Jour 3 sur 4 · 6 heures · Niveau 2 Intermédiaire

BNA, qualité et coordination

Objectifs du jour
  • Composer des kits de BNA adaptés, y compris pour l'hiver.
  • Contrôler la qualité, cibler et distribuer en sécurité.
  • Coordonner la réponse avec le cluster Abris et les autres secteurs.

1Les biens non alimentaires

Les BNA (articles ménagers essentiels) permettent de dormir, cuisiner, manger, stocker l'eau, s'éclairer et maintenir la chaleur. Un kit de base comprend souvent :

  • Couchage et chaleur : couvertures, nattes ou matelas, moustiquaires imprégnées dans les zones de paludisme.
  • Cuisine : au moins une grande marmite avec couvercle, une bassine, un couteau de cuisine et des cuillères de service par ménage, et pour chaque personne une assiette, une cuillère et une tasse.
  • Eau : récipients pour la collecte et le stockage, en lien avec le secteur WASH.
  • Éclairage et énergie : lampe solaire, combustible ou foyer amélioré.
  • Vêtements : deux tenues complètes par personne selon Sphère, adaptées au climat, à l'âge et à la culture.

Le contenu se décide avec les ménages et le cluster : un kit standard national facilite la coordination, mais il doit tenir compte des habitudes de cuisine, du climat et de ce que les familles possèdent déjà.

2Hivernisation et réponse aux climats extrêmes

Dans les climats froids, l'abri et les BNA deviennent une question de survie. Une réponse d'hiver se prépare des mois à l'avance : isolation des abris (bâches supplémentaires, panneaux isolants, isolation du sol), couvertures thermiques supplémentaires, vêtements chauds, poêles avec conduits sûrs, combustible ou cash saisonnier pour le chauffage.

Les risques associés doivent être maîtrisés : incendies, intoxications au monoxyde de carbone, dettes contractées pour acheter du combustible. Dans les climats chauds, on cherche à l'inverse la ventilation, l'ombrage, les toitures réfléchissantes et l'orientation des abris par rapport aux vents dominants.

3Qualité, logistique, ciblage et distribution

Un article de mauvaise qualité est un gaspillage. Les spécifications techniques de la FICR et du HCR (catalogue des articles de secours) servent de référence. Une bâche de qualité est en polyéthylène tissé, renforcée, traitée contre les UV, d'environ 4 × 6 m pour la FICR, avec des bords renforcés et des œillets ; son grammage, sa résistance à la déchirure et sa tenue aux UV sont vérifiés.

  • Contrôle qualité : inspection avant expédition et à la réception, échantillons, rejet des lots non conformes.
  • Ciblage : critères transparents, discutés avec les communautés, combinant dommages, vulnérabilité et statut d'occupation ; listes vérifiées et mécanisme de plaintes.
  • Distribution : site sûr et accessible, files séparées si nécessaire, priorité aux personnes à mobilité réduite, kits transportables, horaires permettant de rentrer avant la nuit.
  • Suivi post-distribution : utilisation, revente, satisfaction, problèmes de qualité.

4Le cluster Abris et la coordination

Au niveau mondial, le Global Shelter Cluster est coprésidé par le HCR pour les situations de conflit et par la FICR, qui assure la coordination dans les catastrophes naturelles. Au niveau national, le cluster Abris (souvent fusionné avec les BNA, et parfois avec le CCCM) définit avec les autorités la stratégie, les kits standards, les valeurs de transfert, les spécifications et la cartographie 4W des partenaires.

Les liens sont étroits avec le CCCM (planification des sites), le WASH (latrines, drainage), la protection (LTP, violences basées sur le genre, accessibilité), le relèvement précoce et le secteur des transferts monétaires. L'approche par zones (ou approche par établissements) coordonne les secteurs sur un quartier ou un territoire donné plutôt que ménage par ménage, ce qui est particulièrement utile en ville.

Cours approfondi

Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.

5Concevoir et spécifier un kit BNA : de la liste à la fiche technique

Un kit BNA se conçoit en trois temps : décider de ce qu'il doit permettre de faire (dormir au chaud, cuisiner, stocker l'eau, s'éclairer), traduire ces fonctions en articles et quantités adaptés à la taille du ménage, puis rédiger pour chaque article une spécification technique que l'acheteur, le fournisseur et l'inspecteur comprennent de la même façon. Le kit standard du cluster est le point de départ ; l'adaptation au contexte est la responsabilité de chaque partenaire, en accord avec le cluster.

Étape 1 : partir des fonctions et des usages

  • Comment les ménages cuisinent-ils : sur trois pierres, sur un foyer amélioré, au gaz ? Quelle taille de marmite pour le plat de base ?
  • Où dorment-ils : au sol, sur des nattes, sur des lits ? Quel est le minimum nocturne de température pendant la durée d'usage du kit ?
  • Quels sont les articles déjà possédés selon l'évaluation, pour éviter les doublons revendus à perte ?
  • Y a-t-il des besoins spécifiques : protections hygiéniques (en lien avec le WASH), articles pour bébés, éclairage pour les personnes qui vont aux latrines la nuit ?

Étape 2 : quantités par taille de ménage

Un kit unique pour un ménage de deux personnes et pour un ménage de onze personnes n'est pas équitable. La pratique courante est de prévoir un kit de base par ménage et des articles complémentaires par personne ou par tranche de taille (par exemple 1 à 3, 4 à 6, 7 personnes et plus).

Étape 3 : la fiche de spécification

Les catalogues d'articles de secours de la FICR et du HCR, ainsi que le catalogue commun des organisations des Nations unies, contiennent des spécifications éprouvées. Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur à vérifier dans la version en vigueur avant tout achat.

ArticleÉléments de spécification à exigerPoints d'inspection
Bâche plastiqueTissé de polyéthylène haute densité laminé, environ 4 × 6 m, grammage minimal de l'ordre de 190 g/m², traitement anti-UV, bords et bandes renforcés, œillets sur le périmètre et les renfortsDimensions, pesée d'un échantillon découpé, état des œillets, test de déchirure en laboratoire sur échantillon
CouvertureDimensions de l'ordre de 150 × 200 cm, composition (part de laine ou fibres synthétiques), poids, résistance thermique selon la spécification, absence d'odeur et de résidusPesée, mesure, étiquette de composition, test de résistance thermique sur échantillon si nécessaire
Natte ou matelasMatériau, épaisseur, dimensionsMesure, épaisseur, résistance au pliage
Kit de cuisineComposition par ménage (marmites avec couvercles, bassine, couteau, cuillères de service) et par personne (assiette, cuillère, tasse) ; acier inoxydable ou aluminium de qualité alimentaireÉpaisseur du métal, présence des couvercles, absence de bavures
Jerrican10 ou 20 litres, plastique de qualité alimentaire, bouchon étanche, col permettant le nettoyageTest d'étanchéité, épaisseur, marquage
Lampe solaireProduit conforme à un standard de qualité reconnu pour l'éclairage solaire hors réseau, autonomie, possibilité de recharge de téléphoneCertificat de conformité, test d'autonomie sur échantillon
MoustiquaireMoustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée, produit préqualifié par l'OMS, dimensions adaptéesCertificat, emballage, date de fabrication

Étape 4 : emballage et transport

Un kit doit pouvoir être porté par une personne seule sur la distance de retour, ou faire l'objet d'un appui au transport. Au-delà de 20 à 25 kg, prévoir le fractionnement, des porteurs rémunérés ou une livraison pour les personnes à mobilité réduite. L'emballage doit être solide, réutilisable si possible, sans logos qui exposeraient les ménages à des risques dans des contextes sensibles.

Ce que l'on n'a pas écrit dans la spécification, on ne peut pas le refuser à la livraison. Une commande qui mentionne seulement « bâche 4 × 6 m » permet légalement au fournisseur de livrer un produit sans traitement anti-UV qui sera détruit en trois mois.

6Hivernisation et climats extrêmes : planifier pas à pas

La réponse d'hiver est l'une des plus prévisibles de l'action humanitaire : la date des premiers froids est connue des mois à l'avance. Pourtant, les retards sont fréquents, car les achats, la vérification des listes et le financement sont lancés trop tard. Un calendrier inversé, construit à partir de la date des premières gelées, est l'outil central.

Calendrier inversé type

Échéance avant les premiers froidsActionResponsable
6 moisBilan de l'hiver précédent, révision de la stratégie et des paquets avec le cluster, estimation des besoins et du financementCluster, coordinateurs abris
5 moisPlaidoyer auprès des bailleurs, lancement des appels d'offres pour poêles, couvertures, isolantsDirection pays, logistique
4 moisAnalyse de marché pour le combustible et les vêtements ; fixation de la valeur du cash saisonnier par le groupe de travail cashCash, abris
3 moisMise à jour des listes, vérification des ménages, évaluation de l'état des abrisProgrammes, MEAL
2 moisRéception et inspection des articles, préparation des sites de distribution, formation à la sécurité incendie et au monoxyde de carboneLogistique, programmes
1 mois à 0Distributions, travaux d'isolation, premiers versements du cash saisonnierProgrammes
Pendant l'hiverSuivi hebdomadaire : incidents, ruptures, plaintes ; réserve de contingence pour les vagues de froid et les chutes de neigeProgrammes, cluster

Le paquet hiver : composantes

  • Isolation de l'abri : bâches supplémentaires, panneaux isolants pour murs et toit, isolation du sol (palettes, panneaux, nattes épaisses), calfeutrage, double porte ou sas d'entrée.
  • Couchage et vêtements : couvertures thermiques supplémentaires (souvent une à deux de plus par personne dans les climats très froids), vêtements chauds, chaussures et chaussettes, en priorité pour les enfants, les personnes âgées et les personnes malades.
  • Chauffage : poêle avec conduit métallique sortant par une plaque résistante à la chaleur, combustible ou cash pour le combustible.
  • Sécurité : détecteurs de fumée ou de monoxyde de carbone lorsque c'est faisable, seaux de sable ou extincteurs par bloc, formation des ménages.

Calculer une valeur de cash saisonnier

On part de la consommation de combustible nécessaire pour maintenir une température intérieure acceptable dans un abri type, multipliée par la durée de la saison froide et par le prix local, plus une part pour les vêtements. Par exemple : poêle à bois, 9 kg de bois par jour en moyenne sur 120 jours, soit 1 080 kg ; prix local 0,22 USD par kg, soit environ 238 USD ; plus 60 USD de vêtements chauds pour un ménage de taille moyenne ; valeur arrondie à 300 USD, versée en deux tranches (avant les premiers froids et au cœur de l'hiver). Ce calcul est validé par le groupe de travail cash et révisé si le prix du combustible varie de plus de 10 à 15 %.

Climats chauds

À l'inverse, on recherche l'ombrage (double toit ou bâche de toit surélevée), la ventilation croisée, des toitures claires ou réfléchissantes, l'orientation des ouvertures selon les vents dominants et des hauteurs intérieures plus importantes. Les tentes et les abris en tôle sans isolation peuvent dépasser de plusieurs degrés la température extérieure et devenir dangereux pour les nourrissons et les personnes âgées.

La qualité d'une réponse d'hiver se mesure à une date : celle où le dernier ménage prioritaire a reçu son paquet complet. Si cette date est postérieure aux premières gelées, la réponse a échoué, quel que soit le nombre d'articles distribués ensuite.

7Contrôle qualité, distribution et suivi post-distribution : les procédures

Le contrôle qualité en trois points

  1. Inspection avant expédition chez le fournisseur, souvent par une société d'inspection indépendante pour les commandes importantes. L'échantillonnage suit généralement la norme ISO 2859-1 : pour un lot de 2 000 unités, niveau d'inspection général II, la lettre code est K et l'échantillon de 125 unités ; avec un niveau de qualité acceptable (AQL) de 2,5, on accepte le lot jusqu'à 7 défauts majeurs et on le refuse à partir de 8. Les défauts critiques (dangereux) sont souvent fixés à zéro toléré.
  2. Inspection à la réception à l'entrepôt : quantités, état des emballages, contrôle visuel et mesures sur un échantillon, comparaison avec l'échantillon de référence scellé conservé lors de l'attribution du marché.
  3. Retour d'information des utilisateurs par le suivi post-distribution : un défaut non détecté (couvertures qui perdent leurs fibres, marmites qui se déforment) déclenche une réclamation au fournisseur et une révision de la spécification.

Outil : fiche de non-conformité

RubriqueContenu
Référence de la commande et du lotNuméro de bon de commande, bordereau de livraison, date
Article et spécificationRéférence de la spécification contractuelle
Défaut constatéDescription, mesures relevées, photos, nombre d'unités défectueuses dans l'échantillon
ClassificationCritique, majeur, mineur
DécisionLot accepté, accepté avec réserve, refusé ; mise en quarantaine physique
SuiteNotification écrite au fournisseur, délai de remplacement, pénalités prévues au contrat
SignaturesMagasinier, logisticien, programme

Organiser un site de distribution

  • Choix du site : accessible à pied, sûr, ombragé ou abrité, avec un espace d'attente, des toilettes et de l'eau, hors des lieux contrôlés par des acteurs armés.
  • Flux à sens unique : accueil et information, vérification de l'identité et de la carte ou du code, remise du kit, point de plainte et de retour, sortie. Les postes de vérification traitent de l'ordre de 40 à 60 ménages par heure selon la méthode.
  • File prioritaire pour les personnes âgées, handicapées, femmes enceintes, avec aide au transport.
  • Équipe : un responsable de site, des agents de vérification, des agents de remise, un point focal protection et plaintes, un agent de sécurité et de gestion de foule, idéalement mixtes.
  • Horaires : commencer tôt, finir assez tôt pour que tout le monde rentre avant la nuit ; annoncer les dates par plusieurs canaux.
  • Rapprochement en fin de journée : kits sortis du stock, kits remis, kits restants ; tout écart est expliqué et signé.

Le suivi post-distribution

Il se réalise deux à six semaines après la distribution. Pour une population de 2 000 ménages, avec 95 % de confiance et 5 % de marge d'erreur, l'échantillon est d'environ 323 ménages après correction pour population finie, arrondi à 355 avec 10 % de non-réponses. Le questionnaire porte sur la réception effective, la qualité perçue, l'utilisation, la revente ou le partage, la sécurité pendant la distribution et sur le chemin du retour, la connaissance du mécanisme de plaintes et les besoins non couverts. Une partie des entretiens est menée par des personnes qui n'ont pas participé à la distribution.

8Exemple complet : l'hivernisation du site de Telmar Nord

Contexte fictif. Le site de déplacés de Telmar Nord accueille 11 000 personnes, soit 2 000 ménages de 5,5 personnes en moyenne, dans une vallée de montagne où les températures nocturnes descendent à -12 °C de décembre à mars. Les abris sont des tentes familiales de deux ans et des abris en bâches sur charpente bois. Votre ONG est le partenaire abris et BNA désigné par le cluster pour ce site. Nous sommes fin juin ; les premières gelées sont attendues mi-novembre.

Juillet : évaluation et stratégie

L'évaluation de l'état des abris, menée avec l'agence de gestion du site, classe 600 tentes comme irrécupérables (toile déchirée, armature cassée), 900 abris comme isolables, 500 abris en état correct. Le suivi de l'hiver précédent montre 14 incendies, dont 3 graves, et 9 intoxications au monoxyde de carbone. Les marchés de la ville voisine vendent du bois et du charbon, mais le prix double en janvier. La stratégie validée par le cluster combine : remplacement des 600 tentes par des abris en bois isolés, kit d'isolation pour 900 abris, kit hiver BNA pour les 2 000 ménages, cash saisonnier pour le combustible.

Contenu du kit hiver BNA

ArticleQuantitéCoût unitaire (USD)Coût par ménage moyen (USD)
Couverture thermique haute performance1 par personne en complément949,50
Matelas isolant2 par ménage1224
Poêle à bois avec conduit et plaque de traversée1 par ménage6565
Kit vêtements chauds enfants1 par enfant de moins de 15 ans (en moyenne 2,6 par ménage)1846,80
Détecteur de monoxyde de carbone à piles1 par ménage1414
Total kit199,30

Le cash saisonnier est fixé à 300 USD par ménage selon le calcul de la section précédente, en deux tranches de 150 USD (mi-novembre et mi-janvier). Les 2 000 kits représentent environ 398 600 USD, le cash saisonnier 600 000 USD.

Août à octobre : achats, qualité, listes

  • Appel d'offres lancé le 1er août, attribution le 25 août avec échantillons scellés.
  • Inspection avant expédition des couvertures : sur 125 unités contrôlées, 11 sont sous le poids minimal. Le seuil de refus étant 8 pour un AQL de 2,5, le lot est refusé ; le fournisseur remplace en 21 jours. Le calendrier inversé intégrait une marge de quatre semaines, qui absorbe ce retard.
  • Mise à jour des listes avec la gestion du site : 2 000 ménages vérifiés, 74 nouveaux arrivants ajoutés, 31 départs retirés, 12 cas contestés examinés par le comité de plaintes.
  • Formation de 60 volontaires du site à la sécurité incendie et au monoxyde de carbone ; ils animeront des visites de porte en porte à la remise des poêles.

Novembre : distribution

Distribution sur quatre jours, 500 ménages par jour, par blocs. Deux postes de vérification et un poste prioritaire, 22 personnes par jour sur le site, livraison à domicile pour 140 ménages identifiés sans capacité de transport. Rapprochement quotidien : un écart de 3 kits le jour 2, expliqué par une erreur de saisie, corrigé et documenté. Les poêles sont installés par des équipes de deux techniciens qui vérifient la sortie du conduit et la distance aux parois ; 1 980 installations sont réalisées en deux semaines.

Décembre : suivi post-distribution et ajustements

Indicateur (échantillon de 355 ménages)RésultatAction
Ménages ayant reçu le kit complet97 %Recherche individuelle des 3 % restants
Ménages utilisant le poêle avec le conduit correctement installé91 %Nouvelle tournée technique sur les 9 % restants
Ménages déclarant avoir assez de combustible jusqu'en janvier68 %Alerte au cluster : hausse du prix du bois de 30 % ; révision de la deuxième tranche à 190 USD
Ménages ayant revendu un article6 %, principalement des matelas isolantsDiscussion de groupe : préférence pour des nattes locales plus épaisses ; révision de la spécification pour l'année suivante
Ménages connaissant le mécanisme de plainte74 %Renforcement de l'affichage et des messages radio

Bilan de l'hiver : 4 incendies dont aucun grave, 1 intoxication légère, contre 14 incendies et 9 intoxications l'hiver précédent. Le rapport final au bailleur présente ces résultats, les causes du retard des couvertures, la révision de la deuxième tranche et les recommandations pour l'année suivante.

Le succès de cet exemple tient à trois choix : un calendrier inversé avec marge, une inspection qualité qui a eu le courage de refuser un lot, et un suivi qui a déclenché un ajustement du cash avant la fin de l'hiver.

9Travailler avec le cluster Abris au quotidien

Les produits du cluster et ce qu'ils exigent des partenaires

ProduitContenuCe que le partenaire doit fournir
Stratégie abris et BNAObjectifs, options par groupe, arbre de décision, priorités géographiquesParticipation aux ateliers, données d'évaluation
Note technique et kits standardsContenu et spécifications des kits, typologies d'abris, valeurs de transfertRespect des standards ou justification écrite des écarts
Matrice 4W ou 5WQui fait quoi, où, quand, pour qui, avec quel financementRapport mensuel à la date fixée, au format demandé, avec données ventilées
Tableau de bord et analyse des gapsBesoins, couverture, gaps par zoneMise à jour des réalisations et des plans
Contribution au HNO et au HRPPersonnes dans le besoin, cibles, besoins financiers, indicateursProjets alignés et chiffrés, participation à l'analyse de sévérité
Groupes de travail techniquesCash pour l'abri, LTP, hivernisation, construction plus sûreExperts techniques, partage des leçons apprises

Rapporter correctement à la 4W

  • Compter les ménages et les personnes réellement assistés, sans double comptage lorsque le même ménage reçoit plusieurs types d'assistance : l'indicateur d'atteinte compte la personne une fois, les indicateurs d'activité comptent chaque assistance.
  • Distinguer ce qui est planifié, en cours et achevé.
  • Utiliser les codes géographiques officiels pour que les cartes soient justes.
  • Signaler les écarts entre les cibles et les réalisations, avec les causes.

Coordination intersectorielle : qui fait quoi

InterfaceSujetMécanisme
CCCMPlan du site, densité, coupe-feu, cycles de remplacement, listesRéunions de site, plan d'aménagement partagé
WASHDrainage, latrines, jerricans, kits d'hygiène dans les BNARépartition des articles pour éviter les doublons
Protection et VBGLTP, éclairage, verrous, sécurité des distributions, ciblageAudits de sécurité, orientations, points focaux
Groupe de travail cashValeurs de transfert, panier de dépenses minimum, suivi des prixHarmonisation des montants
Relèvement précoce et moyens d'existenceFormation d'artisans, stratégie de sortie de l'aide locativeProgrammes conjoints
LogistiquePrépositionnement, entrepôts communs, transportPlateformes logistiques communes

Au niveau mondial, le Global Shelter Cluster est co-dirigé par le HCR pour les conflits et par la FICR, qui joue un rôle de coordination (convener) pour les catastrophes naturelles. Au niveau national, l'agence chef de file désigne un coordinateur, souvent appuyé par un cofacilitateur issu d'une ONG et un responsable de gestion de l'information. Dans de nombreux pays, le cluster est co-présidé par un ministère, ce qui facilite l'alignement sur les normes nationales de construction et les politiques foncières.

10Erreurs fréquentes, variations de contexte, questions d'entretien et références

Erreurs fréquentes

  • Kit standard importé sans adaptation : marmites trop petites pour le plat de base, couvertures inadaptées à un climat chaud, articles déjà possédés.
  • Spécification vague, qui empêche de refuser un produit non conforme.
  • Absence d'échantillon de référence scellé au moment de l'attribution du marché.
  • Distribution qui finit à la nuit tombée, exposant les femmes et les enfants sur le trajet du retour.
  • Kits trop lourds sans appui au transport pour les personnes seules ou âgées.
  • Rapprochement de stock non fait en fin de journée : les écarts deviennent inexplicables une semaine plus tard et l'audit les classe en pertes non justifiées.
  • Suivi post-distribution utilisé pour compter, pas pour apprendre : les résultats ne modifient ni les kits, ni la valeur du cash, ni les procédures.
  • Hiver lancé en octobre au lieu d'avril.

Ce que regardent les auditeurs et évaluateurs

  • Chaîne documentaire complète : demande d'achat, appel d'offres, spécifications, rapport d'inspection, bordereaux de livraison, fiches de stock, listes de distribution signées ou validées numériquement, rapprochements.
  • Respect des seuils et procédures d'achat du bailleur et de l'organisation.
  • Traitement des non-conformités et des pertes.
  • Utilisation effective des résultats du suivi post-distribution et du mécanisme de plaintes.

Variations de contexte

ContexteAdaptation
Catastrophe soudaineStocks prépositionnés, kits standard du cluster, ciblage par zone puis affinement
Crise prolongéeRemplacement cyclique ciblé selon l'état des articles, passage au cash quand les marchés le permettent
CampDistribution par blocs avec la gestion du site, listes communes
VilleCash ou bons privilégiés, distribution en points multiples ou livraison, articles adaptés aux appartements
Gestion à distancePartenaires locaux, vérification par tiers, preuves photo et rapprochements numériques
InsécuritéDistributions courtes, kits sans logos, lieux et dates communiqués au dernier moment par canaux sûrs
Partenaire local à faible capacitéKits livrés par l'organisation chef de file, formation à la gestion de stock et au rapprochement

Questions d'entretien

  1. « Un lot de couvertures arrive sous-spécifié trois semaines avant l'hiver. Que faites-vous ? » Quarantaine, fiche de non-conformité, notification au fournisseur avec délai de remplacement, recherche de solutions de secours (prêt du stock d'un autre partenaire via le cluster, achat local conforme), information transparente au bailleur ; on ne distribue pas un produit dangereux ou inefficace.
  2. « Comment organisez-vous une distribution de 2 000 kits ? » Listes vérifiées, communication préalable, site sûr, flux à sens unique, file prioritaire, équipe mixte, horaires, rapprochement quotidien, mécanisme de plainte, suivi post-distribution.
  3. « Que faites-vous si 30 % des articles sont revendus ? » Comprendre pourquoi (articles inutiles, besoins plus urgents, qualité), adapter le kit ou passer au cash ; ne pas sanctionner les ménages.
  4. « Quelles données rapportez-vous au cluster et comment ? » 4W mensuelle, ménages et personnes sans double comptage, ventilation par sexe, âge et handicap, codes géographiques officiels, planifié, en cours et achevé.
  5. « Comment réduisez-vous les risques d'incendie dans un site en hiver ? » Coupe-feu et espacement avec le CCCM, poêles avec conduits conformes, installation vérifiée, formation des ménages, détecteurs, moyens d'extinction par bloc, suivi des incidents.

Références clés

  • Manuel Sphère 2018, norme sur les articles ménagers et notes d'orientation.
  • Catalogue d'articles de secours de la FICR et du CICR et catalogue des articles de secours du HCR.
  • Catalogue commun des articles de secours des organisations des Nations unies.
  • Global Shelter Cluster : orientations sur l'hivernisation et notes techniques sur les BNA.
  • Norme ISO 2859-1 sur les procédures d'échantillonnage pour les contrôles par attributs.
  • CaLP : orientations sur le suivi post-distribution et les transferts monétaires.
  • IASC : Reference Module for Cluster Coordination at Country Level.
Mise en situation

Les kits qui dorment au marché

Site de déplacés, suivi post-distribution

Votre rôle

Vous représentez votre ONG à la réunion du cluster Abris et BNA.

Le suivi post-distribution montre que 35 % des ustensiles de cuisine et des jerricans ont été revendus au marché voisin. Les ménages disent manquer surtout de bâches pour réparer leurs abris et de cash pour le bois de chauffage.

  1. Décision 1 sur 3Comment interprétez-vous ces résultats ?

  2. Décision 2 sur 3Que proposez-vous au cluster ?

  3. Décision 3 sur 3Comment s'assurer que l'ajustement fonctionne ?

Exercice d'application : préparer une distribution

Vous devez distribuer 2 000 kits BNA dans un site de déplacés de 11 000 personnes, avant l'arrivée de l'hiver. Rédigez un plan d'une page : contenu du kit, contrôle qualité, critères et vérification des listes, organisation du site de distribution, mesures de sécurité et de protection, suivi post-distribution et coordination avec le cluster.

À retenir

  • Kit BNA : couchage, cuisine, eau, éclairage, vêtements, adaptés au climat et à la culture.
  • L'hiver se prépare tôt : isolation, couvertures, poêles sûrs, cash saisonnier.
  • Spécifications FICR et HCR, inspection avant expédition et à la réception.
  • Ciblage transparent, distribution sûre et suivi post-distribution.
  • Global Shelter Cluster : HCR (conflits) et FICR (catastrophes naturelles).

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Pour aller plus loin : références de la formation
  1. Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : Charte humanitaire et normes minimales (chapitre Abris et établissements humains). spherestandards.org/fr/manuel-2018
  2. Global Shelter Cluster (HCR, FICR) (2024). Global Shelter Cluster : stratégie, guides et ressources. sheltercluster.org
  3. Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (2011). PASSA : Participatory Approach for Safe Shelter Awareness. www.ifrc.org
  4. Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, CICR (2024). Emergency Items Catalogue (spécifications des articles de secours). itemscatalogue.redcross.int
  5. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (2024). Emergency Handbook (chapitres abris, établissements et articles ménagers). emergency.unhcr.org
  6. Global Shelter Cluster (2024). Shelter Projects : études de cas de réponses en abris. shelterprojects.org
  7. Comité permanent interorganisations (IASC) (2010). IASC Framework on Durable Solutions for Internally Displaced Persons. interagencystandingcommittee.org

Quiz du jour

3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.

1Au niveau mondial, le Global Shelter Cluster est coprésidé par :
2Un lot de bâches livré présente des déchirures et un grammage inférieur à la spécification. Vous :
3Dans une réponse d'hiver, un risque majeur à maîtriser avec les poêles est :

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