Jour 2 sur 3 · 6 heures · Niveau 2 Intermédiaire

Assainissement

Objectifs du jour
  • Planifier des latrines sûres et dignes.
  • Gérer les boues de vidange et les déchets.
  • Prévenir les risques liés au drainage et aux vecteurs.

1Latrines : les repères

  • En phase aiguë : latrines communes avec au maximum 50 personnes par latrine, puis viser 20 personnes par latrine ou des latrines familiales dès que possible.
  • À moins de 50 mètres des habitations, mais à au moins 30 mètres d'une source d'eau souterraine, et le fond de la fosse à au moins 1,5 mètre au-dessus de la nappe.
  • Séparées hommes et femmes, avec un verrou à l'intérieur, de l'éclairage la nuit et un accès pour les personnes handicapées et les enfants.
  • Un point de lavage des mains avec savon et eau à proximité, et des solutions pour la gestion de l'hygiène menstruelle.

Les femmes et les filles doivent être consultées sur l'emplacement et la conception : des latrines mal placées ne seront pas utilisées et exposent à des violences.

2Boues de vidange et déchets solides

  • Prévoir dès le départ la vidange des fosses (manuelle sécurisée ou mécanique), le transport et le traitement des boues ; une fosse pleine sans solution redevient un risque sanitaire.
  • Déchets solides : collecte régulière, points de dépôt, fosses à ordures ou décharge contrôlée ; tri quand c'est possible.
  • Déchets médicaux : filière séparée (tri, objets tranchants dans des boîtes de sécurité, incinération ou enfouissement adapté).
  • Équipements de protection et vaccination (hépatite B, tétanos) pour les travailleurs de l'assainissement.

3Drainage et lutte contre les vecteurs

Les eaux stagnantes autour des points d'eau et des abris favorisent les moustiques (paludisme, dengue) et les maladies. Prévoir des aires de drainage autour des robinets et des douches, des puisards, et l'entretien des canaux.

La lutte contre les vecteurs combine l'environnement (drainage, déchets), la protection individuelle (moustiquaires imprégnées) et parfois des traitements ciblés, en coordination avec la santé.

Cours approfondi

Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.

4Choisir et dimensionner l'évacuation des excreta : critères, phases et calculs

Le choix d'une option d'assainissement ne se fait pas sur catalogue. Il dépend de cinq familles de critères qu'il faut documenter avant de dessiner la première latrine : le sol et l'eau souterraine, l'espace disponible, les pratiques des usagers, la durée prévisible de la crise, et la capacité à vider et traiter les boues. Les repères Sphère fixent le résultat attendu (accès sûr, digne, utilisé), pas la technologie.

Les critères à documenter

  • Sol : facilité de creusement, stabilité des parois (sable instable, argile gonflante, roche affleurante), capacité d'infiltration. Un test de percolation simple (trou de 30 cm saturé, mesure de la baisse du niveau) aide à distinguer les sols où une fosse infiltrante fonctionnera.
  • Nappe : profondeur en saison sèche et en saison des pluies, relevée dans les puits existants ou par des sondages à la tarière. Le fond de la fosse doit rester à au moins 1,5 m au-dessus du niveau le plus haut de la nappe ; en sol fissuré ou très perméable (graviers, calcaire karstique), cette distance et la distance aux points d'eau doivent être augmentées.
  • Distances : au moins 30 m de toute source d'eau souterraine, et pas plus de 50 m des habitations.
  • Pratiques : nettoyage anal à l'eau ou avec des matériaux secs, position (accroupie ou assise), tabous (partage avec d'autres familles, avec la belle-famille, orientation), gestion de l'hygiène menstruelle, pratiques pour les enfants.
  • Durée et filière aval : une fosse qui se remplit en trois mois sans solution de vidange n'est pas une solution.

Options par phase

PhaseOptions courantesConditions et limites
Premières 72 heuresZones de défécation délimitées, tranchées peu profondes, latrines de type seau ou sacs (en zone inondée), toilettes chimiques ou mobiles en milieu urbainSolutions de quelques jours ; zones éloignées des sources et en aval ; séparation hommes et femmes ; gestion quotidienne
Semaines 1 à 8Latrines à tranchée profonde (blocs de 4 à 6 cabines), latrines communes à fosseTranchée de 0,8 m de large environ, 1,8 à 2,5 m de profondeur, dalle sur support, superstructure en bâche puis en matériaux plus durables
Après 2 à 3 moisLatrines partagées ou familiales à fosse, latrines améliorées à fosse ventilée, latrines à chasse manuelleChoisies avec les ménages ; matériaux locaux ; plan de remplacement ou de vidange
Nappe haute ou zone inondableLatrines surélevées, fosses étanches vidangeables, systèmes à conteneurs, toilettes à séparation d'urineCoût et fréquence de vidange élevés ; filière de traitement indispensable

Repères de nombre de toilettes

LieuRepère couramment utilisé (manuel Sphère)
Ménages, phase aiguë50 personnes par toilette commune au maximum
Ménages, à moyen terme20 personnes par toilette partagée au maximum, ou toilette familiale
Toilettes communesProportion de 3 cabines pour femmes pour 1 cabine pour hommes
Marchés1 toilette pour 50 étals
Structures de santé1 toilette pour 20 lits ou pour 50 consultations externes
Centres de nutrition1 toilette pour 50 adultes et 1 pour 20 enfants
Centres d'accueil et de transit1 toilette pour 50 personnes, proportion 3 femmes pour 1 homme
Écoles1 toilette pour 30 filles et 1 pour 60 garçons
Bureaux1 toilette pour 20 membres du personnel

Dimensionner une fosse

Volume utile de la fosse (m³) = nombre d'usagers × taux d'accumulation des boues (m³ par personne et par an) × durée de vie souhaitée (années). On ajoute une revanche d'environ 0,5 m sous la dalle, qui ne doit jamais être remplie.

Le taux d'accumulation varie selon le contexte. Repères couramment utilisés pour une fosse sèche infiltrante : environ 0,04 m³ par personne et par an lorsque le nettoyage anal se fait à l'eau ou avec des matériaux dégradables, environ 0,06 m³ lorsque des matériaux secs non dégradables sont utilisés ; davantage si les usagers jettent des déchets dans la fosse, ce qui est fréquent en l'absence de gestion des déchets et de solutions pour l'hygiène menstruelle. Pour une fosse étanche, il n'y a pas d'infiltration : tout le volume d'excreta, d'urine et d'eau de nettoyage s'accumule, ce qui multiplie la fréquence de vidange.

Une latrine conforme sur le papier peut être inutilisable : porte qui ne ferme pas, absence de lumière, odeurs, file d'attente, emplacement isolé. L'indicateur pertinent n'est pas le nombre de latrines construites, mais la proportion de personnes qui les utilisent, de jour comme de nuit, en se sentant en sécurité.

5La chaîne de gestion des boues : vidange, transport, traitement et sécurité des travailleurs

L'assainissement en urgence a longtemps été pensé comme « creuser et construire ». Dans les crises qui durent, ce sont les boues qui deviennent le problème principal : fosses pleines, débordements en saison des pluies, vidanges sauvages dans les cours d'eau. La gestion des boues se pense comme une chaîne de cinq maillons, et un maillon manquant rend toute la chaîne inefficace.

  1. Confinement : fosse, réservoir étanche, conteneur.
  2. Vidange : manuelle sécurisée (pompes manuelles, outils à long manche) ou mécanique (camion de vidange, motopompe à boues).
  3. Transport : camion-citerne, remorque, fûts fermés, jusqu'au site de traitement.
  4. Traitement : stabilisation et réduction des pathogènes.
  5. Élimination ou valorisation : enfouissement contrôlé, épandage après traitement complet, compost.

Méthodes de traitement utilisables en urgence

MéthodePrincipeAvantagesLimites
Traitement à la chauxAjout de chaux hydratée pour porter le pH à 12 ou plus et le maintenir pendant au moins 2 heuresRapide, peu d'espace, réduit fortement les pathogènes, utilisable en riposte au choléraConsommation importante de chaux, manipulation dangereuse (brûlures), produit final à éliminer
Lits de séchageBoues étalées sur un lit drainant de sable et de gravier, séchage au soleilSimple, peu coûteux en fonctionnementGrande surface, lent, inefficace en saison des pluies sans toiture, lixiviats à gérer
Bassins de lagunageSuccession de bassins anaérobies, facultatifs et de maturationFaible coût de fonctionnement, robusteGrande surface, construction lourde, plutôt pour les crises prolongées
Réacteurs anaérobies (à chicanes, biodigesteurs)Dégradation anaérobie en compartimentsCompact, possible production de biogazConception et exploitation qualifiées, traitement complémentaire souvent nécessaire
Co-compostageMélange des boues avec des déchets organiques, montée en températureValorisation agricole, réduction des volumesContrôle de la température et du temps indispensable pour garantir l'hygiénisation

Calcul des besoins de vidange

Volume mensuel à vider (m³) = somme des volumes des fosses qui atteignent leur niveau de vidange dans le mois, estimée à partir des relevés de remplissage. En l'absence de données, on part d'un taux de remplissage observé sur un échantillon de fosses pendant les premières semaines (mesure de la hauteur libre sous la dalle avec une jauge), puis on ajuste. Nombre de rotations de camion = volume mensuel ÷ (capacité utile du camion × jours ouvrés). La capacité utile est souvent de 70 à 80 % de la capacité nominale, car les boues épaisses ne s'aspirent pas complètement et il faut parfois les diluer.

Sécurité des travailleurs de l'assainissement

  • Équipement de protection : bottes, gants épais, combinaison ou tablier imperméable, masque et protection des yeux contre les projections, avec un poste de lavage et de désinfection sur place.
  • Vaccination : tétanos et hépatite B au minimum, hépatite A et typhoïde selon le contexte.
  • Interdiction de descendre dans une fosse sans protocole d'espace confiné (gaz toxiques, manque d'oxygène) ; privilégier les outils à long manche et les pompes.
  • Conditions de travail dignes : rémunération correcte, pas de travail forcé ou réservé à un groupe social stigmatisé, horaires adaptés à la chaleur.

Dans de nombreux contextes, les travailleurs de la vidange appartiennent à des groupes marginalisés et travaillent sans protection. Les directives de l'OMS sur l'assainissement et la santé, ainsi que les travaux conjoints de l'OMS, de la Banque mondiale et de l'OIT sur la santé et la sécurité des travailleurs de l'assainissement, rappellent que leur protection fait partie de la qualité du programme, pas d'un supplément.

6Exemple complet : le plan d'assainissement du site de Kalimbé sur douze mois

On reprend le site fictif de Kalimbé (18 000 personnes, jour 1). Les sondages à la tarière et les relevés dans les puits montrent deux zones très différentes : la zone nord (15 000 personnes) sur un sol argilo-sableux stable, nappe à 8 m de profondeur ; la zone sud (3 000 personnes), un bas-fond où la nappe est à 2,5 m en saison sèche et remonte à 1,2 m en saison des pluies. Les groupes de discussion indiquent un nettoyage anal à l'eau, une forte réticence des femmes à partager des latrines avec des hommes non apparentés, et l'absence de solution pour les serviettes hygiéniques usagées, aujourd'hui jetées dans les fosses.

Étape 1 : la phase aiguë (semaines 1 à 4)

  • Jours 1 à 3 : deux zones de défécation délimitées par sexe, en aval des sources, avec des pelles et de la chaux, des points de lavage des mains et une surveillance par des agents d'hygiène recrutés dans le site.
  • Semaine 1 : 120 cabines sur tranchées profondes construites, soit 150 personnes par cabine. L'écart au repère (50) est déclaré au cluster avec un calendrier de rattrapage.
  • Semaine 3 : 360 cabines en 60 blocs de 6 (repère de 50 personnes par cabine atteint). Chaque bloc comprend 4 cabines pour femmes, 1 pour hommes et 1 cabine accessible (rampe, porte large, barre d'appui), ce qui donne une proportion proche de 3 pour 1 pour les cabines réservées par sexe. Chaque bloc dispose d'un éclairage solaire, de verrous intérieurs, d'un poste de lavage des mains et d'une poubelle fermée pour les protections menstruelles.

Vérification de la durée de vie d'une tranchée : volume utile de 0,8 × 6 × 2 = 9,6 m³ (profondeur creusée 2,5 m, revanche 0,5 m). Usagers : 6 cabines × 50 = 300 personnes. Accumulation retenue de 0,06 m³ par personne et par an, plus élevée que le repère de 0,04 pour tenir compte des déchets jetés : 300 × 0,06 = 18 m³ par an. Durée de vie : 9,6 ÷ 18 = 0,53 an, soit environ six mois. Les latrines familiales doivent donc être en place avant le cinquième mois.

Étape 2 : latrines partagées en zone nord (mois 2 à 6)

Après consultation, les ménages choisissent des latrines partagées par quatre ménages apparentés ou voisins (environ 20 personnes). Besoin : 15 000 ÷ 20 = 750 latrines.

  • Volume utile pour deux ans : 20 × 0,06 × 2 = 2,4 m³.
  • Fosse de 1,2 m × 1,0 m de section : profondeur utile 2,0 m, profondeur creusée 2,5 m avec la revanche.
  • Vérification de la nappe : 8 m − 2,5 m = 5,5 m entre le fond de la fosse et la nappe, supérieur au minimum de 1,5 m.
  • Les cinq premiers anneaux de la fosse sont renforcés (sacs de sable ou blocs) en raison de la tenue moyenne du sol en surface.

Étape 3 : la zone sud, où les fosses classiques sont impossibles

Avec une nappe à 1,2 m en saison des pluies, aucune fosse infiltrante ne peut respecter la distance de 1,5 m. L'équipe installe 150 latrines surélevées sur fosses étanches de 1,5 m³. Le taux de remplissage, mesuré sur 20 latrines pendant trois semaines, est d'environ 1,5 litre par usager et par jour (excreta, urine et eau de nettoyage anal).

ParamètreCalculRésultat
Remplissage par latrine20 usagers × 1,5 l30 l par jour
Intervalle de vidange (à 80 % du volume)1,2 m³ ÷ 0,03 m³40 jours
Boues à évacuer par mois3 000 × 1,5 l × 30 jours135 m³
Rotations de camion (6 m³ nominal, 4,5 m³ utiles)135 ÷ 4,530 rotations par mois
Chaux pour la stabilisation (dose de 15 kg/m³ déterminée par essai sur site)135 × 152 tonnes par mois
Coût de fonctionnement (camion 280 USD par rotation, chaux, main-d'œuvre, équipements de protection)8 400 + 600 + 1 500environ 10 500 USD par mois

Raisonnement : 10 500 dollars par mois, soit 126 000 dollars par an, pour 3 000 personnes, avec un risque élevé de débordement si le camion tombe en panne pendant la saison des pluies. L'équipe présente au gestionnaire du site, au cluster CCCM et aux représentants du bas-fond une alternative : réinstaller volontairement les 600 ménages concernés sur une extension de 4 hectares en zone haute, négociée avec la mairie, pour un coût ponctuel estimé à 90 000 dollars (abris, latrines partagées classiques). Après consultation, 420 ménages acceptent ; les 180 autres préfèrent rester près de leurs champs. Les latrines surélevées sont maintenues pour eux, ce qui ramène les coûts de vidange à environ 3 200 dollars par mois.

Étape 4 : le site de traitement des boues

Un terrain de 0,5 hectare est obtenu à 1,5 km en aval, à plus de 300 m du forage le plus proche et hors zone inondable. Il comprend une fosse de mélange à la chaux, quatre lits de séchage couverts (rotation de deux à trois semaines par lit), et une fosse d'enfouissement des boues séchées. Le site est clôturé, gardé, et ses travailleurs sont équipés et vaccinés.

Étape 5 : le suivi

IndicateurSemaine 1Mois 3Mois 6Mois 12
Personnes par toilette fonctionnelle150382119
% de toilettes avec verrou intérieur et éclairage fonctionnels40 %82 %88 %91 %
% de toilettes avec poste de lavage des mains, eau et savon (observation)25 %63 %71 %78 %
% de femmes déclarant se sentir en sécurité pour utiliser les toilettes la nuitnon mesuré54 %69 %76 %
Sites de défécation à l'air libre observés lors de la marche transversale mensuelle14521
% de fosses remplies à plus des trois quarts0 %9 %4 %6 %

Le point d'attention de ce tableau est la sécurité ressentie la nuit : même à 76 %, une femme sur quatre ne se sent pas en sécurité. L'enquête qualitative qui suit montre que la plupart des incidents se produisent sur le trajet, pas dans la latrine. La réponse relève donc autant de l'éclairage des allées et de la coordination avec les acteurs de la protection que de la conception des cabines.

7Déchets solides, déchets médicaux, drainage et lutte antivectorielle : la méthode opérationnelle

Déchets solides ménagers

Un site de 18 000 personnes produit couramment plusieurs tonnes de déchets par jour, surtout des emballages de distribution, des restes alimentaires et des cendres. Sans gestion, ils bouchent les drains, attirent les rongeurs et les mouches, et finissent dans les latrines. La méthode :

  1. Caractériser : peser pendant une semaine les déchets d'un échantillon de ménages et de points de dépôt (quantité par personne, composition).
  2. Réduire à la source : travailler avec les acteurs de la distribution pour limiter les emballages, récupérer les cartons et sacs réutilisables.
  3. Organiser la collecte : un récipient par ménage ou par groupe de ménages, des points de dépôt collectifs, une collecte au moins deux fois par semaine (plus souvent par forte chaleur), des équipes rémunérées et équipées.
  4. Éliminer : fosses à déchets couvertes chaque jour d'une couche de terre pour les petits sites, décharge contrôlée en dehors du site pour les sites plus grands, en accord avec les autorités locales ; brûlage à l'air libre à éviter (fumées toxiques des plastiques).
  5. Valoriser quand c'est possible : compostage des déchets organiques, récupération par des filières locales de recyclage, activités génératrices de revenus.

Déchets des structures de santé

Le WASH est souvent chargé, avec les acteurs santé, de la gestion des déchets des postes de santé et des centres de traitement. Le tri à la source se fait en au moins trois catégories, avec un code couleur cohérent sur tout le site :

CatégorieExemplesConditionnementTraitement ou élimination
Piquants et tranchantsAiguilles, lames, ampoules casséesBoîtes de sécurité rigides, fermées aux trois quartsIncinération puis fosse à cendres, ou fosse à objets tranchants sécurisée
Déchets infectieuxPansements, gants, matériel souillé de sang ou de liquides biologiquesPoubelle à couvercle avec sac de couleur dédiéeIncinérateur adapté ou fosse à déchets infectieux clôturée, autoclave si disponible
Déchets anatomiquesPlacentas, tissusRécipient étancheFosse à placentas, selon les pratiques culturelles discutées avec la communauté
Déchets assimilables aux ordures ménagèresPapiers, emballages non souillésPoubelle à sac de couleur ordinaireFilière des déchets ménagers

La zone de déchets de la structure de santé est clôturée, fermée à clé, inaccessible aux enfants et aux animaux, et dotée d'un incinérateur ou de fosses dimensionnées selon le volume produit. Le guide de l'OMS sur la gestion sûre des déchets d'activités de soins sert de référence.

Drainage

  • Chaque point d'eau dispose d'une aire bétonnée en pente et d'un canal vers un puisard d'infiltration ou un jardin. Le dimensionnement d'un puisard dépend du volume d'eaux grises et de la perméabilité du sol (test de percolation).
  • Le drainage des eaux pluviales se planifie avec la conception du site : respect des courbes de niveau, fossés principaux et secondaires, ponceaux, entretien régulier par des équipes rémunérées avant et pendant la saison des pluies.
  • Les zones de douche et de lessive disposent de leur propre évacuation.

Lutte antivectorielle

VecteurMaladies principalesMesures environnementalesMesures complémentaires
Moustiques AnophelesPaludismeDrainage des eaux stagnantes, comblement des trous d'empruntMoustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action, avec le secteur santé
Moustiques AedesDengue, chikungunya, Zika, fièvre jauneCouvercles sur les récipients d'eau, élimination des pneus, boîtes et petits récipients qui retiennent l'eauCampagnes de destruction des gîtes larvaires, larvicides homologués dans les réservoirs
Moustiques CulexFilarioses, certaines encéphalitesLatrines et puisards bien construits et couverts, drainage des eaux uséesGrilles de ventilation des latrines améliorées
MouchesDiarrhées, trachomeCouvercles de trous de défécation, gestion des déchets, propreté des latrinesPièges à mouches ; pulvérisations seulement en dernier recours et de façon ciblée
RongeursLeptospirose, peste dans certaines zonesGestion des déchets, stockage des alimentsContrôle coordonné avec les autorités sanitaires
Poux de corpsTyphus, fièvre récurrenteAccès à l'eau pour la lessive et la toiletteTraitement ciblé en cas d'épidémie

Toute utilisation d'insecticide ou de larvicide se fait avec des produits homologués par l'OMS et autorisés dans le pays, par des personnes formées et protégées, en coordination avec le secteur santé et le programme national de lutte contre le paludisme. Les pulvérisations « de confort » réclamées en début de crise sont rarement efficaces et peuvent favoriser les résistances.

8Outils et modèles réutilisables

Liste de vérification pour l'implantation d'un bloc de latrines

  • Distance d'au moins 30 m de tout puits, forage ou captage, et position en aval hydraulique si possible.
  • Fond de fosse à au moins 1,5 m au-dessus du niveau le plus haut de la nappe (relevé en saison des pluies ou estimé avec une marge).
  • Distance de moins de 50 m des abris desservis ; trajet éclairé, visible, sans passage isolé.
  • Hors zone inondable et hors axe de drainage.
  • Emplacement validé lors d'une marche de sécurité avec des femmes, des adolescentes et des personnes handicapées.
  • Accord du gestionnaire du site et, s'il y a lieu, du propriétaire du terrain.
  • Accès possible pour la vidange (camion ou équipement manuel).

Fiche d'observation mensuelle d'une latrine

Élément observéOuiNonCommentaire
Porte présente et verrou intérieur fonctionnel
Éclairage fonctionnel (intérieur ou abords immédiats)
Dalle propre, sans excréments visibles
Couvercle ou ventilation présents, peu de mouches
Poste de lavage des mains avec eau et savon (ou substitut) le jour de la visite
Poubelle fermée pour les protections menstruelles (cabines femmes)
Hauteur libre sous la dalle (en cm, mesurée avec une jauge)
Signalisation hommes et femmes, pictogrammes compréhensibles
Accessible : rampe, largeur de porte, barre d'appui (cabine accessible)

Registre de vidange et de traitement des boues

DateCode latrine ou fosseVolume vidé (m³)Équipe et équipements de protection vérifiésSite de traitementDose de chaux et pH mesuréSignature du superviseur

Plan de démantèlement d'une latrine pleine

  1. Informer les usagers et mettre en service la latrine de remplacement avant la fermeture.
  2. Ajouter de la chaux ou de la terre, puis combler avec au moins 0,5 m de terre compactée.
  3. Récupérer la dalle et la superstructure si elles sont réutilisables, après nettoyage et désinfection.
  4. Marquer l'emplacement (piquet, peinture) et l'inscrire sur la carte du site pour éviter de creuser au même endroit.

Questions pour un groupe de discussion sur l'assainissement

  1. Où les membres de votre ménage vont-ils aux toilettes, le jour et la nuit ? Les enfants ? Les personnes âgées ?
  2. Qu'est-ce qui vous empêche d'utiliser les latrines (distance, odeur, file d'attente, peur, propreté) ?
  3. Avec qui acceptez-vous de partager une latrine ? Qui ne doit pas la partager ?
  4. Comment les femmes et les filles gèrent-elles leurs règles ? Où lavent-elles et font-elles sécher les protections ? Où les jettent-elles ?
  5. Qui nettoie les latrines aujourd'hui ? Comment pourrait-on organiser le nettoyage de façon juste ?

9Erreurs fréquentes, attentes des bailleurs et adaptation aux contextes

Erreurs fréquentes

  1. Compter les latrines construites plutôt que les latrines utilisées. Un rapport qui affiche 900 latrines sans données d'utilisation, de fonctionnalité et de sécurité n'apprend rien au bailleur sur l'effet du projet.
  2. Ignorer la filière aval. Fosses étanches sans camion de vidange, camion sans site de traitement, site de traitement sans autorisation : autant de situations qui finissent par des déversements sauvages.
  3. Concevoir pour les hommes adultes. Trou de défécation trop grand pour les enfants, absence de poubelle pour les protections menstruelles, cabines sans éclairage, latrines accessibles construites sans consulter les personnes concernées.
  4. Sous-estimer la nappe. Des relevés faits en saison sèche conduisent à des fosses qui se remplissent d'eau en saison des pluies, avec contamination des puits voisins.
  5. Négliger le nettoyage. Les latrines communes sans système de nettoyage rémunéré ou organisé deviennent sales en quelques jours et sont abandonnées.
  6. Appliquer des approches de développement hors contexte. L'assainissement total piloté par la communauté, conçu pour mettre fin à la défécation à l'air libre par la mobilisation et sans subvention, n'est pas adapté à une population déplacée qui n'a ni terrain, ni matériaux, ni sécurité foncière. Il peut l'être dans les communautés hôtes ou en crise prolongée, avec prudence.

Ce que regardent les bailleurs et les évaluateurs

  • Des repères justifiés et une trajectoire claire : de 50 à 20 personnes par toilette, avec un calendrier réaliste et les raisons des écarts.
  • Des indicateurs de résultat et pas seulement de produit : utilisation, sécurité perçue, fonctionnalité, présence d'eau et de savon, absence de défécation à l'air libre.
  • Des données désagrégées par sexe, âge et handicap, et la preuve de consultations, en lien avec les Normes humanitaires d'inclusion des personnes âgées et des personnes handicapées et les lignes directrices du Comité permanent interorganisations (IASC) sur l'intégration des interventions contre les violences basées sur le genre.
  • Une filière de gestion des boues budgétée sur toute la durée du projet, et les autorisations environnementales nécessaires.
  • Le coût par personne desservie et sa comparaison avec d'autres options étudiées (le raisonnement de l'exemple de Kalimbé).
  • La protection des travailleurs de l'assainissement.

Variations selon le contexte

ContextePoints clés
Crise soudaineStocks de contingence (dalles en plastique, bâches, outils, chaux), équipes de construction mobilisables en 48 heures, solutions temporaires assumées puis remplacées.
Crise prolongéeLatrines familiales, implication des ménages dans la construction, marketing de l'assainissement (commerçants et artisans locaux), services de vidange payants encadrés, lien avec les plans d'assainissement municipaux.
Milieu urbainPeu d'espace, sols imperméabilisés, réseaux existants : réhabilitation des toilettes publiques et des réseaux d'égouts, appui aux opérateurs de vidange, toilettes à conteneurs vidées régulièrement, coordination étroite avec la municipalité.
Inondations et nappe hauteLatrines surélevées, fosses étanches, sacs ou systèmes à conteneurs à usage unique avec collecte quotidienne, priorité au traitement à la chaux.
Sol rocheuxFosses peu profondes avec superstructures surélevées, latrines à double fosse alternée, toilettes à séparation d'urine ou à compost.
Insécurité, gestion à distanceConceptions standardisées et simples, contrôle par photos géolocalisées des étapes clés (fosse creusée, dalle posée, superstructure), suivi par tierce partie, appels aux usagers, participation de comités locaux à la réception des travaux.
Partenaires locaux à faible capacitéPlans types, bordereaux de prix unitaires de référence, formation sur la sécurité des fouilles et la gestion des boues, réception conjointe des premières latrines avant passage à l'échelle.

10Questions d'entretien et références clés

1. « Comment choisissez-vous une option d'assainissement pour un nouveau site ? »

Une bonne réponse liste les critères (nappe, sol, espace, pratiques, durée, filière aval), mentionne les relevés concrets (tarière, puits existants, test de percolation), la consultation séparée des femmes et des hommes, et la logique par phases, avec un plan de vidange dès la conception.

2. « Les fosses d'un camp sont pleines au bout de neuf mois et il n'y a plus d'espace. Que proposez-vous ? »

La personne propose une évaluation rapide de l'état des fosses, une priorisation, des options de vidange mécanique ou manuelle sécurisée, un site de traitement autorisé, et une révision de la conception (fosses vidangeables, double fosse alternée). Elle chiffre le volume de boues et les rotations, et pense à la sécurité des travailleurs.

3. « Comment savez-vous si vos latrines sont sûres pour les femmes et les filles ? »

Elle cite des marches de sécurité, des audits de sécurité avec des groupes de femmes et d'adolescentes, un indicateur de sécurité perçue désagrégé, le lien avec les acteurs de la protection et des violences basées sur le genre, et des modifications concrètes après les retours (éclairage, emplacement, verrous).

4. « Pourquoi ne pas appliquer l'assainissement total piloté par la communauté dans un camp de déplacés ? »

Elle explique les conditions de cette approche (communauté stable, propriété foncière, capacité d'investir), leur absence dans un camp, le risque de pression sociale sur des personnes vulnérables, et les cas où des éléments de l'approche peuvent être utiles (communautés hôtes, crises prolongées).

5. « Quels indicateurs mettriez-vous dans un cadre logique pour un projet d'assainissement de six mois ? »

Elle propose un mélange d'indicateurs de produit (toilettes fonctionnelles, ratio personnes par toilette) et de résultat (utilisation observée, présence d'eau et de savon, sécurité perçue, absence de défécation à l'air libre), avec base, cible, désagrégation et méthode de collecte.

Références clés

  • Manuel Sphère (édition 2018), standards sur la gestion des excreta, la gestion des déchets solides et la lutte antivectorielle : Association Sphère.
  • Compendium of Sanitation Technologies in Emergencies : Eawag, Réseau allemand WASH, Global WASH Cluster et partenaires.
  • Excreta Disposal in Emergencies (Peter Harvey) : WEDC, Université de Loughborough.
  • Directives sur l'assainissement et la santé : Organisation mondiale de la santé.
  • Gestion sûre des déchets d'activités de soins (deuxième édition) : Organisation mondiale de la santé.
  • Rapport sur la santé, la sécurité et la dignité des travailleurs de l'assainissement : Banque mondiale, OIT, WaterAid et OMS.
  • Vector Control: Methods for Use by Individuals and Communities et lignes directrices sur la lutte antivectorielle en situation d'urgence : Organisation mondiale de la santé.
  • Lignes directrices pour l'intégration des interventions ciblant la violence basée sur le genre dans l'action humanitaire, volet WASH : Comité permanent interorganisations (IASC).
  • Normes humanitaires d'inclusion des personnes âgées et des personnes handicapées : Age and Disability Consortium.
  • Boîte à outils sur la gestion de l'hygiène menstruelle en situation d'urgence : Université Columbia et International Rescue Committee.
Mise en situation

Des latrines inutilisées

Camp de déplacés, deux mois après l'ouverture

Votre rôle

Vous supervisez l'assainissement. 160 latrines ont été construites, mais beaucoup restent inutilisées, surtout par les femmes.

Les latrines sont regroupées au bord du camp, sans éclairage, avec des portes qui ne ferment pas. La défécation à l'air libre continue et les premières fosses sont presque pleines.

  1. Décision 1 sur 3Comment comprenez-vous le problème ?

  2. Décision 2 sur 3Quelles corrections apportez-vous ?

  3. Décision 3 sur 3Les fosses sont presque pleines. Que prévoyez-vous ?

Exercice d'application : plan d'assainissement d'un camp

Pour le camp de 12 000 personnes du jour 1, calculez le nombre de latrines en phase aiguë et à moyen terme, proposez leur répartition (hommes, femmes, personnes handicapées) et la solution de vidange. Listez trois questions à poser aux femmes du camp avant la construction.

À retenir

  • 50 personnes par latrine au maximum en phase aiguë, puis 20 ou des latrines familiales.
  • Latrines à 30 m au moins des sources d'eau souterraine et à moins de 50 m des abris.
  • Sûres et dignes : séparées, verrouillables, éclairées, accessibles, avec lavage des mains.
  • Prévoir dès le début la vidange et le traitement des boues.

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Pour aller plus loin : références de la formation
  1. Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : la Charte humanitaire et les standards minimums de l'intervention humanitaire. spherestandards.org/fr/manuel-2018
  2. OMS (2022). Directives de qualité pour l'eau de boisson (4e édition). www.who.int/publications/i/item/9789240045064
  3. Eawag / GWC (2018). Compendium des systèmes et technologies d'assainissement en situation d'urgence. www.eawag.ch
  4. Global WASH Cluster (UNICEF) (2024). Ressources du Cluster WASH mondial. washcluster.net

Quiz du jour

3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.

1En phase aiguë, le repère maximum est de :
2La distance minimale entre une latrine et une source d'eau souterraine est d'environ :
3Pourquoi consulter les femmes sur l'emplacement des latrines ?

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