Jour 2 sur 4 · 6 heures · Niveau 2 Intermédiaire

Choisir et mettre en œuvre la réponse

Objectifs du jour
  • Comparer les principales options d'assistance en abris.
  • Utiliser le cash et les marchés pour l'abri, y compris l'aide locative.
  • Intégrer la sécurité d'occupation et la construction plus sûre dans les programmes.

1La palette des options d'assistance

Il n'existe pas de solution unique. On combine généralement plusieurs options selon les groupes et les phases :

  • Bâches et kits abris : réponse rapide pour couvrir ou réparer ; le kit abris de la FICR associe deux bâches, une corde de 30 m et des outils (pelle, houe, machette, scie, marteau, cisaille, clous, fil de ligature).
  • Kits de réparation et appui technique pour les maisons endommagées : souvent la solution la plus rapide et la moins chère pour remettre une famille chez elle.
  • Abris d'urgence (tentes familiales, structures légères) quand il n'y a pas d'autre option.
  • Abris transitionnels ou évolutifs : structure durable de base que la famille peut agrandir, démonter ou transformer en logement permanent.
  • Soutien aux familles d'accueil : agrandissement, cash, BNA pour l'hôte et l'hébergé.
  • Aide locative et réhabilitation de logements collectifs ou de bâtiments publics.

Le choix dépend des besoins, du statut d'occupation, du marché, du climat, du temps disponible et des ressources. Une bâche peut sauver une vie pendant deux semaines mais ne protège pas durablement pendant une saison des pluies.

2Le cash pour l'abri et l'aide locative

Lorsque les marchés fonctionnent, les transferts monétaires permettent aux familles de choisir leurs matériaux, de payer la main-d'œuvre ou un loyer, et soutiennent l'économie locale. Ils exigent une analyse de marché (disponibilité, prix, capacité des fournisseurs, qualité des matériaux) et souvent une modalité conditionnelle : versement en tranches, après vérification de l'avancement des travaux.

L'aide locative paie tout ou partie du loyer pendant plusieurs mois. Elle suppose de vérifier le logement (sécurité, salubrité, surface), d'établir un contrat de location écrit, de prévoir une stratégie de sortie et de surveiller l'effet sur les loyers du quartier. Le cash pour l'abri est rarement suffisant seul : il s'accompagne d'une assistance technique pour éviter que les familles reconstruisent les mêmes faiblesses.

3Logement, terre et propriété (LTP)

Construire sur un terrain contesté, c'est exposer une famille à l'expulsion et l'organisation à des conflits. La sécurité d'occupation est une norme Sphère à part entière. Elle ne signifie pas un titre de propriété formel : elle repose sur un continuum de droits, coutumiers, informels ou légaux.

  • Faire une vérification préalable (diligence raisonnable) avec les autorités locales, les chefs coutumiers et les voisins avant toute construction.
  • Établir des accords écrits : propriétaire et occupant, durée d'occupation, interdiction d'expulsion sans préavis, sort de la construction.
  • Inclure les femmes dans les accords (double nom) et protéger les veuves, souvent écartées de l'héritage.
  • Ne pas exclure automatiquement les locataires et les occupants informels : adapter l'option (aide locative, accord avec le propriétaire).

Le domaine de responsabilité LTP du cluster Protection et le cluster Abris publient des orientations utiles au niveau national.

4Construire plus sûr : build back safer et PASSA

Après une catastrophe, les familles reconstruisent vite, souvent avec les mêmes faiblesses. Les approches « reconstruire en mieux et plus sûr » (build back safer) diffusent quelques principes simples adaptés au risque : bon choix de l'emplacement, fondations, chaînages, contreventement, attaches toit-murs contre le vent, pente et fixation de la toiture.

La méthode PASSA (approche participative pour la sensibilisation à un abri sûr) de la FICR aide une communauté, en huit activités, à analyser ses risques, à identifier les pratiques de construction dangereuses et à planifier des améliorations. Les messages clés sont illustrés, testés sur maquettes et démontrés sur des maisons témoins. L'assistance technique (formation des artisans, visites de chantier, guides illustrés) est souvent aussi importante que les matériaux.

Cours approfondi

Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.

5L'analyse de réponse : passer des besoins aux options, méthode pas à pas

L'analyse de réponse est l'étape où l'on décide quelles options d'assistance proposer à quels ménages, sous quelle modalité et dans quel ordre. C'est souvent l'étape la plus négligée : beaucoup d'organisations passent directement de l'évaluation au stock disponible ou au modèle d'abri qu'elles connaissent. Une analyse de réponse rigoureuse prend deux à cinq jours de travail d'équipe et se documente dans une note que le bailleur et le cluster peuvent lire.

Étape 1 : partir des groupes, pas des produits

On reprend les groupes issus de l'évaluation (par lieu de vie actuel, niveau de dommages et statut d'occupation) et l'on se demande pour chacun : quelle est sa stratégie actuelle, et comment la soutenir ? Une famille hébergée chez un proche ne demande pas une tente : elle a besoin que cet hébergement tienne quelques mois de plus, puis d'une solution sur sa parcelle ou en location.

Étape 2 : établir la liste longue des options

Pour chaque groupe, on liste toutes les options plausibles : bâche et kit abris, kit de réparation, cash pour la réparation, abri d'urgence, abri évolutif ou transitionnel, appui aux familles d'accueil, aide locative, réhabilitation de logements vacants ou de bâtiments collectifs, réinstallation planifiée, assistance juridique LTP, assistance technique seule.

Étape 3 : appliquer les critères de faisabilité

CritèreQuestionsSources
Adéquation aux besoinsL'option permet-elle d'atteindre les normes Sphère d'espace, de sécurité, de confort thermique avant la prochaine saison critique ?Évaluation, calendrier climatique
MarchéLes matériaux, la main-d'œuvre, les logements à louer sont-ils disponibles en quantité et qualité ? Les prix risquent-ils de flamber ?Analyse de marché, groupe de travail cash
Statut d'occupationL'option est-elle compatible avec les droits du ménage sur le terrain ou le logement ?Grille d'occupation, analyse LTP
DélaiL'option peut-elle être livrée à temps ?Logistique, procédures d'achat, capacités d'artisans
Coût par ménage et coût-efficienceCombien coûte l'option, y compris coûts de soutien, et combien de temps protège-t-elle ?Budgets antérieurs, valeurs du cluster
Préférences et capacités des ménagesLes ménages veulent-ils et peuvent-ils construire ou réparer eux-mêmes ?Discussions de groupe
RisquesProtection, conflit foncier, environnement, détournement, sécurité du personnelAnalyse de risques, protection
Capacité organisationnelleAvons-nous les ingénieurs, le personnel de suivi et les systèmes de paiement nécessaires ?Évaluation interne

Étape 4 : comparer les coûts sur la durée de protection

Le coût brut induit en erreur. Il faut le rapporter à la durée de protection effective. Ordres de grandeur purement indicatifs, à remplacer par les valeurs du cluster national :

OptionCoût direct indicatif par ménageDurée de protection typiqueRemarque
Kit abris (deux bâches, corde, outils)60 à 120 USD3 à 12 mois selon les UV et le ventTrès rapide ; utile aussi pour la réparation
Tente familiale250 à 700 USD selon le modèle6 à 12 moisPeu adaptée au froid sans kit d'hiver ; peu réutilisable
Réparation légère encadrée100 à 400 USDPlusieurs annéesSouvent l'option la plus coût-efficiente
Abri évolutif ou transitionnel800 à 2 500 USD3 à 10 ans, évolutifNécessite sécurité d'occupation et assistance technique
Aide locative (6 mois)Loyer local multiplié par six, plus fraisDurée de l'aide, risque de rechute aprèsStratégie de sortie indispensable
Appui aux familles d'accueil150 à 600 USD3 à 12 moisSoutient un mécanisme existant ; bénéficie aussi à l'hôte

Étape 5 : séquencer et rédiger la note d'analyse de réponse

La note tient en trois à six pages : rappel des groupes et des besoins, options retenues par groupe avec justification, options écartées et pourquoi, modalités (nature, espèces, combinaison), séquence dans le temps, risques et mesures d'atténuation, ressources nécessaires. Elle est partagée avec le cluster, qui vérifie la cohérence avec l'arbre de décision national et les valeurs de transfert harmonisées.

Une option écartée doit être justifiée autant qu'une option retenue. Un bailleur qui voit que le cash a été considéré puis écarté pour des raisons de marché documentées fait davantage confiance qu'un bailleur à qui l'on propose des kits sans explication.

6Concevoir un programme de cash pour l'abri et d'aide locative

Le cash pour la réparation ou la construction : méthode

  1. Analyse de marché : disponibilité des matériaux clés (tôles, bois, ciment, clous, fers), capacité des fournisseurs à doubler leurs volumes, délais de réapprovisionnement, qualité disponible, disponibilité et salaire des artisans. On s'appuie sur des outils reconnus, par exemple l'outil d'analyse rapide des marchés de la Croix-Rouge ou les orientations d'évaluation des marchés pour l'abri publiées par le Global Shelter Cluster et le CaLP.
  2. Typologie des travaux : définir trois ou quatre paquets standard (réparation de toiture, réparation de murs, pièce supplémentaire, reconstruction d'une pièce sûre) avec des plans simples et des bonnes pratiques de construction plus sûre.
  3. Devis quantitatif estimatif pour chaque paquet, valorisé aux prix relevés, plus la main-d'œuvre et le transport. La valeur de transfert est arrondie et harmonisée avec le cluster et le groupe de travail cash.
  4. Conditionnalité et tranches : par exemple 50 % au démarrage, 40 % après vérification des fondations ou de la charpente, 10 % à l'achèvement. Pour les ménages qui n'ont pas de main-d'œuvre, prévoir un appui (artisan payé directement, équipes communautaires).
  5. Assistance technique : formation des artisans locaux, guides illustrés, visites de chantier à chaque tranche. Ratio indicatif : un technicien pour 60 à 100 chantiers actifs en rural, davantage en zone dense.
  6. Mécanisme de paiement : monnaie mobile, banque, agents de transfert, ou bons auprès de fournisseurs présélectionnés si l'on veut garantir la qualité. Vérifier les exigences de connaissance du client et la protection des données.
  7. Suivi : suivi post-distribution, contrôle de prix hebdomadaire, vérification de la qualité des travaux, plaintes.

L'aide locative : méthode

  1. Analyse du marché locatif : stock de logements vacants, loyers par type, pratiques (avance de plusieurs mois, caution), attitude des propriétaires vis-à-vis des déplacés.
  2. Normes minimales du logement : grille d'inspection (structure sûre, toiture étanche, fenêtres, porte verrouillable, accès à l'eau et à des toilettes, surface au moins égale au repère Sphère adapté au milieu urbain, absence d'humidité grave, sécurité électrique).
  3. Contrat écrit tripartite ou bipartite selon le contexte : durée, loyer, modalités de paiement, interdiction d'expulsion sans préavis, procédure de règlement des différends, inventaire.
  4. Montant et durée : souvent trois à six mois en urgence, jusqu'à douze en crise prolongée, avec un montant dégressif ou couplé à un appui aux moyens d'existence pour préparer la sortie.
  5. Paiement : au ménage (préserve sa relation et son autonomie) ou directement au propriétaire (garantit le paiement, mais crée une dépendance). Le choix se justifie selon les risques.
  6. Suivi des effets sur le marché : si les loyers montent de plus de 10 à 15 % sur la zone, réviser avec le cluster le montant, le ciblage et la stratégie d'offre (réhabilitation de logements vacants en échange de loyers gelés).

Outil : grille d'inspection d'un logement locatif

ÉlémentExigence minimaleConforme (oui / non)
StructurePas de fissure structurelle, pas d'affaissement
ToitureÉtanche, pas de matériaux dangereux
SurfaceAu moins 4,5 m² par personne en milieu urbain, cuisine incluse
SécuritéPorte extérieure verrouillable de l'intérieur, fenêtres fermant
Eau et assainissementAccès à de l'eau et à des toilettes non partagées par plus de 20 personnes
Électricité et chauffageInstallation sans risque apparent ; ventilation si appareil à combustion
AccessibilitéAccès possible pour les membres à mobilité réduite du ménage
DocumentsPreuve que le bailleur est bien propriétaire ou mandataire

L'aide locative sans stratégie de sortie ne fait que reporter l'expulsion de quelques mois. Elle doit être couplée dès le départ à un appui aux moyens d'existence, à une orientation vers des programmes de logement ou à une solution durable.

7Exemple complet : la réponse abris après le séisme de Karsane

Contexte fictif. Un séisme de magnitude 6,4 frappe la ville moyenne de Karsane (environ 140 000 habitants). Dans les quartiers de Haut-Bessin et de La Tannerie, où intervient votre ONG, l'évaluation détaillée identifie trois groupes : 600 ménages propriétaires dont la maison en maçonnerie est endommagée mais réparable (catégorie 2 après inspection des ingénieurs municipaux), 400 ménages locataires dont l'immeuble a été classé rouge, et 250 ménages hébergés chez des proches. Les marchés de matériaux fonctionnent, les loyers commencent à augmenter. L'hiver commence dans cinq mois. Budget disponible auprès du bailleur : 1,1 million USD sur douze mois.

Groupe 1 : 600 propriétaires, cash conditionnel pour la réparation

L'équipe définit un paquet standard de réparation (toiture partielle, reprise des fissures et ajout de chaînages en béton armé au niveau du toit) et valorise un devis quantitatif aux prix relevés sur trois marchés :

PosteQuantitéPrix unitaire (USD)Total (USD)
Tôles ondulées galvanisées, 3 m1611176
Bois de charpente, chevrons 4 m14684
Fers à béton 10 mm, barres de 12 m8972
Ciment, sacs de 50 kg10990
Sable et gravierforfait40
Clous, fil de ligature, vis à tôleforfait25
Maçon qualifié6 jours1590
Manœuvre6 jours848
Transport des matériauxforfait25
Total par ménage650

La valeur de 650 USD est présentée au groupe de travail technique du cluster, qui l'harmonise avec deux autres ONG intervenant dans des quartiers voisins (elles proposaient 500 et 720 USD) : la valeur commune retenue est 650 USD, révisable si l'indice de prix des matériaux suivi par le groupe de travail cash dépasse 10 % de hausse. Le versement est fait en trois tranches par monnaie mobile : 325 USD au démarrage, 260 USD après vérification des chaînages avant coulage, 65 USD à l'achèvement. Huit techniciens suivent chacun environ 75 chantiers, soit 1 800 visites au total. Quarante artisans locaux suivent une formation de trois jours aux bonnes pratiques parasismiques ; leur liste est communiquée aux ménages sans obligation de les employer.

Groupe 2 : 400 locataires, aide locative

Le recensement des logements vacants mené avec les comités de quartier compte 520 unités disponibles, dont 140 nécessitent de petites réparations. Absorber 400 ménages dans 520 unités ferait monter les loyers. La stratégie combine donc : aide locative de six mois à 90 USD par mois pour un logement de deux pièces, plus 40 USD de frais de déménagement (580 USD par ménage) ; et réhabilitation de 120 logements vacants endommagés (en moyenne 900 USD par logement) en échange d'un engagement écrit des propriétaires à louer douze mois à loyer gelé à des ménages du programme. Chaque logement est inspecté avec la grille de la section précédente ; un contrat écrit est signé, avec une clause de médiation par le partenaire d'assistance juridique.

Groupe 3 : 250 ménages hébergés, appui aux familles d'accueil

Chaque famille d'accueil reçoit 70 USD par mois pendant quatre mois (280 USD) et un kit de couchage pour l'hôte (45 USD) ; les ménages hébergés reçoivent un kit BNA. À l'issue des quatre mois, les ménages hébergés propriétaires de leur logement d'origine sont orientés vers le groupe 1 ; les autres vers l'aide locative si des places se libèrent.

Budget synthétique

LigneCalculMontant (USD)
Cash pour la réparation600 × 650390 000
Aide locative400 × 580232 000
Réhabilitation de logements vacants120 × 900108 000
Appui aux familles d'accueil250 × 32581 250
Kits BNA pour ménages hébergés250 × 5513 750
Formation des artisans, guides, assistance juridiqueforfait45 000
Personnel, frais de transfert, suivi, coûts indirectsenviron 21 %230 000
Total1 100 000

Suivi et ajustements

À quatre mois, le suivi post-distribution montre que 88 % des réparations sont achevées et conformes, 9 % sont arrêtées faute de fonds après une hausse du ciment, 3 % des ménages ont utilisé la première tranche pour rembourser des dettes. Ajustements décidés : complément de 60 USD pour les chantiers arrêtés, validé par le cluster sur la base de l'indice de prix ; accompagnement individuel des ménages endettés et orientation vers un programme de moyens d'existence ; aucune exclusion rétroactive. Côté location, les loyers de la zone ont augmenté de 8 %, sous le seuil d'alerte fixé à 12 %.

Dans cet exemple, aucun ménage ne reçoit de tente. Les trois groupes sont soutenus dans leur propre stratégie : réparer, louer ou rester chez des proches. C'est le cœur de la doctrine actuelle des réponses abris.

8Sécurité d'occupation et construction plus sûre : procédures de terrain

La vérification préalable de l'occupation en sept étapes

  1. Cartographie des acteurs fonciers : cadastre ou service des domaines, autorités coutumières, mairie, comités de quartier, associations de locataires.
  2. Déclaration du ménage : qui occupe, depuis quand, à quel titre, avec quels documents. Les femmes sont interrogées aussi, pas seulement le chef de ménage déclaré.
  3. Recoupement avec au moins deux sources indépendantes : document, voisins, autorité coutumière ou administrative.
  4. Vérification des litiges : affichage public de la liste des parcelles concernées pendant 7 à 14 jours pour recueillir d'éventuelles contestations.
  5. Accord écrit : selon le cas, attestation d'occupation, accord propriétaire-occupant, accord d'usage de terrain pour un site, contrat de location.
  6. Validation par l'autorité compétente et archivage sécurisé, avec copie au ménage.
  7. Suivi : visite à trois et six mois pour détecter les tentatives d'expulsion ; orientation vers l'assistance juridique en cas de litige.

Modèle : contenu minimal d'un accord d'occupation

  • Identité des parties, avec les deux conjoints lorsque le ménage est un couple.
  • Description et localisation de la parcelle ou du logement.
  • Durée de l'occupation garantie (au moins égale à la durée de vie prévue de l'abri, souvent trois à cinq ans pour un abri évolutif).
  • Contrepartie éventuelle (loyer, entretien, aucune).
  • Sort des matériaux et de la structure à l'issue de l'accord.
  • Interdiction d'expulsion sans préavis écrit d'au moins trois mois et sans procédure de médiation.
  • Mécanisme de règlement des différends et coordonnées de l'organisation.
  • Signatures, témoins, validation par l'autorité.

Construire plus sûr : les messages clés par aléa

AléaMessages clésPoint de contrôle sur le chantier
SéismeForme simple et symétrique ; chaînages horizontaux et verticaux ; liaison murs, plancher, toiture ; ouvertures limitées et éloignées des angles ; toiture légèrePrésence et continuité des chaînages avant coulage
Vent fort et cyclonePente de toit de 25 à 40 degrés, débords limités, attaches métalliques entre chevrons, sablières et murs, fixation des tôles par vis ou clous à tête large en sommet d'onde, contreventementNombre et position des fixations par tôle
InondationChoix de l'emplacement, surélévation du plancher au-dessus du niveau des plus hautes eaux connues, fondations protégées, matériaux résistant à l'eau en partie basseHauteur du soubassement mesurée
Glissement de terrainÉviter les pentes instables et les pieds de talus, gestion des eaux de ruissellement, végétalisationValidation de l'emplacement par le technicien

PASSA en pratique

L'approche participative de la FICR se déroule en huit activités, menées avec un groupe de 15 à 20 personnes de la communauté sur plusieurs semaines : retracer l'histoire de l'habitat et des établissements, analyser la fréquence et l'impact des aléas, cartographier les abris sûrs et dangereux, identifier les pratiques sûres et dangereuses, rechercher des options de solutions, choisir et planifier les changements, résoudre les problèmes avec les ressources disponibles, puis organiser le suivi du plan. Un facilitateur formé et un volontaire communautaire co-animent ; la communauté reste propriétaire du plan d'action. La version PASSA Youth adapte la démarche aux adolescents.

Un message de construction plus sûre n'a d'effet que s'il est vérifié sur le chantier. Le versement d'une tranche conditionnée à un point de contrôle technique précis est le levier le plus efficace pour qu'il soit appliqué.

9Erreurs fréquentes, attentes des bailleurs, variations de contexte et questions d'entretien

Erreurs fréquentes

  • Choisir l'option avant l'analyse : commander des abris transitionnels parce que le bailleur les a financés l'an passé.
  • Fixer une valeur de transfert sans devis : les ménages ne terminent pas les travaux et s'endettent, ou le montant est excessif et crée des tensions avec les voisins non ciblés.
  • Verser en une fois un montant important de cash pour la construction sans assistance technique ni point de contrôle.
  • Exclure les locataires parce que les modèles de programme sont pensés pour des propriétaires.
  • Construire sur un terrain sans accord écrit, puis voir les familles expulsées.
  • Diffuser des messages de construction plus sûre non adaptés aux matériaux locaux, ou copiés d'un autre pays.
  • Oublier les personnes sans main-d'œuvre : personnes âgées, ménages dirigés par une femme avec de jeunes enfants, personnes handicapées. Elles ont besoin d'une aide à la construction, pas seulement de matériaux.

Ce que regardent les bailleurs et auditeurs

  • La justification des modalités : analyse de marché, comparaison des options, coût-efficience.
  • L'harmonisation avec les valeurs de transfert et les typologies du cluster.
  • La présence de personnel technique qualifié et les procédures de vérification des travaux.
  • Les pièces justificatives : listes de paiement rapprochées avec les relevés de l'opérateur de transfert, fiches de vérification des tranches signées, contrats de location et accords d'occupation, rapports de suivi post-distribution.
  • Pour l'USAID BHA, le respect des exigences environnementales applicables et des orientations sectorielles abris et établissements humains ; pour DG ECHO, la cohérence avec ses orientations sur les abris et établissements humains et sur les transferts monétaires ; pour les fonds communs gérés par OCHA, l'alignement sur la stratégie du cluster.

Variations de contexte

ContexteAdaptation
Catastrophe soudaineKits abris et BNA d'abord, cash pour la réparation dès que les marchés repartent, typologies et valeurs harmonisées en trois à six semaines
Crise prolongéeCycles de remplacement des abris, mise à niveau vers des abris plus durables quand l'occupation est sécurisée, aide locative couplée aux moyens d'existence
CampModèles d'abri validés par les autorités, contraintes sur les matériaux durables, coordination étroite avec le CCCM
VilleMajorité de locataires, immeubles collectifs, réhabilitation de logements vacants, normes municipales de construction
Gestion à distanceVérification des tranches par photos géolocalisées et visites d'un tiers ; paquets de travaux plus simples
InsécuritéPaiement par monnaie mobile, réduction des visites, matériaux moins attractifs pour les pillages
Partenaire local à faible capacitéTypologies et devis fournis, formation des techniciens, contrôle conjoint des premiers chantiers

Questions d'entretien

  1. « Comment fixez-vous une valeur de transfert pour la réparation ? » Devis quantitatif d'un paquet type, prix relevés sur plusieurs marchés, main-d'œuvre et transport, harmonisation avec le cluster et le groupe de travail cash, clause de révision liée à un indice de prix.
  2. « Quand préférez-vous l'aide en nature au cash ? » Marché défaillant ou incapable d'absorber la demande, qualité des matériaux introuvable localement, inflation forte, risque de protection lié au cash, préférence documentée des ménages ; souvent en combinaison.
  3. « Comment sortir d'un programme d'aide locative ? » Durée et dégressivité annoncées dès le départ, appui aux moyens d'existence, orientation vers des programmes de logement, négociation de loyers gelés contre réhabilitation, suivi des ménages après la fin.
  4. « Quelles précautions avant de construire un abri évolutif ? » Vérification préalable de l'occupation, accord écrit d'une durée au moins égale à la vie de l'abri, emplacement hors zone à risque, modèle validé par le cluster, assistance technique.
  5. « Comment garantissez-vous qu'un message de construction plus sûre est appliqué ? » Formation des artisans, démonstrations, conditionnalité des tranches à des points de contrôle, suivi d'un échantillon de chantiers.

Références clés

  • Manuel Sphère 2018, chapitre Abris et établissements humains, notamment les normes sur l'assistance technique et la sécurité d'occupation.
  • Global Shelter Cluster : orientations sur les programmes de transferts monétaires pour l'abri, sur l'aide locative et sur la sécurité d'occupation.
  • FICR et Conseil norvégien pour les réfugiés : publications sur la sécurité d'occupation dans les programmes d'abris après les catastrophes.
  • FICR : guide PASSA, approche participative pour la sensibilisation à un abri sûr, et sa version PASSA Youth.
  • CaLP : glossaire et outils de qualité des programmes de transferts monétaires.
  • Commission européenne, DG ECHO : orientations sur les abris et établissements humains et sur les transferts monétaires.
  • USAID BHA : lignes directrices pour les demandes de financement d'urgence, secteur abris et établissements humains.
Mise en situation

Le terrain promis

Commune rurale, programme d'abris transitionnels

Votre rôle

Vous êtes chef de projet abris dans une ONG.

Votre programme doit construire 300 abris transitionnels en quatre mois. Un notable propose un terrain gratuit. Des familles déplacées y sont prêtes à s'installer, mais aucun document n'existe et des voisins affirment que le terrain appartient à leur lignage.

  1. Décision 1 sur 3Que faites-vous avant de construire ?

  2. Décision 2 sur 3La vérification confirme que le terrain appartient au lignage voisin, qui accepte sous conditions. Vous :

  3. Décision 3 sur 3Le bailleur s'inquiète du retard. Vous :

Exercice d'application : choisir les options

Dans une ville touchée par un séisme, vous avez trois groupes : 600 propriétaires dont la maison est endommagée mais réparable, 400 locataires dont l'immeuble est inhabitable et 250 familles hébergées chez des proches. Les marchés de matériaux fonctionnent et les loyers commencent à augmenter. Proposez une option d'assistance pour chaque groupe, les conditions de mise en œuvre (marché, contrat, assistance technique) et les risques à surveiller.

À retenir

  • Kits et bâches pour l'urgence, réparation, transitionnel, familles d'accueil, aide locative : on combine les options.
  • Le kit abris FICR : deux bâches, 30 m de corde et des outils.
  • Cash pour l'abri : analyse de marché, tranches conditionnelles, assistance technique.
  • La sécurité d'occupation est une norme Sphère : vérification préalable et accords écrits.
  • Build back safer et PASSA : construire plus sûr avec la communauté.

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Pour aller plus loin : références de la formation
  1. Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : Charte humanitaire et normes minimales (chapitre Abris et établissements humains). spherestandards.org/fr/manuel-2018
  2. Global Shelter Cluster (HCR, FICR) (2024). Global Shelter Cluster : stratégie, guides et ressources. sheltercluster.org
  3. Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (2011). PASSA : Participatory Approach for Safe Shelter Awareness. www.ifrc.org
  4. Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, CICR (2024). Emergency Items Catalogue (spécifications des articles de secours). itemscatalogue.redcross.int
  5. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (2024). Emergency Handbook (chapitres abris, établissements et articles ménagers). emergency.unhcr.org
  6. Global Shelter Cluster (2024). Shelter Projects : études de cas de réponses en abris. shelterprojects.org
  7. Comité permanent interorganisations (IASC) (2010). IASC Framework on Durable Solutions for Internally Displaced Persons. interagencystandingcommittee.org

Quiz du jour

3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.

1Une famille propriétaire a une maison endommagée mais réparable. L'option généralement la plus rapide et efficiente est :
2Avant de lancer un programme de cash pour l'abri, il faut d'abord :
3La sécurité d'occupation, selon Sphère, signifie :

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