- Comprendre le rôle et les limites du secouriste.
- Sécuriser la scène et se protéger des infections.
- Faire le bilan d'une victime et transmettre une alerte complète.
1Le rôle du secouriste : protéger, alerter, secourir
Les premiers secours sont les gestes réalisés par une personne présente, avec peu ou pas de matériel, en attendant une aide médicale. Ils visent trois buts : préserver la vie, empêcher l'aggravation et favoriser le rétablissement.
La démarche tient en trois mots : protéger (soi-même, la victime et les témoins), alerter (les secours ou la structure de santé la plus proche, selon le plan médical de l'organisation) et secourir (les gestes adaptés, dans les limites de sa formation).
En contexte humanitaire, l'aide médicale peut être à plusieurs heures de route. Le secouriste doit donc savoir surveiller longtemps une victime, et connaître le plan d'évacuation médicale (MEDEVAC) de son organisation : qui appeler, quel véhicule, quelle structure de santé, à quelle distance.
2Sécuriser la scène et se protéger
Avant de toucher une victime, regardez autour de vous : circulation, feu, fils électriques, bâtiment instable, foule hostile, risque d'une seconde explosion après une première. Un secouriste blessé devient une victime de plus. Si le danger ne peut pas être supprimé, et seulement si c'est possible sans risque, on dégage la victime ; sinon, on attend les moyens adaptés.
- Portez des gants dès qu'il y a du sang ou des liquides biologiques ; à défaut, un sac plastique propre.
- Lavez-vous les mains avant et après, ou utilisez une solution hydroalcoolique.
- En cas de contact du sang de la victime avec une plaie ou une muqueuse, ou de piqûre : lavez, puis consultez immédiatement pour une éventuelle prophylaxie post-exposition (à débuter le plus tôt possible, au plus tard dans les 72 heures).
3Le bilan : réponse, voies aériennes, respiration
Le bilan suit un ordre fixe, qui traite d'abord ce qui tue le plus vite.
- Réponse : parlez fort, touchez les épaules. « Vous m'entendez ? Ouvrez les yeux. »
- Hémorragie massive : un saignement abondant visible se traite immédiatement, avant tout le reste.
- Voies aériennes : chez une victime qui ne répond pas, basculez doucement la tête en arrière et élevez le menton.
- Respiration : regardez, écoutez et sentez pendant 10 secondes au plus. Des « gasps » (respirations rares et bruyantes) ne sont pas une respiration normale.
Si la victime ne respire pas normalement : faites alerter, faites chercher un défibrillateur et commencez la réanimation (jour 2). Si elle respire : position latérale de sécurité, puis bilan complet de la tête aux pieds (plaies, douleurs, déformations) et surveillance.
4Alerter : un message clair et complet
L'alerte dépend du contexte : numéro d'urgence national s'il existe et fonctionne, sinon le point focal médical ou sécurité de l'organisation, la structure de santé de référence ou le Croissant-Rouge ou la Croix-Rouge locale. Ces numéros doivent figurer dans chaque véhicule et dans le plan de sécurité.
Le message suit toujours le même ordre :
- Où : lieu précis, repères, coordonnées GPS si possible.
- Quoi : nature de l'accident ou du malaise, nombre de victimes.
- État : réponse, respiration, saignement, gestes déjà faits.
- Qui : votre nom et un numéro pour vous rappeler. Ne raccrochez qu'à la demande de votre interlocuteur.
Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.
5Le cadre professionnel : standards, devoir de diligence et limites du secouriste
Ce cours en ligne apporte les connaissances, la méthode et le raisonnement. Il ne remplace en aucun cas une formation pratique certifiée de premiers secours, avec mise en situation et entraînement sur mannequin, dispensée par une Société nationale de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge ou par un organisme agréé dans votre pays. Les gestes s'apprennent avec les mains, sous le regard d'un formateur, et s'entretiennent par des recyclages réguliers.
Les premiers secours ne sont pas une version réduite de la médecine d'urgence : ils constituent une discipline à part entière, avec ses propres recommandations fondées sur les preuves. La référence internationale pour le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est constituée par les Lignes directrices internationales de premiers secours, de réanimation et d'éducation publiées par la Fédération internationale (FICR) en 2020. Elles s'appuient sur les revues systématiques de l'ILCOR (International Liaison Committee on Resuscitation), qui publie chaque année ses consensus scientifiques. En Europe, le Conseil européen de réanimation (ERC) traduit ces consensus en recommandations, dont la dernière édition complète date de 2021 et comporte un chapitre consacré aux premiers secours. Les recommandations nationales (par exemple celles d'un ministère de la santé ou d'une Société nationale) peuvent adapter ces textes au contexte local : en cas de divergence, le secouriste suit le protocole sur lequel il a été formé et certifié.
Ce que la FICR entend par premiers secours
Les lignes directrices de 2020 définissent les premiers secours comme l'aide immédiate apportée à une personne malade ou blessée jusqu'à l'arrivée d'une aide professionnelle, et y incluent explicitement la dimension psychologique et l'auto-assistance. Elles insistent sur trois principes qui structurent toute cette formation :
- Les preuves d'abord : un geste n'est enseigné que s'il est utile et sans danger. Des gestes autrefois répandus (points de compression à distance, surélévation systématique d'un membre qui saigne, collier cervical posé par un secouriste, aspiration d'une morsure) ne figurent plus dans les recommandations, faute de bénéfice démontré ou en raison d'un risque.
- L'adaptation au contexte : les lignes directrices reconnaissent que les secours professionnels peuvent être lointains, que le matériel peut manquer et que les risques de la scène peuvent être élevés. Elles distinguent ce qui est recommandé partout de ce qui dépend des ressources disponibles.
- L'éducation comme intervention : la compétence décline rapidement après une formation si elle n'est pas entretenue. Les recyclages courts et fréquents sont plus efficaces que de longues formations espacées de plusieurs années.
Le devoir de diligence de l'organisation
Pour une organisation humanitaire, la capacité de premiers secours relève du devoir de diligence (duty of care) envers son personnel et, dans de nombreux cas, envers les personnes qu'elle assiste sur ses sites. La Norme humanitaire fondamentale (CHS), dans son engagement 8, demande que le personnel soit soutenu et que sa sécurité et son bien-être soient pris en compte. Les guides du Global Interagency Security Forum (GISF) sur la gestion des risques de sécurité intègrent le plan médical et l'évacuation sanitaire au plan de sécurité. Concrètement, un auditeur ou un responsable sécurité vérifiera :
- qu'il existe un plan médical par base, à jour, connu des équipes ;
- que le nombre de secouristes formés est suffisant pour que chaque déplacement et chaque site ait au moins une personne formée présente (la législation du travail de certains pays fixe un ratio ; à défaut, l'organisation le définit selon le risque) ;
- que les certificats sont valides et que les recyclages sont planifiés selon la périodicité fixée par l'organisme certificateur ;
- que les trousses sont complètes, contrôlées et réapprovisionnées après usage ;
- que chaque incident médical fait l'objet d'un rapport et d'un retour d'expérience.
Les limites du secouriste
Le secouriste agit dans les limites de sa formation. Il ne pose pas de diagnostic, ne prescrit pas, n'administre pas de médicament sauf ceux que son protocole autorise explicitement (par exemple aider une personne à utiliser son propre auto-injecteur d'adrénaline ou à prendre du sucre en cas d'hypoglycémie). Il recueille le consentement de la victime consciente : une personne capable de décider peut refuser l'aide, et ce refus est respecté, expliqué, et consigné avec un témoin si possible. Chez une victime inconsciente, le consentement est présumé. Pour un mineur, on recherche le parent ou l'adulte responsable sans retarder un geste vital.
Le cadre juridique de l'intervention d'un témoin varie d'un pays à l'autre : certains pays imposent une obligation de porter secours, d'autres protègent explicitement le secouriste de bonne foi. L'organisation doit connaître la règle du pays d'intervention et l'intégrer dans son briefing. Dans tous les cas, un geste conforme à la formation reçue et réalisé de bonne foi est la meilleure protection.
Règle de conduite : faire ce que l'on a appris, ne pas faire ce que l'on ne maîtrise pas, et ne jamais retarder l'alerte pour faire un geste secondaire.
Neutralité et non-discrimination
En contexte de conflit, le secouriste d'une organisation humanitaire porte secours selon la seule urgence médicale, sans distinction d'appartenance, d'ethnie, de religion ou de camp. Ce principe, issu du droit international humanitaire et des Principes fondamentaux du Mouvement, est aussi une condition de sécurité : une équipe perçue comme partiale devient une cible. Il s'applique au triage (jour 4) comme au simple bilan.
6Le bilan complet pas à pas : primaire, secondaire et surveillance
Le bilan présenté dans les sections précédentes (réponse, hémorragie massive, voies aériennes, respiration) constitue le bilan primaire : il cherche ce qui tue en quelques minutes. Lorsque la victime ne présente pas de détresse vitale immédiate, ou une fois celle-ci prise en charge, le secouriste réalise un bilan secondaire, puis une surveillance continue. Dans les contextes où l'évacuation prend plusieurs heures, c'est souvent la qualité de cette surveillance et de sa transmission qui fait la différence.
Étape 1 : l'approche et l'impression générale (premières secondes)
En s'approchant, après avoir vérifié la sécurité, le secouriste observe : la victime bouge-t-elle, parle-t-elle, quelle est sa couleur, y a-t-il du sang au sol, quelle est la position du corps, quel est le mécanisme probable (chute de hauteur, choc de véhicule, explosion, malaise sans traumatisme) ? Le mécanisme oriente la suite : un choc violent impose de limiter les mouvements de la tête et du cou ; un malaise chez une personne âgée oriente vers une cause cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.
Étape 2 : le bilan primaire structuré
Les recommandations récentes, comme les approches de soins d'urgence de base de l'OMS et du CICR, placent l'hémorragie massive en tête de la séquence, avant les voies aériennes. On peut retenir la séquence suivante, adaptée au niveau du secouriste :
| Étape | Question | Ce que l'on fait |
|---|---|---|
| Hémorragie massive | Y a-t-il un saignement abondant, en jet ou qui imbibe rapidement les vêtements ? | Compression directe immédiate ou garrot sur un membre (jour 2). |
| Réponse | La victime répond-elle à la voix, au toucher ? | Si elle ne répond pas : appeler à l'aide, faire alerter. |
| Voies aériennes | L'air peut-il passer ? | Bascule de la tête et élévation du menton ; retirer un corps étranger visible seulement s'il est accessible. |
| Respiration | Respire-t-elle normalement ? (10 secondes au plus) | Non ou anormale : réanimation et défibrillateur. Oui : position latérale de sécurité si elle ne répond pas. |
| Circulation | Signes de choc ? Autres saignements ? | Allonger, couvrir, comprimer les saignements non massifs. |
| Conscience | La victime est-elle orientée, confuse, somnolente ? | Noter le niveau de conscience et l'heure. |
| Exposition et environnement | Blessures cachées ? Risque de froid ou de chaleur ? | Regarder sous les vêtements avec respect de la pudeur, protéger du sol, du soleil, de la pluie. |
Pour décrire le niveau de conscience simplement et de façon transmissible, de nombreux services utilisent l'échelle AVPU (ou EVDA en français) : la victime est Alerte (éveillée, yeux ouverts), réagit à la Voix, réagit seulement à la douleur (Pain), ou ne réagit pas (Unresponsive). Toute dégradation d'un niveau à l'autre est une information essentielle à transmettre immédiatement.
Étape 3 : le bilan secondaire
Le bilan secondaire comprend deux volets, qui peuvent être menés en parallèle si deux secouristes sont présents.
L'interrogatoire, auprès de la victime ou des témoins. Un aide-mémoire répandu est l'acronyme anglais SAMPLE :
- Signes et symptômes : que ressentez-vous, où avez-vous mal, depuis quand ?
- Allergies connues.
- Médicaments pris habituellement (traitement du cœur, de l'épilepsie, du diabète, anticoagulants).
- Passé médical : maladies connues, grossesse, opérations récentes.
- Last meal : dernier repas et dernière boisson (utile si une chirurgie est probable).
- Evénement : que s'est-il passé exactement, dans quel ordre ?
L'examen de la tête aux pieds, avec des gants, en expliquant chaque geste : tête et visage (plaies, saignement du nez ou des oreilles), cou (douleur, déformation), thorax (mouvements symétriques, plaies), abdomen (douleur, dureté), bassin (sans le comprimer ni le faire bouger), membres (déformation, plaie, mobilité, sensibilité et couleur des extrémités), dos si la victime peut être examinée sans être mobilisée inutilement.
Étape 4 : les paramètres observables par un secouriste
Sans matériel médical, le secouriste peut mesurer et noter :
- La fréquence respiratoire : compter les mouvements du thorax pendant 30 secondes et multiplier par deux, ou pendant une minute entière chez l'enfant. Chez l'adulte au repos, une fréquence habituelle se situe autour de 12 à 20 par minute. Chez l'enfant, la stratégie de prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME) de l'OMS et de l'UNICEF retient comme respiration rapide : 60 par minute ou plus avant 2 mois, 50 ou plus de 2 à 12 mois, 40 ou plus de 1 à 5 ans.
- Le pouls, au poignet (radial) ou au cou (carotidien) : rapide ou lent, régulier ou non, bien ou mal perçu. Chez une victime qui ne répond pas, la recherche du pouls n'est pas utilisée pour décider de la réanimation par un secouriste : c'est l'absence de respiration normale qui compte.
- La peau : couleur (pâle, grise, bleutée), température, sueurs.
- Le niveau de conscience (AVPU) et l'orientation (nom, lieu, jour).
- La douleur, sur une échelle simple de 0 à 10 si la victime peut répondre.
Étape 5 : la surveillance et sa traçabilité
Une victime grave est réévaluée en permanence ; une victime stable au minimum toutes les 5 à 15 minutes selon la gravité et la consigne du protocole local. Chaque réévaluation est notée avec l'heure. Le secouriste note aussi tous les gestes réalisés (heure de pose d'un garrot, début de la réanimation, nombre de chocs délivrés par le défibrillateur). Cette feuille accompagne la victime et est remise à l'équipe médicale qui la prend en charge.
Ce qui n'est pas écrit n'a pas été fait. Une feuille de surveillance simple, horodatée, remise à l'équipe médicale, vaut mieux qu'un long récit oral fait dans le bruit d'une salle d'urgence.
7Alerte, MEDEVAC et CASEVAC : construire la chaîne de secours de terrain
Dans un pays doté d'un service d'urgence fonctionnel, l'alerte consiste à composer un numéro. Dans la plupart des contextes humanitaires, la chaîne de secours doit être construite à l'avance par l'organisation. Sans plan préparé, le temps perdu à chercher un véhicule, une structure capable d'opérer ou une autorisation de déplacement dépasse souvent le temps pendant lequel la victime peut survivre.
Vocabulaire
- CASEVAC (casualty evacuation) : transport d'un blessé ou d'un malade par un moyen non médicalisé (véhicule de l'organisation, pick-up, embarcation), généralement vers la première structure de soins.
- MEDEVAC (medical evacuation) : évacuation avec un accompagnement médical (ambulance équipée, avion sanitaire), souvent organisée par une compagnie d'assistance ou par le service médical de l'organisation ou des Nations Unies.
- Structure de référence : établissement de santé dont on connaît à l'avance le niveau de soins (poste de santé, centre de santé, hôpital de district avec bloc opératoire, hôpital de référence avec réanimation et banque de sang).
Construire le plan médical d'une base : méthode en huit étapes
- Cartographier les structures dans un rayon pertinent : nom, niveau, capacité chirurgicale, présence d'un service de transfusion, d'un défibrillateur, de sérums antivenimeux, d'un vaccin antirabique ; horaires ; contact direct d'un responsable. Visiter les structures plutôt que se fier à une liste ancienne.
- Mesurer les temps de trajet réels de jour, de nuit, en saison sèche et en saison des pluies, avec les points de contrôle et les heures de couvre-feu.
- Définir les moyens de transport : véhicules disponibles, possibilité d'allonger une victime à l'arrière, embarcation, accord avec un opérateur aérien humanitaire (par exemple le service aérien humanitaire des Nations Unies là où il opère) et ses conditions d'acceptation d'un passager malade.
- Identifier les décideurs : qui déclenche une évacuation (chef de base, point focal sécurité, référent médical), qui valide les dépenses, qui contacte la compagnie d'assistance et avec quelles informations (numéro de police d'assurance, passeport, groupe sanguin si connu).
- Établir les communications : numéros et canaux radio vérifiés, téléphone satellite, indicatifs d'appel, procédure si le réseau tombe.
- Préparer les documents : fiche d'urgence par membre du personnel (contacts, allergies, traitements, groupe sanguin si la personne accepte de le communiquer), conservée de façon confidentielle et accessible au seul responsable désigné.
- Prépositionner le matériel : trousses de base et trousse traumatologique, kit de prophylaxie post-exposition selon la politique de l'organisation, couvertures de survie, brancard pliable, réserve d'eau.
- Tester le plan : exercice au moins une fois par an et à chaque rotation majeure d'équipe, avec chronométrage réel entre l'appel et l'arrivée à la structure.
Le message d'alerte enrichi
Le message de base (où, quoi, état, qui) reste la règle. Pour une demande d'évacuation par radio vers la base ou le point focal médical, on ajoute les éléments dont les décideurs ont besoin. Le modèle ci-dessous s'inspire des formats de demande d'évacuation utilisés par les organisations et les missions des Nations Unies, simplifiés pour un usage civil.
| Ligne | Contenu | Exemple |
|---|---|---|
| 1. Lieu | Coordonnées GPS, repère, accessibilité | Piste Kalo–Mira, km 34, pont en béton, accessible en 4x4 |
| 2. Appelant | Nom, indicatif, moyen de rappel | Équipe Alpha 2, canal 5, satellite 0 0 00 00 00 (numéro fictif) |
| 3. Nombre et gravité | Combien de victimes, combien en détresse vitale | 2 victimes : 1 grave, 1 non grave |
| 4. État de chaque victime | Réponse, respiration, saignement, AVPU, évolution | Homme adulte, répond à la douleur seulement, respire, pas d'hémorragie |
| 5. Gestes réalisés | Avec les heures | Position latérale de sécurité à 10 h 42, surveillance toutes les 5 minutes |
| 6. Besoins | Transport allongé, matériel, accompagnement | Véhicule pour transport allongé, demande d'avis médical |
| 7. Sécurité | Situation sur place, menaces | Calme, foule d'une vingtaine de personnes, pas de menace |
| 8. Destination proposée | Structure adaptée et temps de trajet | Hôpital de district de Mira (bloc opératoire), 1 h 20 |
Décider entre attendre et évacuer par ses propres moyens
Le principe général est simple : lorsqu'un service de secours compétent peut venir dans un délai raisonnable, on attend et on surveille. Lorsque ce n'est pas le cas, l'organisation décide d'un transport par ses propres moyens. Les critères qui pèsent dans la décision sont la gravité et l'évolution de l'état de la victime, la distance réelle jusqu'à une structure capable de traiter le problème (une victime qui saigne a besoin d'un bloc opératoire, pas d'un poste de santé), la sécurité de la route et de l'heure, et la possibilité de transporter la victime allongée et surveillée. La décision est prise par la personne désignée dans le plan, après avis médical à distance si possible, et notée avec l'heure.
Le transport le plus rapide n'est pas toujours vers la structure la plus proche : un poste de santé sans chirurgien fait perdre du temps à une victime qui a besoin d'être opérée. C'est pourquoi le niveau des structures doit être connu avant l'incident.
8Exemple complet : accident de la route sur une piste isolée
Contexte fictif : l'ONG « Horizons Partagés » conduit un programme d'eau et d'assainissement dans le district de Morelle. Une équipe de trois personnes (une ingénieure, un animateur communautaire, un chauffeur) revient d'un village situé à 2 h 30 de la base de Kalo. L'animateur et le chauffeur sont certifiés en premiers secours depuis huit mois ; l'ingénieure a suivi un recyclage il y a deux ans. Le véhicule dispose d'une trousse de base, d'un garrot commercial, de deux couvertures de survie, d'une radio HF et d'un téléphone satellite. Le plan médical de la base désigne l'hôpital de district de Mira (bloc opératoire, pas de réanimation) à 1 h 20 et le centre de santé de Tobé (infirmier, pas de chirurgie) à 25 minutes.
La chronologie
| Heure | Situation | Décision et raisonnement |
|---|---|---|
| 10 h 38 | Une moto a percuté un camion à l'arrêt. Le conducteur de la moto est au sol, immobile ; une passagère est assise, tient son avant-bras et pleure. Le camion fuit du carburant. | Le chauffeur arrête le véhicule à distance, feux de détresse, moteur coupé. Il demande au conducteur du camion de couper le contact et interdit de fumer. Danger identifié : carburant et circulation. Un villageois est chargé de signaler l'accident aux véhicules qui arrivent. |
| 10 h 40 | L'animateur aborde le motard par le côté, en lui parlant. Pas de réponse à la voix. Gants mis. | Pas d'hémorragie massive visible. Il maintient la tête dans l'axe sans retirer le casque, libère les voies aériennes et regarde, écoute, sent : respiration présente, régulière, environ 16 par minute. |
| 10 h 41 | L'ingénieure s'occupe de la passagère, qui parle et répond correctement. | Elle se présente, demande le consentement, constate une déformation de l'avant-bras sans plaie. Elle fait soutenir le bras par la victime elle-même dans la position la moins douloureuse. |
| 10 h 42 | Le motard respire mais ne répond qu'à la douleur (niveau P). Il commence à faire des bruits de gargouillement. | Risque d'inhalation de sang ou de vomissements : il est placé en position latérale de sécurité à deux secouristes, en limitant au maximum les mouvements de la tête et du cou. Le casque, intégral et fendu, gêne : il n'est retiré qu'à deux, selon la technique apprise, parce que les voies aériennes sont menacées. |
| 10 h 45 | Le chauffeur appelle la base par radio. | Message complet : lieu (piste Kalo–Mira, km 34), deux victimes, une grave (répond à la douleur, respire, gargouillements, placée sur le côté), une moins grave (fracture probable de l'avant-bras), sécurité de la scène maîtrisée, demande d'avis médical et de décision d'évacuation. |
| 10 h 52 | Le référent médical, joint par téléphone satellite, recommande l'hôpital de Mira : un traumatisme crânien avec troubles de la conscience nécessite une structure capable d'opérer et de surveiller. | Le centre de santé de Tobé, plus proche, est écarté pour le motard. La base fait prévenir l'hôpital de Mira. Le chef de base autorise le transport dans le véhicule de l'organisation, le délai d'une ambulance étant estimé à plus de deux heures. |
| 11 h 00 | Préparation du transport. | Le motard est installé allongé sur le côté sur la banquette arrière aménagée, couvert ; l'animateur l'accompagne pour surveiller. La passagère, avec une écharpe improvisée, monte à l'avant. Le frère du motard, arrivé sur place, est informé et accompagne. |
| 12 h 22 | Arrivée à l'hôpital de Mira. | La feuille de surveillance et un résumé oral structuré sont remis à l'infirmier de garde. Les gants et déchets souillés sont éliminés à l'hôpital. |
La feuille de surveillance remplie (motard)
| Heure | Conscience (AVPU) | Respiration (par minute, qualité) | Pouls radial | Peau | Gestes et remarques |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 h 40 | U puis P | 16, régulière | Perçu, rapide | Pâle | Voies aériennes libérées, tête maintenue |
| 10 h 42 | P | 18, gargouillements | Perçu | Pâle | Position latérale de sécurité, casque retiré à deux |
| 10 h 50 | P | 18, plus calme | Perçu | Pâle, fraîche | Vomissement unique, bouche dégagée, couverture |
| 11 h 05 | V | 16, régulière | Perçu | Pâle | Ouvre les yeux à l'appel, agité, propos confus |
| 11 h 35 | V | 16 | Perçu | Pâle | Pas de nouveau vomissement |
| 12 h 05 | P | 14 | Perçu, plus lent | Pâle | Dégradation de la conscience signalée par radio, hôpital prévenu |
L'analyse après l'incident
- Ce qui a fonctionné : sécurisation de la scène avant tout contact ; répartition immédiate des rôles ; message radio complet ; décision fondée sur le niveau de la structure plutôt que sur la distance ; surveillance horodatée qui a permis de signaler la dégradation de 12 h 05.
- Ce qui doit être amélioré : l'ingénieure n'était pas à jour de son recyclage et ne se sentait pas sûre d'elle ; la trousse ne contenait pas d'attelle ni de matériel d'écharpe ; le numéro de l'hôpital de Mira dans le plan médical n'était plus valide et la base a perdu cinq minutes à le retrouver.
- Actions décidées : recyclage de tout le personnel de terrain avant la fin du trimestre ; ajout d'attelles malléables et d'écharpes triangulaires dans toutes les trousses de véhicule ; vérification mensuelle des numéros du plan médical par le point focal sécurité ; rapport d'incident transmis au siège dans les 24 heures selon la procédure.
Le point décisif de cet exemple n'est pas un geste technique : c'est la combinaison d'une scène sécurisée, d'une alerte structurée et d'une décision de destination fondée sur une connaissance préalable des structures. C'est exactement ce que le plan médical doit rendre possible.
9Outils réutilisables : listes de contrôle et fiches de terrain
Les outils suivants sont conçus pour être imprimés, plastifiés et placés dans les véhicules, les bureaux et les trousses. Ils doivent être adaptés au protocole de l'organisme qui a certifié vos secouristes et validés par le référent médical de votre organisation.
Liste de contrôle 1 : sécurité de la scène (avant tout contact)
- Circulation : véhicule garé en sécurité, feux de détresse, signalisation en amont et en aval.
- Feu, carburant, gaz : contact coupé, interdiction de fumer, extincteur à portée.
- Électricité : câbles au sol, installation endommagée ; ne pas toucher la victime tant que le courant n'est pas coupé.
- Structure : bâtiment fissuré, mur instable, risque d'effondrement.
- Environnement : eau en crue, pente, animaux, chaleur extrême.
- Menace humaine : foule hostile, présence armée, risque de seconde explosion, engins non explosés.
- Risque biologique et chimique : sang, liquides, odeur inhabituelle, plusieurs victimes sans traumatisme apparent (penser à une intoxication collective).
- Protection personnelle : gants, protection des yeux si projections possibles, masque de poche pour les insufflations.
Liste de contrôle 2 : contenu minimal du plan médical de base
| Élément | Présent | Date de vérification | Responsable |
|---|---|---|---|
| Liste des structures de santé avec niveau, capacités et contacts vérifiés | |||
| Temps de trajet jour, nuit, saison des pluies | |||
| Procédure de décision d'évacuation et noms des décideurs | |||
| Coordonnées de la compagnie d'assistance et numéros de police | |||
| Fiches d'urgence individuelles confidentielles | |||
| Liste des secouristes certifiés et dates d'échéance | |||
| Inventaire des trousses et dates de péremption | |||
| Procédure d'exposition au sang et accès à la prophylaxie post-exposition | |||
| Date du dernier exercice et principales conclusions |
Fiche 3 : bilan et transmission (une page)
| Rubrique | À noter |
|---|---|
| Identification | Sexe, âge estimé, nom si connu, accompagnant |
| Circonstances | Heure, mécanisme (chute, choc, malaise, explosion), position trouvée |
| Bilan primaire | Hémorragie massive, réponse, voies aériennes, respiration, signes de choc |
| Interrogatoire | Plaintes, allergies, traitements, antécédents, dernier repas, déroulement |
| Examen | Lésions constatées de la tête aux pieds |
| Gestes réalisés | Nature et heure de chaque geste (garrot, position, réanimation, chocs) |
| Surveillance | Tableau horodaté : conscience, respiration, pouls, peau, douleur |
| Transmission | Nom de la personne et de la structure qui ont pris le relais, heure |
Fiche 4 : transmission orale à l'équipe médicale
Une transmission orale efficace dure moins d'une minute et suit un ordre fixe, inspiré des formats structurés utilisés en milieu hospitalier :
- Qui est la victime (âge, sexe) et ce qui s'est passé (mécanisme, heure).
- Ce que l'on a trouvé (lésions et problèmes vitaux).
- Ce que l'on a fait (gestes, heures).
- Comment l'état a évolué (amélioration, stabilité, dégradation).
- Ce qui inquiète le secouriste et les questions en suspens (par exemple : médicament inconnu, allergie possible).
Liste de contrôle 5 : après l'intervention
- Élimination des déchets souillés et des gants dans un contenant adapté.
- Lavage des mains ; en cas d'exposition au sang, application immédiate de la procédure d'exposition.
- Rapport d'incident selon la procédure de l'organisation, dans les délais fixés.
- Réapprovisionnement de la trousse utilisée le jour même.
- Temps d'échange avec les intervenants et proposition de soutien si nécessaire (jour 3 et jour 4).
10Erreurs fréquentes, variations selon le contexte et regard des auditeurs
Les erreurs les plus fréquentes sur le terrain
| Erreur | Conséquence | Comment l'éviter |
|---|---|---|
| Se précipiter sur la victime sans regarder la scène | Secouriste blessé (circulation, électricité, seconde explosion) | S'imposer un temps d'arrêt de quelques secondes ; faire de la sécurité de la scène un réflexe entraîné en exercice. |
| Retarder l'alerte pour faire des gestes | Les secours arrivent trop tard | Faire alerter immédiatement par un témoin, en lui donnant un message précis à transmettre, et lui demander de revenir confirmer. |
| Prendre des gasps pour une respiration normale | Réanimation non débutée | Retenir qu'une respiration rare, bruyante, irrégulière chez une victime qui ne répond pas est un signe d'arrêt cardiaque. |
| Chercher le pouls pour décider de la réanimation | Perte de temps, erreur fréquente même chez des soignants | Se fonder sur la réponse et la respiration, comme le prévoient les recommandations pour les secouristes. |
| Message d'alerte incomplet | Rappels, mauvaise orientation, mauvais moyen envoyé | Utiliser une fiche d'alerte affichée dans les véhicules ; entraîner le message en exercice. |
| Évacuer vers la structure la plus proche par défaut | Transfert secondaire, heures perdues | Connaître le niveau des structures avant l'incident. |
| Ne rien noter | L'équipe médicale ignore l'heure du garrot ou la dégradation | Feuille de surveillance dans chaque trousse, ou écrire directement sur la peau ou le garrot au marqueur pour l'heure de pose. |
| Trousse incomplète ou périmée | Gestes impossibles le jour où l'on en a besoin | Contrôle mensuel signé, réapprovisionnement le jour de l'utilisation. |
| Certificats expirés | Perte de confiance et de compétence, problème de conformité | Tableau de suivi des échéances tenu par les ressources humaines ou la sécurité. |
Variations selon le contexte
Crise soudaine (séisme, inondation, cyclone) : les structures de santé sont elles-mêmes touchées, les routes coupées, les communications saturées. Les plans médicaux préétablis doivent être revérifiés dans les premières heures ; les équipes doivent disposer d'une autonomie de matériel plus importante. Les risques de scène (répliques, bâtiments fragilisés, eau contaminée) dominent.
Crise prolongée : le risque principal est la routine. Les trousses se vident, les numéros changent, le personnel formé part et n'est pas remplacé. Un calendrier de vérification et d'exercices s'impose.
Camp ou site de déplacés : forte densité de population, nombreux témoins, attroupements rapides. Les partenaires de santé présents sur le site (cliniques, équipes mobiles) doivent figurer dans le plan, avec leurs horaires. Les relais communautaires formés aux premiers secours sont un atout majeur.
Milieu urbain : les secours publics existent souvent mais peuvent être saturés ou inaccessibles selon les quartiers. Le trafic peut rendre le transport plus lent qu'en milieu rural. Les risques électriques, d'incendie et d'effondrement sont plus fréquents.
Gestion à distance : lorsque le personnel international ne peut pas se rendre sur le terrain, la responsabilité des premiers secours repose sur le personnel national et les partenaires. L'organisation doit financer leur formation et leur matériel au même niveau, et leur garantir le même accès à l'évacuation et à l'assurance. Une différence de traitement en matière de sécurité et de soins entre catégories de personnel est un manquement au devoir de diligence relevé par les auditeurs.
Insécurité élevée : les déplacements de nuit peuvent être interdits, les routes fermées, les points de contrôle longs. Le plan doit prévoir la prise en charge prolongée sur place (plusieurs heures), des itinéraires alternatifs, et des accords de passage pour les évacuations sanitaires. Le CICR et les Sociétés nationales sont souvent les seuls acteurs capables de négocier ce passage.
Partenaires locaux à faible capacité : la formation aux premiers secours est un élément concret et apprécié du renforcement des capacités. Elle doit être budgétée dans les propositions (formation certifiée, trousses, recyclages) et non laissée à la charge du partenaire.
Ce que regardent les auditeurs, les bailleurs et les assureurs
- Existence et mise à jour du plan médical et du plan de sécurité, et preuve de leur diffusion aux équipes.
- Registre des formations avec dates de certification et de recyclage, ventilé par catégorie de personnel et par partenaire.
- Rapports d'incident médicaux et retours d'expérience, et preuve que les actions décidées ont été mises en œuvre.
- Contrôles des trousses signés et datés.
- Cohérence entre le budget (lignes de formation et de matériel) et la réalité du terrain.
- Égalité de traitement entre personnel national, international et partenaires.
11Questions d'entretien et références clés
Les questions suivantes sont fréquemment posées lors d'entretiens pour des postes de point focal sécurité, de chef de base, de coordinateur de terrain, de logisticien ou de responsable santé. Les éléments de réponse indiquent ce qu'un jury attend d'un candidat expérimenté.
1. « Vous arrivez le premier sur un accident de la route avec deux victimes. Décrivez vos premières minutes. »
Une réponse solide commence par la sécurité de la scène (véhicule garé, feux, carburant, circulation), puis la répartition des rôles, l'alerte précoce par un tiers, le bilan primaire en commençant par l'hémorragie massive, la décision de position selon la réponse et la respiration, et la surveillance horodatée. Elle mentionne la limitation des mouvements de la tête et du cou en cas de traumatisme violent et la transmission structurée.
2. « Comment construisez-vous un plan médical pour une nouvelle base ? »
Le candidat cite la cartographie et la visite des structures avec leur niveau de soins réel, les temps de trajet selon l'heure et la saison, les décideurs, les communications, les fiches individuelles confidentielles, le matériel, l'articulation avec la compagnie d'assistance, et le test par exercice chronométré. Il évoque la mise à jour régulière et l'inclusion des partenaires.
3. « Comment décidez-vous entre attendre une ambulance et transporter vous-même un blessé ? »
Il expose les critères : gravité et évolution, délai réel des secours, distance jusqu'à une structure capable de traiter le problème, sécurité de la route, possibilité de transporter la victime allongée et surveillée, avis médical à distance. Il précise que la décision revient à la personne désignée dans le plan et qu'elle est consignée.
4. « Un membre de votre équipe refuse d'être évacué après un malaise. Que faites-vous ? »
Il évalue la capacité de la personne à décider (conscience, orientation), explique les risques, cherche un avis médical, respecte un refus éclairé, le documente avec un témoin, organise une surveillance et une réévaluation, et informe la hiérarchie selon la procédure. Il distingue ce cas de celui d'une personne confuse dont la capacité de décision est altérée.
5. « Comment garantissez-vous le devoir de diligence envers le personnel national et les partenaires en gestion à distance ? »
Il parle d'égalité d'accès à la formation, au matériel, à l'assurance et à l'évacuation, de lignes budgétaires dédiées, de suivi des certifications, et de la nécessité de consulter le personnel concerné sur les risques qu'il juge prioritaires.
6. « Quelles recommandations internationales encadrent les premiers secours, et que faites-vous si elles diffèrent du protocole national ? »
Il cite les lignes directrices de la FICR de 2020, les consensus de l'ILCOR et les recommandations de l'ERC, et explique que le secouriste applique le protocole sur lequel il est certifié, tandis que l'organisation veille à la cohérence de ses formations avec les recommandations en vigueur.
Références clés
- Lignes directrices internationales de premiers secours, de réanimation et d'éducation (2020) : Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), avec son Centre mondial de référence pour les premiers secours.
- International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science with Treatment Recommendations : International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR), publication annuelle.
- European Resuscitation Council Guidelines (2021), en particulier les chapitres sur la réanimation de base et sur les premiers secours : Conseil européen de réanimation.
- Basic Emergency Care: approach to the acutely ill and injured : Organisation mondiale de la Santé et Comité international de la Croix-Rouge.
- Premiers secours en cas de conflit armé et d'autres situations de violence : Comité international de la Croix-Rouge.
- Le Manuel Sphère (2018), chapitre Santé : Association Sphère.
- Norme humanitaire fondamentale de qualité et de redevabilité (CHS), engagement 8 : CHS Alliance, Groupe URD et Sphère.
- Security Risk Management: a basic guide for smaller NGOs et guides associés : Global Interagency Security Forum (GISF).
- Stratégie de prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME) : OMS et UNICEF.
Rappel : ce cours en ligne ne remplace pas une formation pratique certifiée de premiers secours. Inscrivez-vous à une session auprès de la Croix-Rouge, du Croissant-Rouge ou d'un organisme agréé, et entretenez vos gestes par des recyclages réguliers.
L'ouvrier tombé de l'échafaudage
Chantier de réhabilitation d'une école
Vous suivez les travaux pour votre organisation ; vous êtes le seul membre de l'équipe formé aux premiers secours.
Un ouvrier est tombé d'un échafaudage de 3 mètres. Il est allongé près d'un câble électrique arraché par la chute. Ses collègues veulent le relever.
Décision 1 sur 3Que faites-vous en premier ?
Décision 2 sur 3Le courant est coupé. L'ouvrier répond, se plaint du dos et ne sent plus bien ses jambes. Vous :
Décision 3 sur 3Que transmettez-vous dans l'alerte ?
Ce qu'il faut retenir
Protéger avant de secourir, limiter les mouvements en cas de suspicion de lésion de la colonne et transmettre une alerte complète.
Exercice d'application : votre fiche d'urgence
Pour votre lieu de travail, remplissez une fiche d'une page : numéros d'urgence qui fonctionnent réellement, structure de santé la plus proche et son niveau (poste de santé, hôpital avec chirurgie), temps de trajet de jour et de nuit, emplacement de la trousse de secours et du kit PEP, procédure MEDEVAC de votre organisation. Affichez-la et mettez-en une copie dans chaque véhicule.
À retenir
- Protéger, alerter, secourir : toujours dans cet ordre.
- Sécurité de la scène d'abord, y compris le risque d'une seconde explosion.
- Gants et hygiène des mains ; exposition au sang : PEP dans les 72 heures.
- Bilan : réponse, hémorragie massive, voies aériennes, respiration (10 secondes au plus).
- Alerte : où, quoi, état, qui ; ne raccrochez pas le premier.
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Pour aller plus loin : références de la formation
- Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) (2020). Lignes directrices internationales de premiers secours, de réanimation et d'éducation. www.ifrc.org/document/international-first-aid-resuscitation-and-education-guidelines
- OMS, War Trauma Foundation, World Vision International (2011). Premiers secours psychologiques : guide pour les acteurs de terrain. www.who.int/publications/i/item/9789241548205
- OMS et CICR (2018). Soins d'urgence de base : prise en charge des patients gravement malades ou blessés. www.who.int/publications/i/item/basic-emergency-care-approach-to-the-acutely-ill-and-injured
- Comité international de la Croix-Rouge (CICR) (2006). Premiers secours dans les conflits armés et autres situations de violence. shop.icrc.org
Quiz du jour
3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.