Jour 1 sur 4 · 6 heures · Niveau 1 Débutant

Comprendre la malnutrition en urgence

Objectifs du jour
  • Distinguer malnutrition aiguë, chronique et carences en micronutriments.
  • Expliquer les causes immédiates, sous-jacentes et fondamentales.
  • Connaître les seuils et les indicateurs de la situation nutritionnelle.

1Les formes de malnutrition

La malnutrition regroupe plusieurs réalités. La malnutrition aiguë (émaciation) traduit une perte de poids rapide, souvent liée à une maladie ou à un manque soudain de nourriture : c'est elle qui tue le plus vite en urgence. La malnutrition chronique (retard de croissance) traduit une privation longue : l'enfant est trop petit pour son âge. Les carences en micronutriments (fer, vitamine A, iode, zinc) affaiblissent l'immunité et le développement.

La malnutrition aiguë se divise en malnutrition aiguë modérée (MAM) et malnutrition aiguë sévère (MAS). Un enfant atteint de MAS a un risque de décès environ neuf fois plus élevé qu'un enfant bien nourri. La malnutrition aiguë globale (MAG) additionne MAM et MAS dans une population.

2Les causes : le cadre conceptuel de l'UNICEF

Le cadre de l'UNICEF distingue trois niveaux de causes :

  • Causes immédiates : une alimentation insuffisante et les maladies (diarrhée, rougeole, paludisme, infections respiratoires), qui s'aggravent mutuellement.
  • Causes sous-jacentes : l'insécurité alimentaire des ménages, les pratiques de soins et d'alimentation des enfants, l'accès à l'eau, à l'assainissement et aux services de santé.
  • Causes fondamentales : la pauvreté, les conflits, les déplacements, les inégalités de genre, la gouvernance.

Conséquence pratique : une réponse nutritionnelle efficace est multisectorielle. Traiter sans agir sur l'eau, la santé et l'accès à la nourriture, c'est voir les enfants revenir.

3Mesurer l'état nutritionnel

Trois mesures servent au dépistage et au diagnostic chez l'enfant de 6 à 59 mois :

  • Périmètre brachial (PB ou MUAC), mesuré au milieu du bras gauche avec un ruban coloré : moins de 115 mm = MAS ; de 115 à moins de 125 mm = MAM.
  • Rapport poids-taille exprimé en z-score selon les normes de l'OMS : moins de -3 = MAS ; de -3 à moins de -2 = MAM.
  • Œdèmes bilatéraux prenant le godet : on appuie trois secondes sur le dessus des deux pieds ; si un creux persiste, c'est une MAS, quel que soit le PB.

Le PB est simple, rapide et utilisable par des agents communautaires, et même par les mères formées (approche « PB famille »). Chez la femme enceinte ou allaitante, un PB bas (souvent moins de 230 mm, selon le protocole national) signale un risque.

4Les seuils et la classification de la situation

Les enquêtes anthropométriques donnent la prévalence de la MAG chez les 6-59 mois. Repères couramment utilisés (OMS) : moins de 5 % = acceptable ; 5 à 9,9 % = alerte ; 10 à 14,9 % = grave ; 15 % ou plus = critique. La classification IPC de la malnutrition aiguë (IPC AMN) situe chaque zone de la phase 1 à la phase 5 et guide les priorités.

D'autres indicateurs complètent l'analyse : le taux brut de mortalité et la mortalité des moins de 5 ans, la couverture vaccinale contre la rougeole, les épidémies en cours, les pratiques d'allaitement. Toujours appliquer le protocole national du pays : il prime sur les repères généraux.

Cours approfondi

Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.

5L'anthropométrie de terrain : mesurer juste, pas seulement mesurer

Toute la chaîne de décision nutritionnelle repose sur quelques chiffres : un périmètre brachial, un poids, une taille, un âge, la présence ou non d'œdèmes. Une erreur de 5 mm sur le PB ou de 1 cm sur la taille suffit à faire basculer un enfant d'une catégorie à l'autre, et une erreur systématique de toute une équipe fausse la prévalence d'une enquête entière, donc la classification d'une zone et le volume des financements. La qualité de la mesure n'est pas un détail technique : c'est la première condition de la redevabilité.

Le matériel minimal et son contrôle

MesureMatérielPrécision attendueContrôle
Périmètre brachial (PB)Ruban PB enfant gradué en millimètres (les rubans à trois couleurs sans graduation suffisent pour le dépistage communautaire, pas pour les enquêtes ni l'admission)1 mmRemplacer les rubans usés, étirés ou plastifiés illisibles ; vérifier la graduation contre une règle métallique
PoidsBalance électronique type « mère-enfant » avec fonction tare, ou balance suspendue de type Salter avec culotte de pesée100 gÉtalonnage chaque matin avec un poids de référence connu (par exemple 2 kg et 5 kg) ; écart toléré de 100 g
TailleToise en bois ou en matériau rigide, position couchée (longueur) sous 87 cm ou sous 2 ans, debout au-dessus1 mm, arrondi au 0,1 cmVérifier que la planche est droite et que le curseur glisse sans jeu ; contrôle avec une barre de longueur connue
ÂgeCarte de vaccination ou de naissance ; à défaut, calendrier local des événementsMoisLe calendrier est construit et testé avec les communautés avant la collecte
ŒdèmesPression du poucePrésence et gradeConfirmation par le superviseur de chaque cas déclaré en enquête

La technique pas à pas

  1. Préparer l'enfant et la mère : expliquer ce qui va être fait, retirer les vêtements lourds, chaussures et bijoux. Un enfant qui pleure et se débat donne de mauvaises mesures : on prend le temps.
  2. PB : bras gauche relâché le long du corps. On repère le milieu entre l'acromion (pointe de l'épaule) et l'olécrane (pointe du coude), coude plié à 90 degrés, et on marque ce point. Bras à nouveau relâché, on pose le ruban à ce niveau, ni trop serré (la peau ne doit pas plisser), ni trop lâche. On lit au millimètre près et on annonce le chiffre à voix haute ; l'assistant le répète et l'écrit.
  3. Poids : tare de la balance avec la mère seule, puis mère avec l'enfant dans les bras ; ou culotte de pesée avec la balance suspendue à hauteur des yeux du mesureur. Lecture à 100 g près, enfant immobile.
  4. Taille : deux personnes. En position couchée, l'assistant maintient la tête contre la planche fixe, regard vertical (plan de Francfort), le mesureur maintient les genoux et ramène le curseur contre la plante des pieds. Lecture au millimètre près. Une taille debout mesurée chez un enfant qui aurait dû être couché donne un résultat environ 0,7 cm plus petit : les normes OMS prévoient cette correction, mais il faut noter la position réelle.
  5. Œdèmes : pression ferme du pouce pendant trois secondes sur le dessus des deux pieds. Si le creux persiste des deux côtés, l'œdème est confirmé. On grade ensuite : + pieds seulement ; ++ pieds et jambes, ou mains et avant-bras ; +++ œdèmes généralisés incluant le visage. Le grade +++ et la combinaison œdèmes avec émaciation (souvent appelée kwashiorkor marasmique) relèvent toujours de l'hospitalisation.
  6. Enregistrement immédiat : jamais de mémorisation de plusieurs mesures. Dans les enquêtes sur tablette, le formulaire signale les valeurs aberrantes en temps réel.

La standardisation des mesureurs

Avant toute enquête, et idéalement chaque année pour les équipes de programme, les mesureurs passent un test de standardisation selon la méthode SMART : chaque mesureur mesure deux fois, à distance, un groupe d'une dizaine d'enfants, sans voir ses premières valeurs. On calcule pour chacun l'erreur technique de mesure (précision : écart entre ses deux mesures) et le biais (exactitude : écart par rapport à la moyenne du superviseur ou de l'ensemble du groupe). Le logiciel ENA for SMART fournit un tableau de résultats avec des seuils de classement (bon, acceptable, faible, rejet). Un mesureur qui ne passe pas le test est réentraîné, puis réaffecté à un autre rôle s'il échoue de nouveau.

Règle pratique : le jour où la qualité des mesures se joue, ce n'est pas le jour de la collecte, c'est la journée de formation pratique et de standardisation. Les enquêtes dont le rapport ne présente pas les résultats du test de standardisation sont régulièrement rejetées lors de la validation par le groupe technique.

Lire la qualité des données a posteriori

Le rapport de plausibilité d'ENA for SMART contrôle automatiquement plusieurs critères. Il faut savoir les lire, car un évaluateur ou un coordinateur du cluster les lira à votre place :

  • Valeurs aberrantes (« flags ») : les z-scores poids-taille situés à plus de 3 unités de la moyenne observée de l'échantillon sont exclus de l'analyse selon les critères SMART. Plus de 2,5 % de valeurs exclues signale un problème.
  • Écart-type des z-scores poids-taille : attendu entre environ 0,8 et 1,2. Un écart-type plus large indique en général des erreurs de mesure ou d'âge, et gonfle artificiellement la prévalence.
  • Préférence de chiffres : si les poids se terminent trop souvent par ,0 ou ,5, ou les tailles par ,0, les mesureurs arrondissent. Le score de préférence de chiffres permet de repérer l'équipe concernée.
  • Ratio des sexes et distribution par âge : un déficit d'enfants de 30 à 59 mois suggère une exclusion des plus âgés ou une mauvaise estimation de l'âge.
  • Score global de plausibilité : synthèse pondérée des critères. Un score faible est bon ; au-delà du seuil « problématique », l'enquête ne peut pas être utilisée telle quelle pour la classification.

Le cas particulier de l'âge

Dans beaucoup de contextes de crise, moins de la moitié des enfants ont un document indiquant leur date de naissance. Le calendrier des événements locaux (fêtes religieuses, saisons de pluies, récoltes, élections, inondations, épidémies, arrivée dans le site) est construit avec des informateurs clés, mois par mois sur cinq ans, puis testé. L'âge sert à vérifier l'éligibilité (6 à 59 mois) et à calculer les indices taille-âge et poids-âge ; le rapport poids-taille, lui, ne dépend pas de l'âge, ce qui le rend robuste pour mesurer la malnutrition aiguë. En l'absence de tout repère, on utilise souvent une taille de 65 à 110 cm comme critère d'inclusion de substitution.

6Mener une analyse causale de la malnutrition dans une zone

Le cadre conceptuel de l'UNICEF (dans sa version actualisée de 2020, qui insiste sur les déterminants favorables à une bonne nutrition et pas seulement sur les causes du mal) indique où chercher, mais ne dit pas ce qui pèse le plus dans une zone donnée. Or un programme qui traite la malnutrition sans connaître ses causes locales dominantes traitera les mêmes enfants année après année. L'analyse causale répond à une question simple : dans ce contexte, quels facteurs expliquent le plus la malnutrition aiguë, et lesquels sont modifiables ?

Les méthodes disponibles

MéthodeDuréeQuand l'utiliserLimites
Analyse causale rapide par atelier (revue de données secondaires et dire d'experts)1 à 2 semainesPhase aiguë, préparation d'une proposition, mise à jour d'un plan de réponseDépend de la qualité des données existantes ; risque de confirmer les idées reçues
Analyse causale de type Link NCA (méthode développée par Action contre la Faim)3 à 4 moisCrise prolongée, malnutrition récurrente, conception d'une stratégie pluriannuelleCoût, besoin de compétences en analyse qualitative et quantitative
Analyse de facteurs de risque à partir d'une enquête (régressions sur données SMART enrichies)Selon l'enquêteQuand une enquête intégrée est prévue avec modules eau, alimentation, santéAssociations statistiques, pas forcément causales ; tailles d'échantillon souvent trop faibles
Contributions à l'analyse IPC AMN (facteurs contributifs)Cycle IPCToute zone couverte par l'IPCNiveau de la zone, peu de détail sur les mécanismes au niveau des ménages

Les étapes d'une analyse causale rapide

  1. Formuler la question : population, zone, période. Par exemple, « pourquoi la MAG des enfants de 6 à 59 mois du district reste-t-elle au-dessus de 12 % depuis quatre ans, avec un pic en août ? »
  2. Revue des données secondaires : enquêtes SMART des cinq dernières années, données d'admissions mensuelles des programmes (qui montrent la saisonnalité), enquêtes de sécurité alimentaire (score de consommation alimentaire, indice des stratégies d'adaptation), données de santé (paludisme, diarrhée, rougeole), données eau et assainissement, enquêtes démographiques et de santé, études anthropologiques sur les pratiques de soins.
  3. Construire les hypothèses : une liste de facteurs de risque possibles, classés par niveau (immédiat, sous-jacent, fondamental) et par secteur.
  4. Collecte complémentaire ciblée : groupes de discussion séparés (mères, pères, grands-mères, accoucheuses, leaders), entretiens avec le personnel de santé, observation des pratiques d'alimentation et d'hygiène. Pas de nouvelle enquête lourde si les données existent.
  5. Atelier de pondération : avec les services techniques, le cluster et des représentants communautaires, chaque hypothèse est notée selon la force des preuves et l'importance perçue. On aboutit à une hiérarchie : facteurs majeurs, importants, mineurs ou non confirmés.
  6. Restitution et recommandations : par secteur, avec des leviers concrets, et validation par les autorités sanitaires.

Grille de facteurs à examiner

DomaineFacteurs à vérifierSources typiques
Santé et maladiesIncidence de la diarrhée, du paludisme, des infections respiratoires ; épidémies de rougeole ou de choléra ; couverture vaccinale ; accès financier et géographique aux soinsSystème d'information sanitaire, enquêtes de couverture, rapports épidémiologiques
Alimentation du nourrisson et du jeune enfantMise au sein précoce, allaitement exclusif, introduction des aliments de complément, diversité alimentaire minimale, fréquence des repasEnquêtes ANJE, modules ajoutés aux enquêtes SMART, groupes de discussion
Sécurité alimentaireDisponibilité, accès (prix, revenus), saisonnalité, stratégies d'adaptation néfastesAnalyses IPC insécurité alimentaire aiguë, suivi des marchés, évaluations de sécurité alimentaire
Eau, hygiène et assainissementQuantité d'eau par personne, qualité, lavage des mains aux moments clés, défécation à l'air libre, hygiène alimentaireÉvaluations WASH, enquêtes de connaissances et pratiques
Soins et charge de travail des femmesTemps disponible pour l'enfant, travail agricole, garde par des enfants plus âgés, santé mentale maternelleÉtudes qualitatives, calendriers saisonniers
Santé et nutrition des femmesGrossesses rapprochées, petit poids de naissance, PB bas des femmes enceintes et allaitantes, anémieDonnées de consultation prénatale, enquêtes démographiques et de santé
Facteurs fondamentauxDéplacements, insécurité, normes de genre, pauvreté, gouvernance du système de santéAnalyses de contexte, analyses de protection, aperçu des besoins humanitaires

Une analyse causale utile se termine par une phrase de priorisation défendable, par exemple : « Dans les communes du nord, les pics de malnutrition aiguë suivent de quatre à six semaines les pics de paludisme et de diarrhée, et coïncident avec la période où les mères partent aux champs ; l'insécurité alimentaire joue un rôle aggravant mais secondaire. » C'est cette phrase qui doit orienter la répartition du budget entre traitement, santé, WASH et sécurité alimentaire.

La saisonnalité, un outil d'analyse sous-utilisé

Tracer sur un même graphique, sur trois à cinq ans, les admissions mensuelles en PTA, les cas de paludisme et de diarrhée, les prix des céréales et le calendrier agricole révèle presque toujours une structure. Dans les zones sahéliennes, le pic d'admissions se situe typiquement entre juillet et octobre, pendant la soudure et la saison des pluies. Les enquêtes réalisées après la récolte sous-estiment donc la charge annuelle : c'est l'une des raisons pour lesquelles le calcul des besoins utilise un facteur d'incidence et non la seule prévalence ponctuelle.

7Exemple complet : lire et interpréter les résultats d'une enquête dans le district de Wadi-Sora

Contexte fictif : le district de Wadi-Sora (environ 186 000 habitants) a accueilli depuis huit mois près de 40 000 personnes déplacées par un conflit armé, réparties entre deux sites et des familles d'accueil. Une enquête SMART a été conduite en septembre par une ONG nationale, « Santé pour Tous Wadi », avec l'appui technique du cluster. Vous êtes nutritionniste chargé de rédiger l'interprétation pour la réunion du groupe technique.

Étape 1 : vérifier la qualité avant de lire les résultats

CritèreRésultatLecture
Ménages enquêtés / prévus612 / 640 (95,6 %)Taux de réponse satisfaisant
Enfants de 6 à 59 mois mesurés587Conforme à la taille d'échantillon calculée (560 + marge)
Valeurs exclues (critères SMART)1,0 %Acceptable
Écart-type poids-taille1,04Dans la fourchette attendue
Ratio garçons / filles1,06Pas de biais de sélection apparent
Âge documenté par carte34 %Faible, mais calendrier des événements utilisé ; sans conséquence sur le poids-taille
Score global de plausibilité9 %Bonne qualité

Conclusion de l'étape : les données sont exploitables. On peut maintenant lire les prévalences.

Étape 2 : les résultats anthropométriques

Indicateur (6-59 mois)PrévalenceIntervalle de confiance à 95 %
MAG selon le poids-taille (< -2 z-score et/ou œdèmes)14,3 %11,6 - 17,5 %
MAS selon le poids-taille (< -3 z-score et/ou œdèmes)3,2 %2,0 - 5,0 %
Œdèmes bilatéraux0,3 %-
MAG selon le PB (< 125 mm et/ou œdèmes)8,9 %6,8 - 11,5 %
MAS selon le PB (< 115 mm et/ou œdèmes)2,1 %1,2 - 3,6 %
Malnutrition chronique (taille-âge < -2)38,6 %34,2 - 43,1 %

Lecture. La MAG de 14,3 % se situe dans la catégorie « grave » des repères OMS couramment utilisés (10 à 14,9 %), et dans la catégorie « élevée » de la classification de prévalence publiée par l'OMS et l'UNICEF en 2018 pour l'émaciation (moins de 2,5 % très faible, 2,5 à moins de 5 % faible, 5 à moins de 10 % moyenne, 10 à moins de 15 % élevée, 15 % ou plus très élevée), juste sous la limite de la catégorie « très élevée ». Mais l'intervalle de confiance va jusqu'à 17,5 % : on ne peut pas exclure une situation critique. Une interprétation honnête l'écrit explicitement. La différence entre les prévalences par PB et par poids-taille est fréquente : les deux indicateurs ne repèrent pas les mêmes enfants (le PB sélectionne davantage les plus jeunes et les filles, le poids-taille davantage les enfants à morphologie longiligne). On les présente toujours séparément, sans les additionner ni les substituer.

Étape 3 : la mortalité

Le module mortalité rétrospective couvre une période de rappel de 92 jours. Calcul du taux brut de mortalité (TBM) : décès / (population moyenne de la période × jours de rappel) × 10 000.

DonnéeEnsembleMoins de 5 ans
Population moyenne des ménages enquêtés sur la période3 940812
Décès pendant la période de rappel3415
Taux calculé (décès / 10 000 / jour)34 / (3 940 × 92) × 10 000 = 0,9415 / (812 × 92) × 10 000 = 2,01
Seuil d'urgence de référence1 / 10 000 / jour2 / 10 000 / jour

Lecture. Le manuel Sphère recommande de comparer la mortalité au niveau de référence du pays ou de la région : un doublement du taux de base signale une urgence. Quand le taux de base est inconnu, on utilise les seuils de 1 décès pour 10 000 personnes par jour (TBM) et de 2 pour 10 000 enfants de moins de 5 ans par jour. Ici, le TBM est proche du seuil et la mortalité des moins de 5 ans l'atteint. L'enquête indique en outre que 9 des 15 décès d'enfants sont attribués par les familles à « la fièvre » et à « la diarrhée » : la piste sanitaire est prioritaire.

Étape 4 : les facteurs aggravants

  • Couverture vaccinale rougeole (9-59 mois, carte ou déclaration) : 61 %, loin des 95 % visés par Sphère pour les enfants de 6 mois à 15 ans en contexte de crise.
  • Diarrhée dans les deux semaines précédentes : 31 % des enfants.
  • Eau : 9 litres par personne et par jour dans le site principal, contre 15 litres comme repère Sphère.
  • Score de consommation alimentaire « pauvre » : 27 % des ménages déplacés, 11 % des ménages hôtes.
  • Allaitement exclusif des moins de 6 mois : 41 % (petit échantillon, à interpréter avec prudence).

Étape 5 : la conclusion rédigée pour le groupe technique

La situation nutritionnelle de Wadi-Sora est grave, avec un risque réel de basculer dans une situation critique (MAG 14,3 %, IC 11,6 - 17,5 %), et s'accompagne d'une mortalité des moins de 5 ans au seuil d'urgence. Les facteurs aggravants dominants sont sanitaires (diarrhée, fièvre, faible couverture rougeole) et liés à l'eau, sur fond d'insécurité alimentaire des ménages déplacés. Recommandations : extension immédiate du dépistage et de la prise en charge de la MAS et de la MAM, campagne de vaccination rougeole avec vitamine A, augmentation urgente de l'approvisionnement en eau, ration ou transferts ciblés pour les ménages déplacés, surveillance mensuelle des admissions et nouvelle enquête dans six mois, avant le pic saisonnier.

Étape 6 : ce qu'il ne fallait pas écrire

  • « La MAG est de 14,3 %, la situation n'est donc pas critique » : c'est ignorer l'intervalle de confiance et la mortalité.
  • « La MAG combinée (PB + poids-taille) est de 17 % » : sans définition validée par le protocole national et le groupe technique, une prévalence combinée ne peut pas être comparée aux seuils classiques.
  • « La malnutrition chronique de 38,6 % prouve l'urgence » : le retard de croissance traduit une privation longue ; il est grave, mais il ne mesure pas l'urgence aiguë et ne se traite pas avec l'ATPE.

8Au-delà des 6-59 mois : nourrissons, femmes, personnes âgées et carences en micronutriments

Les enquêtes et les programmes se concentrent historiquement sur les enfants de 6 à 59 mois, parce que les seuils, les outils et les produits ont été conçus pour eux. Mais une analyse nutritionnelle complète en urgence doit aussi regarder les groupes qui restent invisibles dans les chiffres standards.

Les nourrissons de moins de 6 mois

Le PB n'est pas validé de façon standard sous 6 mois et les ATPE ne conviennent pas aux nourrissons. Pourtant, ce groupe présente une mortalité élevée en crise, notamment en cas d'arrêt de l'allaitement. La ligne directrice de l'OMS de 2023 sur la prévention et la prise en charge de l'émaciation et des œdèmes nutritionnels chez les nourrissons et les enfants de moins de 5 ans élargit la notion de nourrisson « à risque » : faible poids pour l'âge, perte de poids, difficultés d'allaitement, maladie, mère malade ou absente. L'approche dite MAMI (prise en charge des petits nourrissons vulnérables et de leur mère), portée notamment par l'ENN et la LSHTM, propose un parcours de soins centré sur le couple mère-enfant.

  • À évaluer : capacité d'allaitement (prise du sein, succion, fréquence), poids et évolution du poids, signes cliniques de danger, santé physique et mentale de la mère.
  • Orientation : hospitalisation en cas de signe de danger ou de perte de poids importante ; sinon, soutien ambulatoire à l'allaitement avec suivi rapproché du poids.
  • À ne pas faire : appliquer les critères des 6-59 mois, donner de l'ATPE, distribuer du lait infantile sans évaluation individuelle.

Les femmes enceintes et allaitantes

Il n'existe pas de seuil international unique de PB pour définir la malnutrition aiguë chez la femme enceinte ou allaitante. Les protocoles nationaux utilisent le plus souvent un PB inférieur à 230 mm, parfois 210 ou 220 mm selon les pays et les populations. Le PB est préféré au poids pendant la grossesse car il varie peu avec celle-ci. La malnutrition maternelle a des conséquences directes sur le petit poids de naissance, donc sur la mortalité néonatale et la malnutrition des nourrissons. En urgence, l'analyse inclut au minimum la proportion de femmes enceintes et allaitantes avec un PB bas, la couverture de la consultation prénatale et de la supplémentation en fer et acide folique.

Les adolescents, les adultes et les personnes âgées

  • Adultes : indice de masse corporelle (IMC), avec des seuils couramment utilisés de moins de 16 pour la malnutrition sévère et de 16 à moins de 17 pour la malnutrition modérée ; le PB est souvent utilisé en dépistage, avec des seuils variables selon les protocoles (par exemple moins de 185 mm pour une forme sévère chez l'adulte non enceinte).
  • Adolescents : IMC pour l'âge en z-score selon les références OMS.
  • Personnes âgées : peu de seuils validés ; l'évaluation est clinique et fonctionnelle (perte de poids récente, mobilité, capacité à préparer et à manger les rations, dentition). Les rations sèches distribuées sans adaptation sont souvent inutilisables pour elles.
  • Personnes vivant avec le VIH ou la tuberculose : besoins énergétiques accrus, protocoles nationaux spécifiques, lien étroit avec les programmes de traitement.

Les carences en micronutriments en situation de crise

Dans les populations qui dépendent durablement d'une ration alimentaire limitée (camps de réfugiés notamment), des maladies de carence que l'on croyait disparues réapparaissent. Les épidémies documentées de scorbut, de pellagre et de béribéri dans des camps en Afrique de l'Est et en Asie en témoignent.

CarenceSignes à rechercherContextes à risqueRéponse
Vitamine AHéméralopie (cécité nocturne), taches de Bitot, xérophtalmie ; aggravation de la rougeoleFaible consommation de produits animaux et de légumes colorés, rougeoleSupplémentation des 6-59 mois tous les 4 à 6 mois ; traitement en cas de signes oculaires ou de rougeole
Fer (anémie)Pâleur, fatigue ; mesure de l'hémoglobinePaludisme, parasitoses, grossesses rapprochéesFer et acide folique pour les femmes enceintes, déparasitage, prévention du paludisme
Vitamine C (scorbut)Gencives gonflées et saignantes, douleurs articulairesRations sans produits frais pendant plusieurs moisAliments enrichis, produits frais, supplémentation
Niacine (pellagre)Dermatite symétrique sur les zones exposées au soleil, diarrhée, troubles mentauxRégime à base de maïs non traitéDiversification de la ration, céréales enrichies
Thiamine (béribéri)Œdèmes, insuffisance cardiaque, atteintes neurologiques ; mort subite du nourrisson allaité par une mère carencéeRégime à base de riz blanc poliSupplémentation, riz étuvé ou enrichi
IodeGoitre, troubles du développementZones éloignées des côtes, sel non iodéSel iodé dans la ration

Pour l'anémie, l'OMS qualifie l'importance de santé publique selon la prévalence : moins de 5 % sans importance, 5 à 19,9 % légère, 20 à 39,9 % modérée, 40 % ou plus sévère. Sphère rappelle qu'une prévalence d'anémie élevée chez les enfants ou les femmes est un signal d'alerte qui doit déclencher une réponse multisectorielle.

Un rapport d'analyse qui ne parle que de la MAG des 6-59 mois est incomplet. Les relecteurs du groupe technique et les bailleurs attendent au minimum une mention des nourrissons de moins de 6 mois, des femmes enceintes et allaitantes, et des risques de carences liés à la composition de la ration.

9Erreurs fréquentes, variations de contexte et ce que regardent les bailleurs

Les erreurs les plus fréquentes sur le terrain

ErreurConséquenceComment l'éviter
Rubans PB et balances non contrôlés, mesureurs non standardisésFaux positifs ou faux négatifs en masse ; prévalence biaiséeContrôle quotidien du matériel, test de standardisation, supervision avec remesure d'un échantillon d'enfants
Comparer des prévalences issues de dépistages exhaustifs par PB avec des enquêtes SMARTConclusions erronées sur l'évolution de la situationNe comparer que des données de même méthode, même indicateur, même saison
Présenter une prévalence sans intervalle de confianceSurinterprétation de différences non significatives entre zones ou annéesToujours publier l'intervalle de confiance et tester la différence avant de parler d'« amélioration » ou de « dégradation »
Additionner MAG par PB et MAG par poids-taille sans cadre validéPrévalence incomparable aux seuilsPrésenter séparément ; utiliser la définition combinée seulement si le pays et le cluster l'ont adoptée
Enquêter au mauvais moment de l'annéeSous-estimation de la charge annuellePlanifier les enquêtes en fonction du calendrier saisonnier ; utiliser les données d'admission pour la tendance
Oublier la mortalitéSituation jugée « grave » alors que les enfants meurent au-dessus du seuil d'urgenceInclure systématiquement un module mortalité rétrospective
Ignorer les données des autres secteursRéponse purement curativeAnalyse causale minimale avec santé, WASH et sécurité alimentaire

Variations selon le contexte

  • Crise soudaine (déplacement massif, inondation) : pas le temps d'une enquête SMART dans les premières semaines. On utilise un dépistage exhaustif ou rapide par PB à l'arrivée ou à l'enregistrement, les données des centres de santé et les évaluations multisectorielles initiales rapides. On qualifie la situation comme « probable » et on planifie une enquête dès que l'accès et la stabilité le permettent, en général dans les deux à trois mois.
  • Crise prolongée : enquêtes annuelles ou semestrielles, systèmes de surveillance nutritionnelle (sites sentinelles), analyses causales approfondies. Le risque principal est la normalisation de prévalences élevées : une MAG de 12 % depuis dix ans reste une situation grave.
  • Camp : population connue et accessible, enquêtes plus simples (échantillonnage systématique possible si la cartographie des abris existe), dépistage exhaustif réaliste. Le HCR utilise pour les camps de réfugiés ses enquêtes SENS (enquêtes nutritionnelles standardisées et élargies), qui intègrent anémie, ANJE, couverture et sécurité alimentaire.
  • Zone urbaine : populations dispersées, mobiles, mêlées aux résidents ; listes de ménages rarement disponibles. Les déplacés urbains sont souvent sous-représentés dans les enquêtes. On recourt à des méthodes d'échantillonnage spatial ou à des enquêtes ciblées par quartier.
  • Accès limité et gestion à distance : enquêtes conduites par des équipes locales formées à distance, contrôle de qualité renforcé par tablettes avec coordonnées GPS, horodatage et remontée quotidienne des données ; lecture quotidienne du rapport de plausibilité par le superviseur à distance.
  • Insécurité : les grappes inaccessibles doivent être documentées et remplacées selon une règle définie à l'avance, et le rapport doit préciser quelle population n'est pas représentée. Une enquête qui exclut silencieusement les zones les plus touchées sous-estime la gravité.
  • Partenaire local à faible capacité : accompagner plutôt que se substituer. Formation, standardisation et analyse conduites ensemble, avec un appui technique du cluster ou d'un partenaire international, et signature conjointe du rapport.

Ce que regardent les bailleurs, les évaluateurs et les groupes techniques

  • La source et la date des données de prévalence citées dans une proposition, et leur validation par le groupe technique ou le cluster. ECHO et BHA demandent explicitement que l'analyse des besoins s'appuie sur des données récentes et reconnues.
  • La cohérence entre l'analyse des besoins, l'aperçu des besoins humanitaires du pays et la classification IPC.
  • L'existence d'une analyse causale et la manière dont elle justifie la combinaison d'activités proposée.
  • La prise en compte des groupes vulnérables au-delà des 6-59 mois et la ventilation des données par sexe et âge, exigée par la plupart des bailleurs.
  • Le respect du protocole national et des seuils adoptés par le pays.
  • La protection des données : pas de listes nominatives d'enfants dans les annexes, pas de photos identifiables.

10Questions d'entretien et références clés

Les entretiens pour des postes de nutritionniste, de responsable de programme nutrition ou de chargé d'information du cluster comportent presque toujours une partie technique sur la mesure et l'analyse. Voici des questions fréquentes et les éléments d'une réponse solide.

1. « Une enquête donne une MAG de 9 % par PB et de 15 % par poids-taille dans la même population. Comment l'expliquez-vous et laquelle retenez-vous ? »

Une bonne réponse explique que les deux indicateurs identifient des populations d'enfants partiellement différentes (âge, sexe, morphologie), qu'aucun n'est « faux », que la classification de la situation utilise la prévalence par poids-taille selon les seuils de référence, tandis que les programmes admettent selon les deux critères ou selon le PB seul si le protocole national le prévoit. Elle mentionne l'importance de vérifier d'abord la qualité des données (écart-type, valeurs exclues) avant d'interpréter l'écart.

2. « Comment vous assurez-vous de la qualité d'une enquête anthropométrique ? »

Le candidat cite le calcul de la taille d'échantillon, la formation pratique de plusieurs jours, le test de standardisation, le calendrier des événements, le contrôle quotidien du matériel, la supervision avec remesure, la lecture quotidienne du rapport de plausibilité et la validation finale par le groupe technique. Il donne des seuils précis (écart-type, pourcentage de valeurs exclues).

3. « Calculez le taux de mortalité des moins de 5 ans : 1 200 enfants, 18 décès, rappel de 90 jours. Que concluez-vous ? »

Réponse attendue : 18 / (1 200 × 90) × 10 000 = 1,67 décès pour 10 000 par jour. Ce taux est sous le seuil de 2 utilisé quand le niveau de base est inconnu, mais il faut le comparer au taux de base du pays : s'il est le double de celui-ci, la situation est une urgence. Un bon candidat rappelle aussi la largeur de l'intervalle de confiance avec un petit nombre de décès.

4. « Pourquoi une analyse causale avant de concevoir un programme ? Donnez un exemple. »

Le candidat montre qu'il a vu une analyse modifier une stratégie : par exemple, la découverte que les pics de malnutrition suivaient les pics de paludisme a conduit à intégrer la distribution de moustiquaires et le traitement communautaire du paludisme dans le programme nutrition. Il cite une méthode (atelier rapide, Link NCA) et la notion de facteurs modifiables.

5. « Vous suspectez une épidémie de scorbut dans un camp. Que faites-vous ? »

Confirmation clinique par un médecin, définition de cas, recherche active, notification au ministère et au cluster Santé et Nutrition, analyse de la composition de la ration avec le PAM et le HCR, traitement des cas, ajout d'aliments riches en vitamine C ou d'aliments enrichis, suivi de l'évolution.

6. « Votre directeur veut publier une MAG de 16 % issue d'un dépistage de masse pour lever des fonds. Que répondez-vous ? »

Elle explique qu'un dépistage n'est pas une enquête représentative, qu'il ne peut pas être comparé aux seuils de classification, que la publication sans validation par le groupe technique nuirait à la crédibilité de l'organisation auprès du cluster et des bailleurs, et propose d'utiliser les données comme signal d'alerte pour demander une enquête ou une analyse IPC.

Références clés

  • Manuel Sphère (2018), chapitre Sécurité alimentaire et nutrition, notamment les standards sur l'évaluation de la sécurité alimentaire et de la nutrition : Association Sphère.
  • Normes de croissance de l'enfant de l'OMS (2006) et cadre de classification de la prévalence de la malnutrition publié par l'OMS et l'UNICEF (2018).
  • Ligne directrice de l'OMS sur la prévention et la prise en charge de l'émaciation et des œdèmes nutritionnels chez les nourrissons et les enfants de moins de 5 ans (2023).
  • Manuel de la méthodologie SMART et logiciel ENA for SMART : initiative SMART, Action contre la Faim Canada.
  • Manuel technique de l'IPC (version en vigueur), volet malnutrition aiguë : partenariat mondial de l'IPC.
  • Cadre conceptuel des déterminants de la nutrition maternelle et infantile (2020) : UNICEF.
  • Guide de la méthode Link NCA : Action contre la Faim.
  • Lignes directrices des enquêtes SENS : HCR.
  • Outils et ressources MAMI : Emergency Nutrition Network (ENN) et London School of Hygiene and Tropical Medicine.
  • Documents de référence de l'OMS sur l'évaluation de l'anémie et des carences en micronutriments, et documents sur le scorbut, la pellagre et le béribéri en situation d'urgence (OMS, HCR).
Mise en situation

Le ruban qui change tout

Site de déplacés, distribution alimentaire

Votre rôle

Vous êtes agent de santé communautaire et dépistez les enfants pendant la distribution.

Une mère vous apporte son fils de 2 ans, fatigué. Le ruban PB indique 113 mm. Elle dit qu'il ne mange plus depuis deux jours et qu'il vomit tout.

  1. Décision 1 sur 3Comment classez-vous l'enfant ?

  2. Décision 2 sur 3Où l'orientez-vous ?

  3. Décision 3 sur 3La mère hésite : elle a trois autres enfants à la maison. Vous :

Exercice d'application : lire une enquête

Une enquête SMART dans un camp donne : MAG 16,2 %, MAS 3,1 %, taux de mortalité des moins de 5 ans 1,8 décès pour 10 000 par jour, couverture rougeole 58 %. Classez la situation, identifiez les trois risques principaux et proposez trois actions immédiates, en précisant quels autres secteurs doivent être mobilisés.

À retenir

  • Malnutrition aiguë (MAM, MAS), chronique et carences en micronutriments.
  • Causes immédiates, sous-jacentes et fondamentales : la réponse est multisectorielle.
  • PB < 115 mm, poids-taille < -3 z-score ou œdèmes bilatéraux = MAS.
  • MAG ≥ 15 % = situation critique ; l'IPC AMN classe les zones de 1 à 5.
  • Le protocole national prime toujours.

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Pour aller plus loin : références de la formation
  1. Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : Charte humanitaire et normes minimales (chapitre Sécurité alimentaire et nutrition). spherestandards.org/fr/manuel-2018
  2. Organisation mondiale de la Santé (2013). Guideline: updates on the management of severe acute malnutrition in infants and children. www.who.int/publications/i/item/9789241506328
  3. IFE Core Group (2017). Infant and Young Child Feeding in Emergencies: Operational Guidance. www.ennonline.net/operationalguidance-v3-2017
  4. Action contre la Faim Canada, SMART (2017). SMART Methodology Manual. smartmethodology.org
  5. UNICEF, Global Nutrition Cluster (2024). Global Nutrition Cluster. www.nutritioncluster.net

Quiz du jour

3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.

1Un enfant de 2 ans a un PB de 110 mm sans œdèmes. Il présente :
2Les œdèmes bilatéraux prenant le godet signifient :
3Une prévalence de MAG de 16 % correspond à une situation :

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