- Organiser des soins de santé primaires accessibles et des médicaments essentiels.
- Mettre en œuvre le DMU en santé reproductive et la vaccination contre la rougeole.
- Intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial selon les lignes directrices de l'IASC.
1Soins de santé primaires : organisation et repères Sphère
Les soins de santé primaires sont le socle de la réponse : consultations curatives, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME), soins prénatals et postnatals, vaccination, dépistage nutritionnel, maladies chroniques, référence vers l'hôpital. Ils s'appuient sur des agents de santé communautaire qui détectent les cas, traitent les maladies simples (paludisme, diarrhée, pneumonie) et suivent les décès.
Repères Sphère pour planifier : environ une structure de soins de santé primaires pour 10 000 personnes, un hôpital de district pour 250 000 personnes, au moins 22 personnels qualifiés (médecins, infirmiers, sages-femmes) pour 10 000 habitants, et un clinicien qui ne dépasse pas 50 consultations par jour. Un taux d'utilisation d'au moins 1 nouvelle consultation par personne et par an indique un accès correct. Les soins sont gratuits au point de service pendant la phase aiguë.
2Le Dispositif minimum d'urgence en santé reproductive (DMU/MISP)
Le DMU (MISP en anglais) définit les services de santé sexuelle et reproductive à assurer dès le début d'une crise, si possible dans les 48 heures. Ses objectifs selon le Manuel de terrain interorganisations (IAWG, 2018) :
- désigner une organisation chef de file pour coordonner la santé reproductive au sein du cluster Santé ;
- prévenir les violences sexuelles et y répondre : prise en charge clinique du viol, avec prophylaxie post-exposition au VIH dans les 72 heures et contraception d'urgence dans les 120 heures ;
- prévenir la transmission du VIH et des autres IST (précautions standard, sang sûr, préservatifs, continuité des antirétroviraux) ;
- prévenir la morbidité et la mortalité maternelles et néonatales : accouchement assisté, soins obstétricaux et néonatals d'urgence de base (SONUB) et complets (SONUC), système de référence 24 h sur 24, kits d'accouchement hygiénique pour les femmes enceintes visibles ;
- prévenir les grossesses non désirées (contraception disponible) ;
- planifier des services complets de santé reproductive dès que possible.
Les soins d'avortement sécurisés, dans toute la mesure autorisée par la loi, font aussi partie des priorités. Le DMU s'applique sans attendre une évaluation détaillée.
3Vaccination contre la rougeole et vaccination de routine
La rougeole tue massivement dans les camps surpeuplés, surtout chez les enfants malnutris. La campagne de vaccination est une priorité absolue dès que la couverture est incertaine ou inférieure à 90 % :
- cible : enfants de 6 mois à 15 ans (au minimum 6 mois à 5 ans si les ressources manquent), selon le contexte et la politique nationale ;
- objectif de couverture : 95 % ;
- vitamine A associée pour les enfants de 6 à 59 mois ;
- les enfants vaccinés entre 6 et 9 mois reçoivent une nouvelle dose à 9 mois ;
- chaîne du froid surveillée, sécurité des injections, gestion des déchets.
La vaccination de routine (Programme élargi de vaccination) doit reprendre dès que possible : pentavalent, polio, pneumocoque, rougeole, etc. La couverture se vérifie par les registres et par des enquêtes, pas seulement par le nombre de doses administrées.
4Santé mentale, soutien psychosocial et médicaments
Les lignes directrices de l'IASC (2007) organisent la santé mentale et le soutien psychosocial (SMSPS) en une pyramide de quatre niveaux : services de base et sécurité dispensés dans la dignité ; soutien communautaire et familial ; soutien ciblé non spécialisé (premiers secours psychologiques, groupes) ; services spécialisés. Les troubles mentaux sont fréquents en zone de conflit : l'OMS estime que plus d'une personne sur cinq en est atteinte. Le Guide d'intervention humanitaire mhGAP permet aux soignants non spécialistes de prendre en charge dépression, psychose, épilepsie ou usage de substances, et les premiers secours psychologiques s'enseignent à tous.
Côté médicaments, le kit sanitaire d'urgence interinstitutions (IEHK 2017) permet d'ouvrir des soins sans attendre : le module de base (10 unités) couvre 1 000 personnes pendant 3 mois en soins de base, le module complémentaire couvre 10 000 personnes pendant 3 mois au niveau des soignants qualifiés, avec des modules séparés (paludisme, prophylaxie post-exposition). Les kits sont une solution de démarrage : il faut passer rapidement à des commandes basées sur la consommation, avec fiches de stock, inventaires, principe « premier périmé, premier sorti » et alignement sur la liste nationale des médicaments essentiels.
Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.
5Ouvrir et faire fonctionner une structure de soins de santé primaires pas à pas
Ouvrir un poste de santé en urgence n'est pas seulement une question de tente et de médicaments. Les structures qui fonctionnent bien ont été pensées dès le premier jour autour de quatre éléments : un circuit patient qui protège le personnel et les patients, un personnel dimensionné sur la demande réelle, un paquet de services clair et un système d'information minimal qui permet de piloter.
Étape 1 : décider s'il faut ouvrir une structure (et où)
Avant d'ouvrir, on vérifie dans HeRAMS et auprès du cluster si une structure existante peut être appuyée : renfort en personnel, médicaments, réhabilitation légère. Ouvrir une structure parallèle à côté d'un centre public fonctionnel affaiblit le système et crée des problèmes de sortie. On ouvre une nouvelle structure quand l'existant est détruit, inaccessible (distance supérieure à une heure de marche environ, insécurité, discrimination) ou saturé au-delà de ce qu'un renfort peut absorber. L'emplacement se choisit avec la communauté : accessible à pied, sûr pour les femmes et les enfants, à l'écart des positions armées, avec un accès à l'eau.
Étape 2 : organiser le circuit patient
- Accueil et tri à l'entrée : un infirmier ou un agent formé repère les signes de danger (enfant léthargique, convulsions, détresse respiratoire, déshydratation sévère, hémorragie, femme en travail) et les fait passer en priorité. En période épidémique, le tri inclut le dépistage des cas suspects (diarrhée aqueuse, fièvre avec éruption) vers une zone d'isolement.
- Enregistrement : registre de consultation avec âge, sexe, provenance, diagnostic ; carte patient conservée par le patient.
- Dépistage nutritionnel systématique des enfants de 6 à 59 mois par le PB et recherche des œdèmes.
- Consultation : un poste pour les enfants selon la PCIME, un poste adultes, un poste de santé maternelle (prénatal, postnatal, planification familiale) tenu par une sage-femme.
- Soins et pharmacie : pansements, injections, délivrance des médicaments avec explication de la posologie.
- Observation et référence : une zone d'observation de quelques lits pour réhydrater et stabiliser ; une procédure écrite de référence vers l'hôpital, avec moyen de transport identifié.
Le circuit doit être à sens unique, avec un point de lavage des mains à l'entrée et à la sortie, et des espaces de consultation qui préservent la confidentialité. Les femmes doivent pouvoir être examinées par une soignante si elles le souhaitent.
Étape 3 : dimensionner le personnel
Le calcul part de la demande attendue. En phase aiguë, le taux d'utilisation est souvent de 2 à 4 nouvelles consultations par personne et par an, car la morbidité est élevée et les soins sont gratuits. La formule de planification est la suivante : consultations par jour = population × taux d'utilisation annuel ÷ nombre de jours d'ouverture par an. Le nombre de cliniciens nécessaires est ce chiffre divisé par 50, la charge maximale par clinicien recommandée par Sphère, majoré de 10 à 20 % pour les absences et la formation.
| Fonction | Repère de dotation pour une structure servant environ 10 000 personnes | Remarque |
|---|---|---|
| Cliniciens (infirmiers ou médecins) | 2 à 4 selon la charge | Au moins un clinicien formé à la PCIME |
| Sage-femme | 1 à 2 | Présence 24 heures sur 24 si la structure fait des accouchements |
| Agent de tri et de dépistage | 1 à 2 | Peut être un agent de santé communautaire formé |
| Dispensateur ou gestionnaire de pharmacie | 1 | Responsable des fiches de stock |
| Agent de prévention et contrôle des infections et d'hygiène | 1 à 2 | Gestion des déchets et solutions chlorées |
| Agents de santé communautaire | Environ 1 pour 500 à 1 000 personnes | Promotion de la santé, recherche de cas, prise en charge communautaire, surveillance des décès |
Le repère de Sphère de 22 personnels qualifiés pour 10 000 habitants concerne l'ensemble du système (médecins, infirmiers, sages-femmes à tous les niveaux, y compris l'hôpital). Il sert à mesurer le gap global à l'échelle du district, pas à doter un seul poste de santé.
Étape 4 : définir le paquet de services
Le paquet minimum en phase aiguë comprend : la prise en charge des maladies courantes de l'enfant (paludisme, diarrhée, pneumonie, malnutrition) et de l'adulte, les soins prénatals et postnatals et l'accouchement assisté ou la référence, la vaccination, la prise en charge clinique du viol, la continuité des traitements des maladies non transmissibles (hypertension, diabète, épilepsie, asthme), du VIH et de la tuberculose, les premiers soins pour les traumatismes et les premiers secours psychologiques. Le paquet s'aligne sur celui du ministère de la Santé quand il existe et sur les listes harmonisées du cluster.
Étape 5 : le système d'information minimal
| Indicateur | Calcul | Repère | Ce qu'il révèle |
|---|---|---|---|
| Taux d'utilisation | Nouvelles consultations par an ÷ population | Au moins 1 par personne et par an | Accès : s'il est bas, chercher les obstacles (distance, coût, sécurité, horaires) |
| Consultations par clinicien et par jour | Consultations ÷ (cliniciens × jours) | 50 au maximum | Charge de travail et qualité ; au-delà, la consultation dure moins de 5 minutes |
| Proportion des moins de 5 ans | Consultations des moins de 5 ans ÷ total | Comparer à leur part dans la population | Accès des enfants |
| Morbidité proportionnelle | Cas par diagnostic ÷ total | Suivi des tendances | Profil épidémiologique, alerte |
| Taux de référence | Patients référés ÷ consultations | Souvent 1 à 3 % | Qualité du tri et fonctionnement de la référence |
| Ruptures de médicaments traceurs | Jours de rupture par mois | Zéro | Chaîne d'approvisionnement |
Les cliniques mobiles : quand et comment
Les cliniques mobiles se justifient pour des populations dispersées, temporairement inaccessibles ou en mouvement. Elles coûtent cher, offrent peu de continuité (suivi des maladies chroniques, accouchements, vaccination de routine) et créent une dépendance. Une clinique mobile bien conçue passe au même endroit à jour et heure fixes, au moins une fois par semaine ; elle s'appuie sur des agents communautaires qui assurent le suivi entre deux passages ; elle a un plan de transition vers une structure fixe dès que les conditions le permettent.
6Le DMU en pratique : les 48 premières heures et la planification chiffrée
Le DMU n'est pas un programme de santé reproductive complet. C'est un ensemble restreint d'actions qui sauvent des vies et qui doivent commencer immédiatement, sans évaluation préalable. Le coordinateur santé reproductive désigné au sein du cluster en suit la mise en œuvre à l'aide de la liste de contrôle du DMU de l'IAWG.
Les premières 48 heures : qui fait quoi
| Action | Responsable habituel | Délai | Vérification |
|---|---|---|---|
| Désigner l'organisation chef de file et le coordinateur santé reproductive | Cluster Santé, souvent avec l'UNFPA | Dès l'activation du cluster | Nom et contacts diffusés à tous les partenaires |
| Commander les kits de santé reproductive interinstitutions selon la population | Coordinateur santé reproductive, UNFPA, ONG | 48 heures | Bon de commande, date d'arrivée prévue |
| Identifier les structures capables d'assurer les soins obstétricaux d'urgence de base et complets | Partenaires santé, ministère | 48 à 72 heures | Liste diffusée avec horaires et contacts |
| Mettre en place un système de référence 24 heures sur 24 (communication et transport) | Partenaire santé de la zone | Première semaine | Test de nuit du circuit, numéro d'urgence |
| Distribuer des kits d'accouchement hygiénique aux femmes enceintes visibles | Partenaire santé, avec les relais | Première semaine | Nombre distribué rapporté au nombre attendu |
| Rendre disponible la prise en charge clinique des survivants de violences sexuelles, et informer la communauté de son existence et de ses délais | Partenaire santé, en lien avec le domaine de responsabilité VBG | Première semaine | Au moins une structure par zone, personnel formé, kits disponibles |
| Assurer les précautions standard, la sécurité transfusionnelle, la disponibilité gratuite des préservatifs et la continuité des antirétroviraux | Tous les partenaires de soins | Dès l'ouverture | Observation, stocks |
| Rendre disponibles les méthodes contraceptives, y compris la contraception d'urgence | Partenaires santé | Dès l'ouverture | Disponibilité au point de prestation |
Calculer les besoins pour une population donnée
Le calculateur du DMU de l'IAWG utilise quelques hypothèses démographiques qu'on remplace par les données locales dès qu'elles existent. Pour 10 000 personnes avec un taux brut de natalité de 4 % par an :
- Naissances attendues : 10 000 × 0,04 ÷ 12, soit environ 33 par mois.
- Complications obstétricales : environ 15 % des naissances, soit 5 par mois, qui doivent avoir accès aux soins obstétricaux d'urgence.
- Césariennes : entre 5 et 15 % des naissances, soit 2 à 5 par mois ; un taux inférieur à 5 % signale un accès insuffisant aux soins obstétricaux complets.
- Femmes enceintes à un moment donné : environ 3 à 4 % de la population, soit 300 à 400.
- Femmes en âge de procréer : environ 25 % de la population, soit 2 500, base de calcul des besoins en contraception et en produits d'hygiène.
Les kits de santé reproductive interinstitutions, coordonnés par l'UNFPA, sont organisés en trois niveaux : communautaire et poste de santé, centre de santé (soins obstétricaux d'urgence de base), hôpital de référence (soins obstétricaux d'urgence complets). Chaque kit est dimensionné pour une population et une durée données ; on se réfère au manuel des kits en vigueur pour le choix et les quantités.
La prise en charge clinique du viol : les délais qui comptent
| Intervention | Délai d'efficacité | Message à la communauté |
|---|---|---|
| Prophylaxie post-exposition au VIH | Dans les 72 heures | Venir le plus vite possible, idéalement dans les premières heures |
| Contraception d'urgence | Dans les 120 heures (5 jours) | Efficacité plus grande quand elle est prise tôt |
| Traitement présomptif des IST, vaccination contre l'hépatite B et le tétanos selon le statut | Dès la consultation | Les soins restent utiles même après plusieurs jours ou semaines |
| Soins des blessures, soutien psychosocial, orientation vers les services VBG avec consentement | À tout moment | Il n'est jamais trop tard pour venir |
Le soignant n'a pas à prouver un viol, ni à exiger une plainte, ni à informer la police sans le consentement de la personne, sauf obligation légale à expliquer clairement. Il soigne, documente avec le consentement et oriente. La confidentialité et l'approche centrée sur la survivante sont des conditions de l'accès aux soins.
Passer aux services complets
Dès que la situation se stabilise, généralement dans les trois à six mois, le coordinateur santé reproductive planifie l'intégration de services complets : soins prénatals de qualité, planification familiale avec un choix de méthodes à longue durée d'action, prise en charge des IST, dépistage du cancer du col, santé sexuelle et reproductive des adolescents. Le DMU n'a pas vocation à durer : un DMU encore en place au bout d'un an signale un manque de planification.
7Microplanifier une campagne de vaccination contre la rougeole
Une campagne de vaccination de masse réussie se joue sur la microplanification : chaque secteur, chaque équipe, chaque jour et chaque dose sont prévus avant le premier jour. La méthode ci-dessous suit les guides de l'OMS et de l'UNICEF pour les campagnes de riposte, en contexte de déplacement.
Étape 1 : population cible et objectif
On fixe la tranche d'âge avec le ministère de la Santé et le groupe technique du PEV : de 6 mois à 14 ans en camp ou en situation de forte densité, de 6 à 59 mois au minimum si les ressources manquent. La population cible est la population totale multipliée par la proportion de la tranche d'âge, à partir de l'enregistrement si possible. L'objectif de couverture est de 95 % ; on prévoit toutefois les fournitures pour 100 % de la cible.
Étape 2 : calcul des fournitures
| Élément | Formule | Commentaire |
|---|---|---|
| Doses de vaccin | Cible × facteur de perte | Avec des flacons de 10 doses en campagne, un facteur de perte d'environ 1,18 (15 % de perte) est couramment utilisé ; le flacon reconstitué se jette après 6 heures ou en fin de séance |
| Flacons | Doses ÷ 10, arrondi au supérieur | Le diluant est fourni par le même fabricant que le vaccin |
| Seringues autobloquantes de 0,5 ml | Cible × 1,1 | 10 % de marge pour les pertes |
| Seringues de dilution de 5 ml | Nombre de flacons × 1,1 | Une seringue par flacon |
| Boîtes de sécurité | (Seringues autobloquantes + seringues de dilution) ÷ 100 × 1,1 | Une boîte de 5 litres contient environ 100 seringues |
| Vitamine A | Enfants de 6 à 11 mois : 100 000 UI ; enfants de 12 à 59 mois : 200 000 UI | Capsules de 200 000 UI : une demi-capsule (4 gouttes environ) pour les 6 à 11 mois si les capsules de 100 000 UI manquent |
| Cartes de vaccination, feuilles de pointage, marqueurs pour le doigt | Cible × 1,1 | Le marquage au doigt facilite le ratissage |
Étape 3 : équipes, durée et chaîne du froid
Une équipe de poste fixe compte habituellement deux vaccinateurs, un enregistreur, un agent chargé de la vitamine A et du dépistage PB, et un mobilisateur ou agent de gestion de la foule. En contexte de forte densité, une telle équipe vaccine de l'ordre de 250 à 400 enfants par jour, selon l'organisation et l'affluence. On compte un superviseur pour trois à cinq équipes. La durée de la campagne est généralement de cinq à sept jours, suivie de deux jours de ratissage pour les enfants manqués.
Chaque équipe dispose d'un porte-vaccins ou d'une glacière avec accumulateurs conditionnés, d'un thermomètre et d'une feuille de relevé de température ; les vaccins restent entre 2 et 8 °C, les pastilles de contrôle des flacons (PCV) sont vérifiées avant chaque utilisation. Le dépôt central doit disposer d'une capacité de congélation suffisante pour les accumulateurs, ce qui est souvent la contrainte logistique principale.
Étape 4 : sécurité des injections et gestion des déchets
Pas de recapuchonnage, boîtes de sécurité fermées aux trois quarts, collecte quotidienne, incinération ou enfouissement selon le plan validé. On prévoit la surveillance des manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) avec une fiche de notification et un clinicien référent.
Étape 5 : mesurer la couverture
La couverture administrative (doses administrées ÷ cible) est biaisée par l'erreur sur la population. On la complète par un suivi rapide de la couverture pendant le ratissage (porte-à-porte dans des zones tirées au sort, vérification par carte ou marquage au doigt), puis par une enquête de couverture post-campagne selon le guide de l'OMS. Une couverture administrative supérieure à 100 % indique un dénominateur faux ou des enfants venus d'ailleurs, pas un succès.
La campagne est aussi une occasion de toucher chaque enfant : vitamine A, dépistage de la malnutrition, déparasitage selon la politique nationale, enregistrement des enfants non vaccinés pour le rattrapage de routine. Mais chaque intervention ajoutée ralentit l'équipe : on l'intègre seulement si elle est prévue dans la microplanification.
8Médicaments et fournitures : des kits d'urgence à la quantification sur la consommation
La chaîne d'approvisionnement en médicaments est la cause la plus fréquente d'échec d'un programme de soins de santé primaires. Les ruptures font fuir les patients, les surstocks se périment, les produits de qualité douteuse mettent les patients en danger et exposent l'organisation aux sanctions des bailleurs.
Phase 1 : démarrer avec les kits (premier à troisième mois)
Les kits standards de l'OMS permettent d'ouvrir des soins sans quantification préalable :
- Kit sanitaire d'urgence interinstitutions (IEHK 2017) : 10 unités de base (chacune pour 1 000 personnes pendant 3 mois, utilisées par des soignants non médecins) et un module complémentaire (10 000 personnes pendant 3 mois, pour médecins et infirmiers qualifiés). Des modules séparés existent pour le paludisme et la prophylaxie post-exposition. Le module complémentaire contient des médicaments sous contrôle (analgésiques opioïdes, psychotropes) qui exigent une autorisation d'importation et un registre spécifique.
- Kit pour les maladies non transmissibles (kit MNT de l'OMS) : pour 10 000 personnes pendant 3 mois, avec des modules de médicaments et d'équipements (hypertension, diabète, asthme et BPCO, épilepsie, santé mentale).
- Kit de traumatologie et de chirurgie d'urgence (TESK), pour les structures qui prennent en charge des blessés.
- Kits choléra de l'OMS et kits de santé reproductive, en fonction des risques.
Un kit contient des quantités calculées sur une morbidité moyenne : certains produits s'épuiseront en trois semaines, d'autres resteront inutilisés. Le gestionnaire de pharmacie tient dès le premier jour des fiches de stock par produit, ce qui fournit les données de consommation nécessaires à la phase suivante.
Phase 2 : passer à la quantification (à partir du deuxième ou troisième mois)
La méthode basée sur la consommation est la plus fiable dès qu'on dispose de deux à trois mois de données propres. La formule de commande :
Quantité à commander = consommation moyenne mensuelle × (délai de livraison en mois + période couverte par la commande en mois) + stock de sécurité − (stock disponible + commandes en cours).
La consommation moyenne mensuelle se corrige pour les jours de rupture (une consommation faible pendant une rupture ne reflète pas la demande) et pour l'évolution prévisible de la population ou de la saison (paludisme en saison des pluies). Le stock de sécurité couvre en général un à trois mois selon la fiabilité de l'approvisionnement ; il est plus élevé en gestion à distance ou quand les routes sont coupées une partie de l'année.
Quand les données de consommation sont absentes ou faussées, on utilise la méthode morbidité : nombre d'épisodes attendus par diagnostic multiplié par le traitement standard du protocole national. Elle sert aussi à vérifier la cohérence de la méthode consommation.
Qualité et règles des bailleurs
| Exigence | Contenu | Conséquence en cas de manquement |
|---|---|---|
| Fournisseurs à l'assurance qualité vérifiée | Produits préqualifiés par l'OMS ou autorisés par une autorité de réglementation stricte, fournisseurs audités selon le Système modèle d'assurance qualité de l'OMS pour les agences d'approvisionnement | Dépense inéligible, risque pour les patients |
| DG ECHO | Approvisionnement de préférence auprès des centres d'approvisionnement humanitaire (HPC) agréés ou de fournisseurs dont la qualité est démontrée ; respect de la liste nationale des médicaments essentiels | Coûts déclarés inéligibles lors de l'audit |
| USAID/BHA (règles applicables au moment de la demande) | Les produits pharmaceutiques sont des produits soumis à restriction : liste des produits, sources et quantités à faire approuver avant achat | Refus de remboursement |
| Agences des Nations unies (UNICEF, UNFPA, OMS) | Approvisionnement via leurs catalogues ou fournisseurs agréés pour les partenaires | Non-conformité contractuelle |
| Dons de médicaments | Principes directeurs OMS sur les dons de médicaments : produits demandés, figurant sur la liste nationale, durée de validité suffisante à l'arrivée (au moins un an sauf accord) | Coûts de destruction de produits inutiles |
Stockage et usage rationnel
- Magasin sec, ventilé, sous clé, à l'abri de la lumière, avec palettes et relevé de température ; chaîne du froid de 2 à 8 °C pour les vaccins, l'ocytocine et certains tests et insulines, avec relevé deux fois par jour.
- Principe « premier périmé, premier sorti », inventaire physique mensuel, rapprochement entre fiches de stock et registres de consultation.
- Prescriptions selon les protocoles standards (par exemple les guides cliniques et thérapeutiques de MSF ou les protocoles nationaux) ; audit trimestriel d'un échantillon d'ordonnances : nombre moyen de médicaments par ordonnance, proportion d'antibiotiques et d'injections. Une proportion d'antibiotiques supérieure à la moitié des ordonnances signale une prescription irrationnelle.
- Contrôle des pertes : écarts d'inventaire supérieurs à quelques pour cent investigués, procédure en cas de vol ou de détournement, information du bailleur selon les clauses contractuelles.
9Exemple complet : planifier les services essentiels du site de Bassoré (25 000 personnes)
Contexte fictif : le site de Bassoré accueille 25 000 déplacés depuis six semaines, dans une zone rurale où le centre de santé public le plus proche, à 4 kilomètres, sert déjà 12 000 habitants. L'analyse initiale a montré une couverture rougeole inconnue, une mortalité maternelle préoccupante (trois décès en couches rapportés en un mois) et des ruptures chroniques au centre public. Une ONG reçoit le mandat du cluster pour couvrir le site pendant six mois.
1. Soins de santé primaires
Hypothèse : taux d'utilisation de 3 nouvelles consultations par personne et par an en phase aiguë, structures ouvertes 6 jours sur 7 (environ 300 jours par an). Consultations attendues par jour : 25 000 × 3 ÷ 300, soit 250. Cliniciens nécessaires : 250 ÷ 50 = 5, majoré de 20 %, soit 6 cliniciens. Le repère d'une structure de base pour 10 000 personnes conduit à prévoir deux postes de santé sur le site (un au nord, un au sud), plus un appui au centre public pour la référence et les accouchements.
| Poste | Poste de santé Nord | Poste de santé Sud | Appui au centre public |
|---|---|---|---|
| Cliniciens | 3 | 3 | Prime harmonisée pour 2 infirmiers existants |
| Sages-femmes | 1 | 1 | 2 (garde 24 h sur 24 pour les accouchements) |
| Tri et dépistage | 2 | 2 | 0 |
| Pharmacie | 1 | 1 | Appui en médicaments |
| Hygiène et PCI | 1 | 1 | 1 |
| Agents de santé communautaire | 18 (un pour environ 700 personnes), 2 superviseurs | 18 (un pour environ 700 personnes), 2 superviseurs | 0 |
2. Médicaments pour les trois premiers mois
- IEHK 2017 : 3 kits (soit 30 unités de base et 3 modules complémentaires) pour couvrir 25 000 personnes pendant 3 mois, avec une marge pour le centre public. Le module paludisme est commandé car la zone est hyperendémique.
- Kit MNT : 2 kits, la population étant jeune ; à réajuster après trois mois de données.
- Autorisation d'importation des médicaments sous contrôle demandée au ministère dès la commande.
- Au mois 3, quantification sur la consommation. Exemple de l'amoxicilline dispersible 250 mg : consommation de 8 400 comprimés au mois 1 et 9 600 au mois 2, soit une moyenne de 9 000 ; délai de livraison 3 mois ; période couverte 3 mois ; stock de sécurité 2 mois (18 000) ; stock disponible 12 000. Quantité à commander : 9 000 × (3 + 3) + 18 000 − 12 000 = 60 000 comprimés.
3. DMU
| Paramètre | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Naissances attendues par mois | 25 000 × 0,04 ÷ 12 | Environ 83 |
| Complications obstétricales par mois | 83 × 15 % | Environ 12 à 13 |
| Césariennes attendues par mois | 83 × 5 à 15 % | 4 à 12 |
| Femmes enceintes à un moment donné | 25 000 × 3 à 4 % | 750 à 1 000 |
| Kits d'accouchement hygiénique pour les femmes enceintes visibles | Naissances attendues sur 3 mois | Environ 250 |
Décisions : accouchements assistés au centre public appuyé, qui assure les soins obstétricaux d'urgence de base ; accord écrit avec l'hôpital de district (soins complets) situé à 35 kilomètres ; ambulance basée sur le site avec un numéro joignable 24 heures sur 24 ; prise en charge clinique du viol dans les deux postes et au centre public, annoncée par les relais et les groupes de femmes.
4. Campagne de vaccination contre la rougeole
| Élément | Calcul | Quantité |
|---|---|---|
| Cible 6 mois à 14 ans | 25 000 × 43 % | 10 750 enfants |
| Doses de vaccin | 10 750 × 1,18 | 12 685 doses, soit 1 269 flacons de 10 doses |
| Seringues autobloquantes 0,5 ml | 10 750 × 1,1 | 11 825 |
| Seringues de dilution 5 ml | 1 269 × 1,1 | 1 396 |
| Boîtes de sécurité | (11 825 + 1 396) ÷ 100 × 1,1 | 146 |
| Vitamine A (capsules de 200 000 UI) | 12 à 59 mois : 3 750 capsules ; 6 à 11 mois : 500 demi-capsules, soit 250 capsules ; marge de 10 % | 4 400 capsules |
| Équipes | 10 750 ÷ (300 enfants par jour × 5 jours) | 8 équipes, 2 superviseurs |
Résultat simulé : 10 410 enfants vaccinés après le ratissage, soit une couverture administrative de 97 %. Le suivi rapide en porte-à-porte dans 10 zones tirées au sort trouve 93 % d'enfants vaccinés (vérifiés par carte ou marquage). L'équipe retient 93 % comme estimation la plus crédible, organise un rattrapage ciblé dans les deux secteurs les plus faibles et intègre la vaccination de routine dans les deux postes de santé dès la semaine suivante.
5. Indicateurs de suivi présentés au bailleur
| Indicateur | Cible | Source |
|---|---|---|
| Taux d'utilisation des soins (nouvelles consultations par personne et par an) | Au moins 1 | Registres, rapports mensuels |
| Consultations par clinicien et par jour | 50 au maximum | Registres, plannings |
| Proportion d'accouchements assistés par du personnel qualifié | Hausse progressive vers au moins 80 % (référence de base à mesurer) | Registres d'accouchement, surveillance communautaire des naissances |
| Couverture de la vaccination rougeole (enquête) | 95 % | Enquête de couverture post-campagne |
| Jours de rupture des médicaments traceurs | 0 | Fiches de stock |
| Survivants de violences sexuelles reçus dans les 72 heures, rapportés au total des survivants reçus | Hausse au fil du temps | Registre confidentiel de prise en charge |
10Intégrer la santé mentale et les maladies non transmissibles dans les soins primaires
Les décès liés aux maladies non transmissibles (diabète insulinodépendant, insuffisance cardiaque, crises d'asthme, épilepsie non traitée) et la détresse psychologique sévère sont des causes majeures de souffrance et de mortalité dans les crises, surtout en milieu urbain et dans les pays à revenu intermédiaire. Leur prise en charge relève des soins de santé primaires, pas uniquement de services spécialisés.
Santé mentale et soutien psychosocial : organiser l'offre
- Cartographier l'existant avec l'outil 4W du groupe de travail SMSPS (qui fait quoi, où et quand, à quel niveau de la pyramide de l'IASC).
- Former tous les personnels aux premiers secours psychologiques (guide de l'OMS et de ses partenaires, 2011), en un à deux jours.
- Former les cliniciens des soins primaires au Guide d'intervention humanitaire mhGAP (2015) : dépression modérée à sévère, psychose, épilepsie, troubles liés à l'usage de substances, stress aigu, deuil, auto-agression. La formation dure environ trois à cinq jours, suivie d'une supervision clinique régulière par un spécialiste, sans laquelle les compétences s'érodent rapidement.
- Assurer les psychotropes essentiels (antidépresseur, antipsychotique, antiépileptique, anxiolytique pour un usage bref) dans la liste de la structure, avec une procédure de suivi.
- Organiser l'orientation vers les services spécialisés et les services de protection, et des activités communautaires de soutien (groupes, espaces adaptés aux enfants) avec les autres secteurs.
Le Paquet de services minimum SMSPS publié par l'IASC et ses partenaires (2022) décrit les activités prioritaires à financer et à mettre en place dans chaque secteur ; il sert de grille aux bailleurs et aux clusters pour repérer les gaps.
Maladies non transmissibles : la continuité d'abord
- Identifier rapidement les patients sous traitement vital (insuline, anticonvulsivants, antihypertenseurs, dialyse) par les relais communautaires et l'enregistrement.
- Assurer la continuité des traitements avec le kit MNT et des protocoles simplifiés, par exemple ceux de l'ensemble d'outils HEARTS de l'OMS pour l'hypertension.
- Prévoir la chaîne du froid de l'insuline et des glucomètres avec bandelettes.
- Délivrer des traitements pour un mois quand le patient est stable, afin de réduire les déplacements.
- Planifier la référence pour les cas graves (dialyse, cancers) avec le cluster, en sachant que l'offre sera limitée.
Indicateur simple et utile : la proportion de patients hypertendus ou diabétiques enregistrés qui ont reçu leur traitement au cours du mois écoulé. Elle mesure la continuité, qui est l'objectif premier en urgence, bien mieux que le nombre de consultations.
11Erreurs fréquentes, variations de contexte, questions d'entretien et références
Erreurs fréquentes
| Erreur | Conséquence | Bonne pratique |
|---|---|---|
| Ouvrir une clinique parallèle à côté d'une structure publique qui fonctionne | Démotivation du personnel public, fuite des patients, sortie impossible | Appuyer l'existant en priorité, après vérification dans HeRAMS |
| Primes non harmonisées | Le personnel quitte les structures publiques pour les ONG les mieux payantes | Appliquer la grille de primes convenue au sein du cluster |
| Rester sur les kits au-delà de trois mois | Ruptures et péremptions simultanées | Fiches de stock dès le premier jour, quantification sur la consommation |
| Campagne rougeole repoussée en attendant une enquête de couverture | Épidémie meurtrière chez les enfants malnutris | Vacciner dès que la couverture est incertaine |
| DMU réduit à la distribution de kits | Pas de référence obstétricale la nuit, décès maternels évitables | Tester le circuit de référence, de nuit, avant de le déclarer fonctionnel |
| Services de prise en charge du viol non annoncés | Les survivants ne viennent pas, ou après 72 heures | Information communautaire répétée sur l'existence, la gratuité, la confidentialité et les délais |
| Cliniques mobiles sans calendrier fixe | Patients chroniques perdus de vue, vaccination incomplète | Jour et lieu fixes, relais communautaires entre les passages |
| Ignorer les frais indirects (transport, examens, médicaments achetés hors structure) | Accès réel faible malgré la gratuité affichée | Enquête sur les dépenses de santé, remboursement du transport pour la référence |
Ce que regardent bailleurs et évaluateurs
- La cohérence entre le paquet de services et les causes de mortalité identifiées.
- Le respect des protocoles nationaux et de la liste nationale des médicaments essentiels, et l'assurance qualité des achats.
- Des indicateurs de qualité, pas seulement de volume : charge par clinicien, respect des protocoles, audits d'ordonnances, satisfaction et mécanismes de plainte.
- L'intégration du DMU et de la SMSPS, de plus en plus vérifiée par les bailleurs et par les évaluations interagences.
- Une stratégie de sortie ou de transition crédible dès la conception.
- Pour les audits : la traçabilité des médicaments, du bon de commande à la délivrance au patient.
Variations selon le contexte
| Contexte | Adaptations principales |
|---|---|
| Crise soudaine | Kits et équipes médicales d'urgence en premier ; bascule rapide vers les soins de santé primaires et l'appui au système |
| Crise prolongée | Soutien au système de santé public (personnel, médicaments, supervision), financement basé sur la performance ou subventions aux structures, intégration au système d'information national |
| Camp | Structures dédiées possibles, mais ouvertes aussi à la population hôte pour éviter les tensions |
| Milieu urbain | Forte charge de MNT ; appui aux structures publiques et privées existantes, bons de santé ou transferts monétaires pour l'accès, cartographie des prestataires |
| Gestion à distance | Partenaires locaux ou personnel ministériel en première ligne, supervision par téléphone et vérification par des tiers, approvisionnement sécurisé, indicateurs de vérification simples |
| Insécurité | Plans de continuité, stocks prépositionnés dans les structures, personnel local protégé, communication avec toutes les parties sur la neutralité des structures |
| Partenaires locaux à faible capacité | Protocoles simplifiés, formation par compagnonnage, gestion des stocks accompagnée, transfert progressif des responsabilités |
Questions d'entretien et éléments d'une réponse solide
- « Combien de cliniciens prévoyez-vous pour une population de 20 000 personnes ? » Hypothèse explicite de taux d'utilisation, calcul des consultations par jour, ratio de 50 consultations par clinicien, marge pour les absences, distinction avec le repère système de 22 personnels pour 10 000, et adaptation selon les données réelles après quelques semaines.
- « Quelles sont les priorités du DMU dans les premières 48 heures ? » Coordinateur désigné, commande de kits, identification des structures de soins obstétricaux d'urgence, référence 24 heures sur 24, prise en charge clinique du viol avec ses délais (72 heures, 120 heures), prévention du VIH, contraception, kits d'accouchement hygiénique, sans attendre d'évaluation.
- « La couverture administrative de votre campagne est de 112 %. Que concluez-vous ? » Dénominateur sous-estimé ou enfants venus d'ailleurs ; vérification par suivi rapide et enquête post-campagne ; révision du dénominateur pour les autres programmes.
- « Comment passez-vous des kits aux commandes régulières ? » Fiches de stock dès le début, consommation moyenne corrigée des ruptures, formule de commande, stock de sécurité adapté au délai, assurance qualité et règles du bailleur.
- « Comment intégrez-vous la santé mentale dans un programme de soins primaires ? » Pyramide de l'IASC, premiers secours psychologiques pour tous, mhGAP pour les cliniciens avec supervision, psychotropes essentiels, orientation, coordination avec le groupe de travail SMSPS.
- « Un bailleur vous demande d'ouvrir une clinique dans une zone où le centre public fonctionne mal. Que proposez-vous ? » Appui au centre public (personnel, médicaments, supervision) plutôt que structure parallèle, avec des conditions et des indicateurs, et un argumentaire fondé sur la durabilité et sur les orientations du cluster.
Références clés
- Association Sphère, Le manuel Sphère, édition 2018, chapitre Santé (systèmes de santé, maladies transmissibles, santé de l'enfant, santé sexuelle et reproductive, santé mentale, maladies non transmissibles).
- Groupe de travail interorganisations sur la santé reproductive en situations de crise (IAWG), Manuel de terrain interorganisations sur la santé reproductive en situations de crise humanitaire, 2018, et liste de contrôle du DMU.
- UNFPA, Manuel des kits de santé reproductive interinstitutions pour les situations de crise, édition en vigueur.
- OMS, Kit sanitaire d'urgence interinstitutions 2017 et Kit pour les maladies non transmissibles.
- OMS, guides de planification et de mise en œuvre des campagnes de vaccination contre la rougeole et de suivi rapide de la couverture.
- OMS, Principes directeurs applicables aux dons de médicaments (2010) et Système modèle d'assurance qualité pour les agences d'approvisionnement.
- IASC, Directives sur la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d'urgence (2007) et Paquet de services minimum SMSPS.
- OMS et HCR, Guide d'intervention humanitaire mhGAP (2015) ; OMS et partenaires, Les premiers secours psychologiques : guide pour les travailleurs de terrain (2011).
- Médecins Sans Frontières, Guide clinique et thérapeutique et Médicaments essentiels : guide pratique d'utilisation.
- OMS et UNICEF, guide de la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME) et de la prise en charge intégrée des cas dans la communauté.
La nuit à la maternité
Centre de santé d'un camp de réfugiés
Vous êtes infirmier de garde, seul soignant qualifié la nuit.
À 23 h, une adolescente arrive accompagnée d'une voisine. Elle dit avoir été agressée sexuellement il y a deux jours. Une heure plus tard, une femme en travail saigne abondamment après l'accouchement. L'ambulance du camp est disponible, l'hôpital de référence est à 40 minutes.
Décision 1 sur 3Comment accueillez-vous l'adolescente ?
Décision 2 sur 3Que lui proposez-vous, 48 heures après l'agression ?
Décision 3 sur 3La femme qui a accouché saigne abondamment. Vous :
Ce qu'il faut retenir
Accueillir dans la confidentialité, respecter les délais critiques et assurer les soins obstétricaux d'urgence avec une référence fonctionnelle.
Exercice d'application : planifier un centre de santé
Pour un site de 30 000 déplacés arrivés il y a dix jours, sans structure de santé fonctionnelle, établissez un plan d'une page : nombre de structures et de personnels selon Sphère, paquet de services de la semaine 1 (dont DMU et rougeole), kits IEHK à commander et pour combien de temps, prise en charge des maladies chroniques, place de la santé mentale et indicateurs de suivi hebdomadaires.
À retenir
- Sphère : une structure de soins primaires pour 10 000 personnes, 22 personnels qualifiés pour 10 000, moins de 50 consultations par clinicien et par jour.
- DMU dès les 48 premières heures : PPE dans les 72 h, contraception d'urgence dans les 120 h, SONU et référence.
- Rougeole : 6 mois à 15 ans, 95 % de couverture, vitamine A pour les 6-59 mois.
- SMSPS : pyramide IASC à quatre niveaux, mhGAP et premiers secours psychologiques.
- IEHK pour démarrer (1 000 personnes / 3 mois par unité de base), puis commandes selon la consommation.
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Pour aller plus loin : références de la formation
- Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : Charte humanitaire et normes minimales (chapitre Santé). spherestandards.org/fr/manuel-2018
- Comité permanent interorganisations (IASC) (2007). Directives du CPI concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d'urgence. interagencystandingcommittee.org
- Groupe de travail interorganisations sur la santé reproductive en situations de crise (IAWG) (2018). Manuel de terrain interorganisations sur la santé reproductive en situations de crise humanitaire. iawg.net
- Organisation mondiale de la Santé (2012). Outbreak surveillance and response in humanitarian emergencies: WHO guidelines for EWARN implementation. www.who.int
- Organisation mondiale de la Santé (2017). Kit sanitaire d'urgence interinstitutions (IEHK) 2017. www.who.int
- Global Task Force on Cholera Control (GTFCC) (2017). Ending Cholera: A Global Roadmap to 2030. www.gtfcc.org
- Global Health Cluster, Organisation mondiale de la Santé (2020). Health Cluster Guide: a practical handbook. healthcluster.who.int
- Organisation mondiale de la Santé (2018). Surveillance System for Attacks on Health Care (SSA). extranet.who.int/ssa
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