exemple deux jerricans de 10 à 20 litres par ménage).

Ces repères sont des indicateurs, pas des quotas : ils se discutent avec les communautés, en particulier les femmes et les filles, qui collectent souvent l'eau.

3Options d'approvisionnement

  • Transport d'eau par camion (water trucking) : rapide mais coûteux, à remplacer dès que possible par des solutions durables.
  • Réhabilitation de forages, puits et réseaux existants : souvent la meilleure option en rapport coût-efficacité.
  • Traitement de surface (rivière, lac) avec unités de traitement, ou nouveaux forages après études.
  • Gestion par des comités de point d'eau formés (entretien, propreté, petites réparations, contribution éventuelle).

4Traiter l'eau et contrôler sa qualité

  • Chloration : méthode la plus courante en urgence. Repère : une concentration de chlore résiduel libre de 0,2 à 0,5 mg/l au point de distribution (plus élevée, autour de 0,5 à 1 mg/l, pendant une épidémie de choléra), après un temps de contact d'au moins 30 minutes, avec une eau de turbidité faible (idéalement moins de 5 NTU).
  • Mesure du chlore résiduel avec un comparateur ou un photomètre (DPD) plusieurs fois par jour aux points d'eau et dans un échantillon de ménages.
  • Analyse bactériologique : 0 coliforme fécal (E. coli) pour 100 ml au point de distribution.
  • Traitement à domicile (comprimés, filtres, ébullition) quand l'eau ne peut pas être traitée à la source, avec démonstration et suivi.
Cours approfondi

Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.

5Évaluer et planifier l'approvisionnement : la méthode des 72 premières heures aux 3 premiers mois

Le repère des 15 litres par personne et par jour n'est pas un plan. Un plan d'approvisionnement répond à quatre questions chiffrées : combien d'eau faut-il, pour qui et où ; d'où viendra-t-elle et avec quel débit fiable ; comment sera-t-elle rendue potable et contrôlée ; comment passera-t-on des solutions d'urgence aux solutions durables. La méthode ci-dessous suit la séquence utilisée par la plupart des équipes WASH expérimentées.

Étape 1 : évaluation rapide (jours 1 à 3)

  • Qui : un binôme technicien WASH et promoteur d'hygiène, idéalement mixte, accompagné d'un membre de la communauté ou d'un agent des services techniques de l'eau. Le chef de projet valide les hypothèses de planification.
  • Quoi : population et tendance (arrivées par jour), sources existantes et leur état, distance et temps de collecte, quantités réellement collectées (estimées à partir du nombre et du volume des récipients), traitement en place, récipients disponibles dans les ménages, risques de protection autour des points d'eau, et premiers signaux sanitaires (diarrhée aqueuse aiguë, décès d'enfants) obtenus auprès des acteurs santé.
  • Comment : observation directe, entretiens avec des informateurs clés, groupes de discussion séparés hommes et femmes, mesure du chlore résiduel et de la turbidité sur place, inspection sanitaire des sources. Les outils d'évaluation rapide du cluster WASH ou de l'évaluation multisectorielle initiale (MIRA) donnent un cadre commun ; il vaut mieux les utiliser que créer un questionnaire propre à l'ONG, pour que les données soient comparables.

Étape 2 : calcul de la demande réelle

La demande ne se limite pas aux ménages. Il faut additionner les besoins institutionnels, puis ajouter les pertes du système. Les repères ci-dessous sont ceux couramment utilisés à partir du manuel Sphère et des guides techniques du secteur ; ils sont des points de départ, à ajuster au climat et aux pratiques.

UsageRepère de planificationCommentaire
Survie (boisson, cuisine, hygiène de base)7,5 à 15 l par personne et par jourBoisson 2,5 à 3 l, hygiène 2 à 6 l, cuisine 3 à 6 l ; plus en climat chaud
Centre de santé, consultations externes5 l par consultationHors besoins des patients hospitalisés
Centre de santé, patients hospitalisés40 à 60 l par patient et par jourPlus pour les blocs opératoires et maternités
Centre de traitement du choléra60 l par patient et par jourPlus 15 l par accompagnant
Centre de nutrition thérapeutique30 l par patient hospitalisé et par jourPlus 15 l par accompagnant
Écoles3 l par élève et par jourBoisson et lavage des mains ; plus si latrines à chasse
Latrines à chasse manuelle1 à 2 l par utilisateur et par jourPlus 1 à 2 l pour le nettoyage anal à l'eau
Bétail20 à 30 l par gros animal, 5 l par petit animalÀ intégrer si l'on veut éviter que les ménages prélèvent sur leur ration

On ajoute ensuite les pertes : 10 à 20 % pour un réseau neuf bien construit, souvent 30 % ou plus pour un réseau réhabilité ou un camion-citerne mal contrôlé. La demande de conception est donc : (besoins des ménages + besoins institutionnels) × (1 + taux de pertes).

Étape 3 : inventaire des sources et débit fiable

Pour chaque source, il faut connaître le débit exploitable et non le débit annoncé. Pour un forage, cela suppose un essai de pompage (essai par paliers puis essai de longue durée, souvent 24 à 72 heures, avec suivi de la remontée) réalisé par un hydrogéologue ou un foreur qualifié. Règle prudente : ne pas pomper plus de 16 à 18 heures par jour et rester sous le débit de l'essai de longue durée. Pour une source de surface, il faut estimer le débit d'étiage (saison sèche), pas celui du jour de la visite. Pour un réseau urbain, il faut obtenir de la régie les horaires réels de distribution et la pression.

Étape 4 : scénario de transition

Le plan est écrit en trois phases, chacune avec son coût par mètre cube et sa date de sortie :

  1. Phase aiguë (semaines 1 à 4) : transport par camion, réservoirs souples, chloration en réservoir, distribution de récipients et de produits de traitement à domicile si l'eau ne peut pas être contrôlée.
  2. Phase de stabilisation (mois 2 et 3) : réhabilitation ou forage, réseau de distribution simple, réduction progressive des camions.
  3. Phase de consolidation (à partir du mois 4) : pompage solaire ou hybride, comités de gestion, maintenance confiée à des acteurs locaux, implication de la régie ou du service technique de l'État.

Un plan d'approvisionnement crédible indique, dès la première semaine, la date à laquelle le transport par camion doit s'arrêter et les conditions qui le permettront. Un camion-citerne sans stratégie de sortie peut coûter dix fois plus cher par mètre cube qu'un forage équipé, et devient vite le premier poste budgétaire du projet.

6Chloration et traitement de l'eau : calculs, protocoles et contrôle

La chloration est simple dans son principe et souvent mal exécutée. Les erreurs typiques sont des doses calculées « à l'œil », une turbidité trop élevée qui protège les bactéries, un temps de contact non respecté, et un contrôle limité au réservoir alors que l'eau se recontamine entre le robinet et la tasse. Cette section donne les calculs et les protocoles à maîtriser.

Conditions d'efficacité

  • Turbidité inférieure à 5 NTU, idéalement inférieure à 1 NTU. Au-delà, il faut une étape de prétraitement (décantation, floculation, filtration). Au-delà de 20 NTU environ, la chloration seule n'est pas fiable.
  • pH inférieur à 8. Au-dessus, la proportion d'acide hypochloreux, forme la plus désinfectante, chute fortement : il faut augmenter la dose et le temps de contact, ou viser le haut de la fourchette de chlore résiduel.
  • Temps de contact d'au moins 30 minutes avant distribution.
  • Chlore résiduel libre de 0,2 à 0,5 mg/l au point de distribution en situation normale, 0,5 à 1 mg/l en épidémie de choléra ou de diarrhée. La valeur guide sanitaire de l'OMS pour le chlore est de 5 mg/l, mais l'eau devient désagréable au goût bien avant, ce qui pousse les ménages vers des sources non traitées.

Le test de demande en chlore

La dose à appliquer est la somme de la demande en chlore de l'eau (le chlore consommé par la matière organique et les autres substances) et du résiduel souhaité. On la détermine par un test simple :

  1. Préparer une solution mère à 1 % de chlore actif (10 g de chlore actif par litre, soit environ 14 g d'hypochlorite de calcium à 70 % ou 15 g à 65 % dissous dans 1 litre d'eau ; on étalonne une cuillère de mesure et on vérifie la solution avec le comparateur).
  2. Remplir trois à cinq seaux de 20 litres avec l'eau à traiter.
  3. Ajouter des volumes croissants de solution à 1 % : 1 ml, 1,5 ml, 2 ml, 2,5 ml (soit 0,5 ; 0,75 ; 1 ; 1,25 mg/l pour 20 litres, car 1 ml de solution à 1 % contient 10 mg de chlore).
  4. Attendre 30 minutes, mesurer le chlore résiduel libre dans chaque seau avec un comparateur DPD.
  5. Retenir le plus petit dosage qui donne entre 0,4 et 0,5 mg/l après 30 minutes (pour garder une marge jusqu'au point de consommation), puis extrapoler au volume du réservoir.

Le test est à refaire à chaque changement de source, après de fortes pluies et au moins une fois par semaine pour une eau de surface.

Calcul de la dose pour un réservoir

Formule : masse de produit (g) = volume (m³) × dose (mg/l ou g/m³) ÷ concentration en chlore actif du produit (en fraction).

Exemple : réservoir de 10 m³, dose retenue de 1,5 mg/l, hypochlorite de calcium (HTH) à 70 %. Chlore actif nécessaire : 10 × 1,5 = 15 g. Masse de HTH : 15 ÷ 0,70 = 21,4 g, arrondie à 21 g. On dissout le produit dans un seau d'eau, on laisse décanter les résidus insolubles, et on verse la partie claire dans le réservoir pendant son remplissage pour assurer le mélange.

Le HTH perd de sa concentration avec la chaleur, l'humidité et le temps. Un stock entamé depuis plusieurs semaines sous un toit de tôle peut avoir perdu une part importante de son chlore actif. Le contrôle du résiduel, pas la dose théorique, fait foi.

Prétraitement : décantation et floculation

Pour une eau de rivière turbide, on utilise le sulfate d'aluminium comme coagulant. La dose se détermine par un essai de floculation en bocaux (jar test) : plusieurs récipients de 1 litre reçoivent des doses croissantes (par exemple de 20 à 80 mg/l), on agite rapidement une minute, lentement 15 à 20 minutes, puis on laisse décanter 30 minutes. On retient la plus faible dose qui donne une eau claire. Le pH influence fortement le résultat ; une eau trop acide après coagulation peut nécessiter une correction à la chaux. Les unités de traitement compactes (de type kits d'urgence de la Croix-Rouge ou des grandes ONG WASH) intègrent ces étapes mais demandent un opérateur formé et un approvisionnement constant en produits.

Traitement de l'eau à domicile

MéthodeQuand l'utiliserLimites
Comprimés de dichloroisocyanurate de sodium (NaDCC)Eau claire, ménages dispersés, riposte autour des cas de choléraDosage lié au volume du récipient ; goût ; inefficace si l'eau est turbide
Sachets floculant-désinfectantEau turbide sans prétraitement possibleProcédure en plusieurs étapes (mélange, filtration sur tissu, attente) ; formation indispensable
Filtres céramiques ou à membraneContextes prolongés, ménages stablesCoût, entretien, casse ; pas d'effet résiduel contre la recontamination
ÉbullitionSi combustible disponibleCoût en bois, pression sur l'environnement, risque de recontamination
Désinfection solaire (SODIS)Petits volumes, eau claire, fort ensoleillementLent, bouteilles PET nécessaires, faible acceptabilité en urgence

L'OMS évalue la performance des produits de traitement à domicile dans un programme international d'évaluation : privilégier les produits qui y ont été testés. Toute distribution doit être accompagnée d'une démonstration et d'un suivi à domicile : les études de terrain montrent régulièrement des taux d'utilisation correcte bien inférieurs aux taux de distribution.

Plan de contrôle de la qualité

  • Chlore résiduel et turbidité : à chaque réservoir après le temps de contact, à chaque point de distribution au moins une fois par jour en phase aiguë (deux à trois fois par jour en épidémie), et dans un échantillon de ménages chaque semaine.
  • Analyse bactériologique (E. coli ou coliformes thermotolérants) : par filtration sur membrane avec un kit de terrain, sur les sources non chlorées, sur un échantillon de points d'eau et de ménages. La grille de risque couramment utilisée classe les résultats en 0 (conforme), 1 à 10 (risque faible), 11 à 100 (risque intermédiaire), plus de 100 UFC pour 100 ml (risque élevé).
  • Paramètres chimiques : pour tout nouveau forage, au moins une analyse en laboratoire. Les valeurs guides de l'OMS les plus souvent problématiques sont l'arsenic (10 µg/l), le fluorure (1,5 mg/l), le nitrate (50 mg/l) ; la conductivité ou les solides dissous totaux renseignent sur l'acceptabilité gustative (au-delà d'environ 1 000 mg/l, l'eau est souvent rejetée).
  • Inspection sanitaire : formulaire standard de l'OMS pour chaque type de source (forage avec pompe à main, puits, captage de source, réservoir, robinet), qui donne un score de risque et des actions correctives.

7Exemple complet : approvisionnement du site de Kalimbé, de la première semaine au troisième mois

Contexte fictif : à la suite d'affrontements dans le district de Sarandi, environ 18 000 personnes déplacées se sont regroupées sur un terrain communal à Kalimbé, en saison sèche. La seule source proche est un puits ouvert tari à moitié ; une rivière permanente coule à 9 km et un forage municipal fonctionnel, géré par la mairie de Doro, se trouve à 11 km. L'ONG fictive « Eau Solidaire » est désignée par le cluster comme partenaire principal WASH du site. Les premières données santé signalent 210 cas de diarrhée aqueuse aiguë en une semaine chez les enfants de moins de 5 ans, sans cas confirmé de choléra.

Étape 1 : la demande de conception

PosteEffectifRepèreBesoin (m³/jour)
Ménages18 000 personnes15 l/pers./jour270,0
Poste de santé, consultations250 consultations/jour5 l/consultation1,3
Poste de santé, observation20 lits50 l/patient/jour1,0
Unité de stabilisation nutritionnelle10 patients et 10 accompagnants30 l et 15 l0,5
Espaces d'apprentissage temporaires3 600 élèves3 l/élève/jour10,8
Sous-total283,6
Pertes (15 %)42,5
Demande de conception326, arrondie à 330

Étape 2 : la phase aiguë par camions (semaines 1 à 5)

Objectif réaliste fixé avec le cluster : 7,5 l par personne et par jour dès la fin de la première semaine, 15 l à la fin de la quatrième semaine. Pour la première semaine : (18 000 × 7,5 l) + 13,6 m³ institutionnels = 148,6 m³, majorés de 20 % de pertes liées au transport, soit environ 178 m³ par jour.

  • Source : le forage municipal de Doro, après accord écrit avec la mairie sur les volumes, les horaires et une compensation pour le carburant du groupe électrogène. La rivière est écartée en phase aiguë (turbidité de 60 NTU mesurée, pas d'unité de traitement disponible avant trois semaines).
  • Camions : citernes de 12 m³, une rotation de 2 heures 30 (11 km, remplissage, déchargement), 10 heures de travail par jour, soit 4 rotations et 48 m³ par camion et par jour. Besoin : 178 ÷ 48 = 3,7, donc 4 camions et 1 en réserve.
  • Stockage sur site : réservoirs souples de 10 m³ ; on vise au moins une demi-journée de stockage, soit 9 à 10 réservoirs, chacun relié à une rampe de 6 robinets.
  • Chloration : dans chaque réservoir souple après remplissage, selon le test de demande réalisé sur l'eau du forage (demande faible de 0,3 mg/l, dose retenue 0,8 mg/l), contrôle du résiduel à chaque rampe trois fois par jour.
  • Coût : location tout compris (chauffeur, carburant, entretien) négociée à 360 dollars américains par camion et par jour, soit 1 800 dollars par jour pour 5 camions et environ 10 dollars par mètre cube livré. Sur cinq semaines : 63 000 dollars.

Avec 10 rampes de 6 robinets, le site compte 60 robinets, soit 300 personnes par robinet : au-dessus du repère de 250. L'équipe le signale au cluster comme un écart temporaire et planifie 2 rampes supplémentaires en semaine 3 (72 robinets, 250 personnes par robinet).

Étape 3 : la solution durable (à partir de la semaine 4)

Une étude géophysique (sondages électriques) identifie quatre sites favorables. Trois forages productifs sont réalisés ; les essais de pompage de longue durée (48 heures) donnent des débits exploitables de 7,5 ; 5 et 9 m³/h.

ForageDébit exploitable (m³/h)Heures de pompageProduction (m³/jour)
F17,516120
F25,01680
F39,016144
Total21,5344

Raisonnement : 344 m³ couvrent la demande de 330 m³ avec une marge de seulement 4 %. L'équipe décide donc de conserver un camion en réserve pendant deux mois supplémentaires, de réhabiliter le puits ouvert existant (équipé d'une pompe à main, pour les usages non potables), et d'inscrire au plan une réduction active des pertes (détection des fuites, robinets à fermeture automatique). Les pompes sont solaires avec un appoint par groupe électrogène pour les jours couverts. Deux réservoirs surélevés de 95 m³ assurent une demi-journée de stockage et la pression vers 12 rampes de 6 robinets.

Étape 4 : consommables de chloration

Test de demande sur l'eau des forages : 0,7 mg/l. Dose retenue : 0,7 + 0,5 = 1,2 mg/l. Chlore actif par jour : 330 × 1,2 = 396 g. HTH à 70 % : 396 ÷ 0,70 = 566 g par jour, soit 17 kg par mois. Stock de trois mois avec 20 % de marge pour la dégradation : 61 kg, commandés en fûts de 45 kg stockés à l'ombre, au sec et à l'écart des carburants.

Étape 5 : comparaison des coûts

OptionInvestissement (USD)Fonctionnement (USD/mois)Coût par m³ sur 24 mois
Camions (5 unités)054 000environ 10
Forages solaires, réseau et réservoirs156 0002 500environ 0,90

Calcul : (156 000 + 24 × 2 500) ÷ (330 × 730 jours) = 216 000 ÷ 240 900 = 0,90 dollar par m³. Cet argument, présenté avec les essais de pompage, permet d'obtenir du bailleur une réaffectation budgétaire des lignes « camions » vers l'investissement dès le deuxième mois.

Étape 6 : les indicateurs suivis

IndicateurSemaine 1Semaine 4Mois 3Repère
Litres par personne et par jour (distribués, enquête de collecte)7,913,216,815 au minimum
Personnes par robinet300250250250 au maximum
% de ménages à moins de 500 m d'un point d'eau71 %88 %97 %100 %
% de mesures au robinet avec chlore résiduel de 0,2 à 0,5 mg/l64 %86 %93 %95 % visé
% de ménages avec chlore résiduel détectable dans le récipient de stockagenon mesuré58 %74 %cible projet 80 %
Cas de diarrhée aqueuse aiguë chez les moins de 5 ans (par semaine)21013261tendance à la baisse

La lecture de ce tableau est aussi importante que les chiffres : le chlore résiduel est bon au robinet mais insuffisant dans les ménages au mois 3. La cause probable est la recontamination pendant le transport et le stockage (récipients ouverts, puisage avec des gobelets). La réponse n'est pas d'augmenter la dose au réservoir, mais de distribuer des récipients à bec verseur et à couvercle, et de cibler la promotion de l'hygiène sur la manipulation de l'eau.

8Outils et modèles réutilisables

Les outils suivants peuvent être adaptés directement. Ils sont volontairement simples : un formulaire que les équipes remplissent réellement vaut mieux qu'un formulaire complet abandonné au bout de deux semaines.

Fiche quotidienne de suivi d'un point d'eau

RubriqueContenu
IdentificationCode du point d'eau, coordonnées GPS, type (rampe, pompe à main, puits), nombre de robinets fonctionnels sur le total
QuantitéVolume livré ou pompé (compteur ou nombre de rotations), heures d'ouverture, nombre de personnes en attente à 8 h, 12 h et 16 h
QualitéChlore résiduel libre et turbidité à chaque mesure, avec l'heure et le nom de la personne qui mesure
EnvironnementEaux stagnantes, état de l'aire de drainage, présence de déchets, animaux
Protection et redevabilitéIncidents signalés (bagarres, harcèlement, exclusion), plaintes reçues et orientées
ActionsRéparations faites ou demandées, réapprovisionnement en produits de chloration

Calendrier de contrôle de la qualité en phase aiguë

LieuParamètresFréquenceResponsable
Source (forage, rivière)Turbidité, pH, conductivité, E. coliTurbidité chaque jour ; E. coli chaque semaineTechnicien qualité de l'eau
Réservoir, après temps de contactChlore résiduel libre et total, pHÀ chaque remplissageOpérateur de chloration
RobinetsChlore résiduel libreUne à trois fois par jour selon le risqueAgents de point d'eau
Ménages (échantillon aléatoire)Chlore résiduel libre, observation du récipientChaque semaine, 30 à 50 ménagesPromoteurs d'hygiène
Ménages et robinets (sous-échantillon)E. coliToutes les deux semainesTechnicien qualité de l'eau

Liste de vérification pour un contrat de transport d'eau par camion

  • Source autorisée et contrôlée, avec accord écrit de l'autorité ou du gestionnaire.
  • Citernes réservées à l'eau potable, nettoyées et désinfectées avant le premier usage (solution chlorée concentrée, rinçage), sans antécédent de transport de carburant ou de produits chimiques.
  • Bordereau de livraison signé à chaque rotation par l'agent du point d'eau (heure, volume, chlore résiduel à l'arrivée).
  • Paiement au volume vérifié et non au nombre de rotations déclarées.
  • Clause de pénalité ou de résiliation en cas de livraison non conforme, et contrôle inopiné par l'équipe logistique.
  • Plan de repli si un camion tombe en panne ou si la route est coupée.

Mandat type d'un comité de gestion de point d'eau

  • Composition : 5 à 9 membres élus, avec au moins la moitié de femmes et au moins une femme dans une fonction clé (présidente ou trésorière), représentation des différents groupes du site, y compris les personnes handicapées.
  • Tâches : propreté du point d'eau et de son aire de drainage, gestion des horaires et des files, signalement des pannes dans les 24 heures, relais des plaintes, petites réparations après formation.
  • Moyens : trousse à outils, pièces d'usure courantes, formation documentée, contact téléphonique direct avec l'équipe technique.
  • Limites : le comité n'est pas chargé de « sanctionner » des usagers ni de restreindre l'accès ; toute contribution financière est discutée avec le cluster pour rester cohérente avec les autres sites.

Questions pour un groupe de discussion avec des femmes sur l'accès à l'eau

  1. Qui collecte l'eau dans votre ménage, à quelle heure, et combien de trajets par jour ?
  2. Combien de temps attendez-vous au point d'eau ? Que se passe-t-il pendant l'attente ?
  3. Y a-t-il des moments ou des lieux où vous ou vos filles ne vous sentez pas en sécurité pour aller chercher de l'eau ?
  4. L'eau a-t-elle un goût ou une odeur qui vous gêne ? Utilisez-vous d'autres sources, et pour quels usages ?
  5. Avez-vous assez de récipients ? Comment conservez-vous l'eau à la maison ?
  6. Si un problème survient au point d'eau, à qui le dites-vous ? Avez-vous eu une réponse ?

9Erreurs fréquentes et ce que regardent bailleurs, évaluateurs et auditeurs

Les erreurs les plus coûteuses sur le terrain

  1. Confondre eau produite et eau consommée. Diviser le volume pompé par la population donne un chiffre flatteur qui ignore les pertes, les usages institutionnels et l'inégalité d'accès entre zones du site. L'indicateur de quantité doit être vérifié par une enquête de collecte auprès des ménages (nombre et volume des récipients remplis la veille), en désagrégeant par zone.
  2. Contrôler le chlore au réservoir seulement. Un résiduel conforme au réservoir ne dit rien de l'eau bue. Le contrôle doit aller jusqu'au récipient du ménage.
  3. Forer sans étude ni autorisation. Un forage implanté sans étude hydrogéologique, sans autorisation du service de l'hydraulique et sans essai de pompage est une dépense à haut risque. Les forages négatifs ou à faible débit sont fréquents en socle cristallin ; le contrat avec le foreur doit prévoir le paiement des forages négatifs selon une grille définie à l'avance et un superviseur indépendant présent aux étapes clés (profondeur, tubage, massif filtrant, développement, essai).
  4. Laisser le transport par camion devenir permanent. Sans date de sortie, le camion devient la solution par défaut, avec des coûts élevés, un risque de fraude (rotations fictives) et une dépendance totale à la route et au carburant.
  5. Ignorer l'exploitation et la maintenance. Une pompe à main sans pièces détachées ni artisan réparateur tombe en panne dans les mois qui suivent. Les études sur les pompes à main en Afrique subsaharienne montrent des taux de non-fonctionnement élevés après quelques années ; la maintenance se planifie et se budgète dès la conception.
  6. Concevoir sans les femmes. Robinets trop hauts ou trop bas, points d'eau éloignés ou isolés, horaires incompatibles avec les autres tâches : autant de raisons pour lesquelles une infrastructure « conforme » est peu utilisée ou devient un lieu de violence.
  7. Négliger le conflit d'usage avec la population hôte. Un site de déplacés qui pompe dans la même nappe que le village voisin, ou qui reçoit de l'eau gratuite alors que les villageois paient, crée des tensions. L'analyse de la sensibilité au conflit et l'inclusion des communautés hôtes sont attendues par les bailleurs.

Ce que regardent les bailleurs

ActeurPoints d'attention habituels
ECHO (Commission européenne)Cohérence avec la politique WASH humanitaire de la DG ECHO ; justification des repères retenus et des écarts ; coût par bénéficiaire et par mètre cube ; stratégie de sortie et lien avec le développement ; intégration de la protection, du genre et de l'âge (marqueur genre-âge) ; indicateurs clés de résultats harmonisés.
BHA (États-Unis)Respect des exigences techniques du secteur WASH dans les lignes directrices de candidature (justification des forages et autorisations, analyses de qualité de l'eau, plan d'exploitation et de maintenance) ; indicateurs standard tels que le nombre de personnes utilisant des services d'eau améliorés, la quantité moyenne par personne et le pourcentage d'échantillons conformes en chlore résiduel ; règles environnementales.
FCDO (Royaume-Uni)Rapport coût-efficacité (value for money), suivi de la performance, gestion des risques de fraude et des partenaires de mise en œuvre.
Fonds communs gérés par OCHAAlignement sur la stratégie du cluster et du plan de réponse ; respect des repères techniques validés par le cluster ; capacité des partenaires nationaux ; visites de suivi et audits.

Ce que vérifient un évaluateur ou un auditeur

  • La traçabilité des volumes : bordereaux de livraison, compteurs, journaux de pompage, rapprochement avec les paiements aux transporteurs.
  • La traçabilité des produits : entrées et sorties de chlore et de coagulant, cohérence entre consommation théorique et consommation déclarée.
  • Les données de qualité de l'eau brutes, datées, signées, et la réaction documentée aux résultats non conformes.
  • La fonctionnalité des infrastructures plusieurs mois après la fin des travaux, et l'existence d'un acteur responsable de la maintenance.
  • La redevabilité : existence et usage d'un mécanisme de plaintes, modifications apportées suite aux retours, participation des femmes et des groupes marginalisés, en lien avec la Norme humanitaire fondamentale (CHS).

Le Cadre d'assurance qualité et de redevabilité du cluster WASH mondial propose une logique simple que les évaluateurs appliquent : la réponse est-elle conforme aux standards convenus, adaptée aux besoins exprimés par les personnes affectées, et documentée de façon vérifiable ? Préparer ses données dans cette logique facilite toutes les revues.

10Adapter l'approvisionnement aux contextes

Crise soudaine ou crise prolongée

En crise soudaine, la priorité est la quantité minimale et la sécurité sanitaire de l'eau en quelques jours : stocks de contingence prépositionnés (réservoirs souples, rampes, kits de chloration, comprimés), accords-cadres avec des transporteurs, listes de foreurs présélectionnés. En crise prolongée, la logique change : réseaux solarisés, appui aux régies et aux services techniques de l'État, tarification sociale, gestion déléguée à des opérateurs privés ou communautaires, et analyse des coûts sur le cycle de vie. Le passage d'une logique à l'autre doit être explicite dans la proposition au bailleur, et les modes de financement suivent (financements humanitaires de court terme, puis financements de transition ou de développement).

Camp ou milieu urbain

  • Camp : l'acteur WASH conçoit tout le système ; la planification spatiale du site (avec le cluster CCCM et le gestionnaire du camp) doit réserver l'espace pour les réservoirs, les réseaux et les aires de drainage.
  • Milieu urbain : la population est dispersée dans des quartiers et des familles d'accueil. On appuie le système existant (réparation des conduites, carburant ou pièces pour les stations de pompage, produits de traitement pour la régie), on utilise des approches fondées sur les marchés (coupons d'eau auprès de vendeurs contrôlés, transferts monétaires), et on contrôle la qualité chez les revendeurs. L'analyse du marché de l'eau (prix, revendeurs, qualité) est un préalable.

Gestion à distance

Quand l'équipe internationale ou la coordination ne peut pas accéder au site, le contrôle repose sur : des partenaires locaux formés et équipés de comparateurs et de kits de terrain ; des photos géolocalisées et horodatées des travaux et des relevés ; des compteurs et, si le budget le permet, des capteurs à distance sur les pompes ; un suivi par une tierce partie indépendante ; des appels téléphoniques aléatoires aux usagers et aux comités. Le contrat avec le partenaire précise les seuils qui déclenchent une alerte (par exemple chlore résiduel non conforme sur plus de 20 % des mesures d'une semaine).

Insécurité et conflit armé

Les infrastructures d'eau sont protégées par le droit international humanitaire comme biens indispensables à la survie de la population civile, mais elles sont régulièrement endommagées ou utilisées comme moyen de pression. Le CICR documente les effets cumulés des conflits prolongés en milieu urbain sur les services essentiels : une station de pompage privée d'électricité ou de pièces détachées pendant des mois peut provoquer plus de décès que les combats eux-mêmes. En pratique : stocks de pièces critiques, sources d'énergie de secours, cartographie des risques sur les trajets de collecte, horaires de distribution adaptés, et dialogue avec les autorités et parties au conflit sur l'accès des équipes de maintenance.

Partenaires locaux à faible capacité

La localisation est un engagement du Grand Bargain, pas une délégation des risques. Un renforcement de capacité réaliste combine : formation pratique sur le site (chloration, test de demande, inspection sanitaire), matériel fourni et entretenu, supervision conjointe dégressive, budget de fonctionnement adéquat (y compris les frais généraux du partenaire), et délégation progressive des responsabilités selon une évaluation des capacités partagée.

Situations particulières

  • Inondations : les puits et forages sont contaminés. Protocole classique : vidange du puits, nettoyage, désinfection de choc avec une solution chlorée concentrée (de l'ordre de 50 à 100 mg/l, temps de contact de 12 à 24 heures), pompage jusqu'à retour à un résiduel normal, puis contrôle bactériologique.
  • Sécheresse : priorité à la réhabilitation et à l'approfondissement des ouvrages, gestion des conflits d'usage avec le bétail, transport d'eau ciblé, surveillance de la salinité.
  • Froid extrême : protection contre le gel (conduites enterrées, réservoirs isolés), besoins accrus en eau chaude pour l'hygiène.
  • Épidémie de choléra : chlore résiduel relevé à 0,5 mg/l au minimum au point de distribution, contrôles plus fréquents, priorité aux quartiers et aux établissements où apparaissent les cas (voir jour 3).

11Questions d'entretien et références clés

Les questions suivantes sont fréquentes dans les entretiens pour des postes d'ingénieur, de responsable ou de coordinateur WASH. Le contenu attendu d'une réponse solide est indiqué pour chacune.

1. « Vous arrivez sur un site de 10 000 personnes déplacées sans eau. Que faites-vous dans les 72 premières heures ? »

Une bonne réponse est séquencée et chiffrée : évaluation rapide avec la communauté et les acteurs santé ; calcul de la demande minimale (75 m³ par jour pour 7,5 l, 150 m³ pour 15 l, plus les institutions et les pertes) ; recherche d'une source sûre et accord avec son gestionnaire ; transport par camion avec chloration et contrôle ; distribution de récipients ; coordination immédiate avec le cluster et le gestionnaire du site ; plan de transition vers une solution durable dès la première semaine.

2. « Le chlore résiduel est conforme au robinet, mais nul dans 40 % des ménages. Que faites-vous ? »

La personne explique la recontamination entre la collecte et la consommation, propose de vérifier les récipients (ouverture, propreté, mode de puisage), de distribuer des récipients adaptés, de cibler la promotion de l'hygiène et éventuellement de compléter par un traitement à domicile. Elle ne propose pas d'augmenter la dose au réservoir sans limite, en rappelant le seuil d'acceptabilité gustative.

3. « Comment justifiez-vous auprès d'un bailleur un investissement dans des forages en pleine urgence ? »

Elle compare le coût par mètre cube sur la durée prévisible de la crise, présente les résultats d'études hydrogéologiques et d'essais de pompage, montre la réduction du risque (dépendance à la route et au carburant) et la stratégie d'exploitation et de maintenance, et anticipe les autorisations nécessaires.

4. « Comment contrôlez-vous la qualité d'un programme d'eau en gestion à distance ? »

Elle cite des moyens concrets (relevés photographiques horodatés, compteurs, suivi par tierce partie, appels aux usagers, données brutes de chlore résiduel), des seuils d'alerte contractuels, et un renforcement des capacités du partenaire avec un budget réaliste.

5. « Pourquoi 15 litres par personne et par jour n'est-il pas un objectif suffisant ? »

Elle explique que le repère est un minimum pour la survie et l'hygiène de base, que les besoins varient selon le climat, la santé et les pratiques culturelles, qu'un volume moyen cache des inégalités entre zones et ménages, et que l'accès (distance, attente, sécurité) et la qualité comptent autant que la quantité.

6. « Quelle est votre expérience des essais de pompage, et que faites-vous des résultats ? »

Elle distingue essai par paliers et essai de longue durée, explique le suivi du rabattement et de la remontée, et en déduit le débit exploitable, la profondeur d'installation de la pompe et le choix de la pompe (débit, hauteur manométrique totale).

Références clés

  • Le manuel Sphère : la Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire (édition 2018), chapitre Approvisionnement en eau, assainissement et promotion de l'hygiène : Association Sphère.
  • Directives de qualité pour l'eau de boisson (quatrième édition et addenda) et formulaires d'inspection sanitaire : Organisation mondiale de la santé.
  • Fiches techniques sur l'eau, l'hygiène et l'assainissement en situation d'urgence (Technical notes on drinking-water, sanitation and hygiene in emergencies) : OMS et WEDC, Université de Loughborough.
  • Engineering in Emergencies (Jan Davis et Robert Lambert) : référence technique de terrain.
  • Public Health Engineering in Precarious Situations : Médecins Sans Frontières.
  • Manuels techniques eau et habitat du CICR, notamment sur les conflits armés prolongés en milieu urbain et les services essentiels.
  • Cadre d'assurance qualité et de redevabilité et outils d'évaluation rapide : cluster WASH mondial (Global WASH Cluster).
  • Politique thématique WASH humanitaire : DG ECHO, Commission européenne.
  • Lignes directrices de candidature pour l'assistance d'urgence, exigences techniques WASH : Bureau d'assistance humanitaire (BHA) de l'USAID.
  • Norme humanitaire fondamentale de qualité et de redevabilité (CHS) : CHS Alliance, Sphère et Groupe URD.
Mise en situation

Un nouveau camp de 8 000 personnes

Site de déplacés ouvert en urgence

Votre rôle

Vous êtes chargé de projet WASH. Le camp a ouvert il y a trois jours ; l'eau vient d'une rivière proche.

Les familles boivent directement l'eau de la rivière. Votre ONG peut faire venir deux camions-citernes et une unité de traitement dans une semaine. Des cas de diarrhée sont signalés chez les enfants.

  1. Décision 1 sur 3Quelle est votre priorité immédiate ?

  2. Décision 2 sur 3Combien d'eau prévoir au minimum par jour pour le camp ?

  3. Décision 3 sur 3Le chlore résiduel mesuré aux points d'eau est de 0 mg/l. Que faites-vous ?

Exercice d'application : calculer les besoins en eau

Un camp accueille 12 000 personnes. Calculez le volume d'eau nécessaire par jour au minimum, le nombre de robinets nécessaires (repère de 250 personnes par robinet) et proposez un plan de contrôle du chlore résiduel (où, quand, par qui).

À retenir

  • Au moins 15 litres par personne et par jour, à moins de 500 m, attente de moins de 30 minutes.
  • Chlore résiduel libre de 0,2 à 0,5 mg/l au point de distribution (plus en épidémie de choléra).
  • 0 E. coli pour 100 ml d'eau distribuée.
  • Remplacer le transport par camion par des solutions durables dès que possible.

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Pour aller plus loin : références de la formation
  1. Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : la Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire. spherestandards.org/fr/manuel-2018
  2. OMS (2022). Directives de qualité pour l'eau de boisson (4e édition). www.who.int/publications/i/item/9789240045064
  3. Eawag / GWC (2018). Compendium des systèmes et technologies d'assainissement en situation d'urgence. www.eawag.ch
  4. Global WASH Cluster (UNICEF) (2024). Ressources du Cluster WASH mondial. washcluster.net

Quiz du jour

3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.

1Combien de litres d'eau faut-il pour 2 000 personnes par jour, au minimum selon le repère Sphère ?
2La distance maximale repère entre une habitation et un point d'eau est de :
3Le chlore résiduel libre visé au point de distribution, hors épidémie, est d'environ :

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