Jour 3 sur 4 · 6 heures · Niveau 2 Intermédiaire

Qualité, protection et coordination

Objectifs du jour
  • Intégrer le soutien psychosocial et l'apprentissage socio-émotionnel dans la classe.
  • Protéger l'éducation contre les attaques et les risques, et suivre les apprentissages.
  • Coordonner la réponse avec le cluster Éducation et mobiliser les financements, dont Education Cannot Wait.

1Soutien psychosocial et apprentissage socio-émotionnel

Les élèves arrivent avec des peurs, des deuils, des troubles du sommeil ou de la concentration. La plupart retrouvent un équilibre grâce à un environnement sûr, prévisible et bienveillant. Dans la pyramide des interventions en santé mentale et soutien psychosocial (SMSPS) du Comité permanent inter-organisations (IASC), l'école agit surtout aux deux premiers niveaux : services de base sûrs et soutiens communautaires et familiaux.

  • Soutien psychosocial : routines, accueil chaleureux, activités ludiques, sportives et artistiques, discipline positive, lien avec les familles.
  • Apprentissage socio-émotionnel (ASE) : séances courtes et régulières pour apprendre à reconnaître ses émotions, gérer le stress, coopérer et résoudre les conflits, intégrées aux leçons de lecture ou de mathématiques.
  • Référencement : l'enseignant n'est pas thérapeute. Un enfant en détresse sévère, victime de violence ou à risque est orienté, avec discrétion, vers les services de protection de l'enfance ou de santé mentale selon la procédure convenue.

La note d'orientation de l'INEE sur le soutien psychosocial et l'apprentissage socio-émotionnel (2018) détaille ces pratiques.

2Des écoles sûres : attaques et risques

L'éducation est attaquée dans de nombreux conflits : bombardements d'écoles, enlèvements d'élèves, menaces contre les enseignantes, utilisation militaire des bâtiments. Les attaques contre les écoles font partie des six violations graves contre les enfants suivies par le mécanisme de surveillance et de communication de l'information des Nations unies (MRM). La Déclaration sur la sécurité dans les écoles, ouverte à l'adhésion des États à Oslo en 2015 et portée par la Coalition mondiale pour la protection de l'éducation contre les attaques (GCPEA), engage plus d'une centaine d'États, notamment à appliquer les Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l'utilisation militaire.

Sur le terrain : plans de sécurité de l'école, systèmes d'alerte avec la communauté, horaires et itinéraires adaptés, exercices d'évacuation, documentation et signalement des incidents au cluster et au MRM, dialogue avec les acteurs armés par les organisations mandatées. Pour les catastrophes, le Cadre global pour la sécurité scolaire repose sur trois piliers : installations sûres, gestion des risques à l'école, éducation à la réduction des risques et à la résilience.

3Suivre les apprentissages

Compter les élèves inscrits ne dit pas s'ils apprennent. Un dispositif de suivi solide combine :

  • Évaluation de départ des compétences fondamentales en lecture et en calcul (outils rapides inspirés d'EGRA et d'EGMA, ou tests du ministère), pour regrouper les élèves par niveau.
  • Évaluation formative en classe, régulière, qui permet à l'enseignant d'ajuster son enseignement.
  • Évaluation de fin de cycle, comparée à la situation de départ, et mesure du bien-être et des compétences socio-émotionnelles avec des outils validés.
  • Indicateurs de processus : présence des élèves et des enseignants, ratio élèves par enseignant, disponibilité des manuels, visites d'accompagnement réalisées.

Les approches d'enseignement au bon niveau (regroupement par niveau plutôt que par âge) donnent de bons résultats pour rattraper les compétences de base. Les résultats sont analysés par sexe, âge et handicap, restitués aux comités de parents et utilisés pour décider.

4Le cluster Éducation et Education Cannot Wait

Le cluster Éducation est codirigé au niveau mondial par l'UNICEF et Save the Children ; au niveau national, il travaille avec le ministère de l'Éducation, qui le copilote souvent. Ses fonctions : JENA et analyse commune, cartographie 5W, normes harmonisées (primes, kits, EAT), plan de réponse sectoriel dans le HRP, suivi des gaps et plaidoyer. Dans les situations de réfugiés, la coordination de l'éducation relève du HCR avec le gouvernement, selon le modèle de coordination pour les réfugiés.

Education Cannot Wait (ECW), fonds mondial des Nations unies pour l'éducation en urgence et les crises prolongées créé en 2016 lors du Sommet humanitaire mondial et hébergé par l'UNICEF, finance des réponses d'urgence initiales (First Emergency Response) et des programmes pluriannuels de résilience (MYRP), conçus avec le gouvernement, le cluster ou le groupe des partenaires de l'éducation et les acteurs du développement. Pour une ONG, être active au cluster est souvent la condition pour accéder à ces financements.

Cours approfondi

Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.

5Intégrer le soutien psychosocial et l'ASE dans la classe : méthode et protocole de référencement

La note d'orientation de l'INEE sur le soutien psychosocial et l'apprentissage socio-émotionnel (2018) et les directives de l'IASC sur la santé mentale et le soutien psychosocial (2007) fixent le cadre. Sur le terrain, la difficulté n'est pas de comprendre la pyramide des interventions, mais d'organiser concrètement trois choses : un environnement de classe qui protège, des séances d'apprentissage socio-émotionnel (ASE) régulières et un circuit de référencement qui fonctionne.

Niveau 1 : un environnement de classe protecteur

  • Routine quotidienne fixe : accueil individuel à la porte, activité d'ouverture (chant, cercle), annonce du programme de la journée, rituel de clôture. La prévisibilité réduit l'anxiété.
  • Règles co-construites avec les élèves, affichées, peu nombreuses (4 à 6), formulées positivement.
  • Discipline positive : pas de châtiment corporel ni d'humiliation ; renforcement des comportements attendus, conséquences logiques et proportionnées, entretien individuel.
  • Temps de jeu et d'expression structurés : sport, dessin, théâtre, au moins 30 minutes par jour en début de réponse.

Niveau 2 : un programme d'ASE structuré

Les séances d'ASE sont courtes (20 à 30 minutes), au moins deux à trois fois par semaine, et suivent une progression : reconnaître et nommer ses émotions ; gérer le stress (respiration, ancrage) ; coopérer et communiquer ; résoudre un conflit ; se fixer un objectif. Elles s'appuient sur un guide de séances clé en main pour l'enseignant, car un enseignant peu formé ne peut pas improviser un programme. Plusieurs organisations proposent de tels guides (par exemple les approches de type « Healing and Education Through the Arts » de Save the Children, ou « Healing Classrooms » de l'IRC) ; le cluster ou le groupe de travail SMSPS indique ceux qui sont adaptés et traduits dans le pays.

Protocole de référencement : qui fait quoi

Signe observéAction de l'enseignantDélaiDestinataire
Tristesse, retrait, difficulté de concentration modérésAttention bienveillante, activités calmes, contact avec la familleSuivi sur 2 à 4 semainesConseiller pédagogique informé
Signes persistants ou aggravés (plus d'un mois), comportement très perturbé, régression importanteRemplir la fiche de référencement avec le point focal de l'écoleDans la semaineService de gestion de cas de protection de l'enfance ou service SMSPS
Divulgation de violence, d'abus ou d'exploitationÉcouter, ne pas questionner, rassurer, ne pas promettre le secretLe jour mêmePoint focal protection de l'enfance selon la procédure convenue
Idées suicidaires, automutilation, danger immédiatNe pas laisser l'enfant seul, alerter immédiatementImmédiatPoint focal protection et service de santé
Enfant séparé ou non accompagné repéréNoter les informations de base sans interrogatoireLe jour mêmeActeur de recherche familiale et de prise en charge alternative

Pour que ce protocole fonctionne : une cartographie des services à jour (qui, où, horaires, critères), un accord écrit avec le partenaire de protection de l'enfance, un point focal par école formé, une fiche de référencement confidentielle et un suivi de la réponse (l'enseignant doit savoir que l'enfant a été pris en charge, sans connaître les détails).

Mesurer le bien-être sans nuire

On utilise des outils validés et adaptés, administrés en groupe ou par des personnes formées, avec des questions qui ne ravivent pas les traumatismes. Exemples d'outils utilisés dans le secteur : l'évaluation internationale de l'apprentissage socio-émotionnel (ISELA) et l'évaluation holistique des résultats d'apprentissage et de développement (HALDO) de Save the Children, ou des modules de bien-être intégrés aux évaluations de lecture. Les résultats servent à ajuster le programme, jamais à étiqueter des enfants.

L'enseignant n'est ni psychologue ni enquêteur. Son rôle : créer un cadre sûr, enseigner des compétences socio-émotionnelles, repérer et orienter selon une procédure connue. Tout ce qui va au-delà relève de professionnels.

6Sécurité des écoles : plan de sécurité, gestion des incidents et documentation

Le Cadre global pour la sécurité scolaire (version 2022 à 2030, porté par l'Alliance mondiale pour la réduction des risques de catastrophe et la résilience dans le secteur de l'éducation, GADRRRES) s'applique à tous les aléas, y compris les conflits et la violence. Ses piliers (installations d'apprentissage sûres, gestion de la sécurité et de la résilience à l'école, éducation à la réduction des risques et à la résilience), appuyés sur des systèmes et politiques favorables, se traduisent sur le terrain par un plan de sécurité par école.

Élaborer le plan de sécurité d'une école en 5 étapes

  1. Comité : directeur, deux enseignants (une femme, un homme), deux parents, deux élèves délégués du dernier niveau, un représentant de la communauté. Il se réunit une demi-journée avec l'appui de l'ONG.
  2. Cartographie des risques : dessin de l'école et de ses environs avec les élèves (trajets dangereux, zones de combat, postes armés, rivières, zones suspectées de contamination par des engins explosifs) ; liste des aléas (attaque, enlèvement, utilisation militaire, inondation, incendie, épidémie).
  3. Analyse : probabilité et gravité de chaque aléa, sur une échelle de 1 à 3, et mesures de réduction.
  4. Procédures : évacuation, confinement, regroupement familial (remise des enfants aux seuls adultes autorisés), alerte, communication avec l'ONG et les autorités, fermeture temporaire et reprise.
  5. Exercices : au moins un par trimestre, évalués, avec mise à jour du plan.
AléaProbabilitéGravitéMesures de réductionResponsable
Passage de groupes armés sur la route du marché33Horaires décalés, trajets en groupe accompagnés, accès par l'arrière du site, système d'alerte par téléphone du comitéComité de gestion
Demande d'utilisation des salles par des forces armées23Consigne écrite au directeur, information immédiate de l'ONG, plaidoyer par les acteurs mandatés fondé sur les Lignes directricesDirecteur, ONG
Inondation de la cour en saison des pluies22Drainage, surélévation des planchers, plan de fermetureONG, technicien
Enfant blessé par un engin explosif sur le trajet13Éducation aux risques des engins explosifs, signalement aux acteurs de la lutte antimines, itinéraires vérifiésEnseignants, partenaire de lutte antimines

Gérer un incident : la séquence

  1. Mettre les élèves et le personnel en sécurité selon la procédure (confinement ou évacuation).
  2. Alerter le responsable de l'ONG et le responsable sécurité ; ne pas improviser de négociation.
  3. Rendre les enfants aux familles selon la procédure de regroupement.
  4. Documenter dans les 24 à 48 heures : date, heure, lieu, nature, auteurs présumés sans spéculation, conséquences (blessés, jours d'école perdus, élèves touchés), sources. Aucune donnée nominative d'enfant dans les rapports de coordination.
  5. Transmettre selon les canaux convenus : rapport d'incident interne, cluster Éducation (données agrégées), acteurs du MRM par l'intermédiaire du point focal désigné, sans enquêter soi-même sur la violation.
  6. Décider de la reprise avec la communauté : réouverture, déplacement temporaire, apprentissage à distance, soutien psychosocial renforcé.

Le cadre juridique et politique à connaître

  • Le MRM a été établi par la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité ; les attaques contre les écoles et les hôpitaux sont devenues un critère d'inscription des parties dans les annexes du rapport du Secrétaire général avec la résolution 1998 (2011).
  • La Déclaration sur la sécurité dans les écoles (2015) engage les États adhérents à utiliser les Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l'utilisation militaire durant les conflits armés.
  • Le droit international humanitaire protège les écoles comme biens de caractère civil, sauf si elles sont utilisées à des fins militaires : c'est précisément pourquoi l'utilisation militaire met les élèves en danger.
  • La Coalition mondiale pour la protection de l'éducation contre les attaques (GCPEA) publie un rapport de référence, Education under Attack, qui documente les tendances et propose des définitions communes.

Une ONG éducation documente et transmet ; elle n'enquête pas sur les violations et ne négocie pas seule avec les acteurs armés. Ces fonctions relèvent d'acteurs mandatés et formés, et le mélange des rôles met en danger les équipes et les écoles.

7Suivre les apprentissages : dispositif complet et exemple chiffré

Les bailleurs, et en particulier Education Cannot Wait, attendent désormais des résultats d'apprentissage et pas seulement des chiffres d'inscription. Un dispositif solide comporte un outil adapté, un échantillon réfléchi, une ligne de base et une mesure finale comparables, et surtout une utilisation des résultats pour adapter l'enseignement.

Choisir l'outil

OutilCe qu'il mesureAdministrationUsage typique
EGRA (évaluation des compétences fondamentales en lecture)Connaissance des lettres, décodage, fluidité, compréhensionIndividuelle, 15 minutes, évaluateur forméLigne de base et mesure finale, échantillon
EGMA (évaluation des compétences fondamentales en mathématiques)Numération, opérations, problèmesIndividuelle, 15 minutesIdem
Outils de type ASER ou réseau PALNiveau atteint (lettre, mot, paragraphe, histoire ; opérations)Individuelle, 5 minutes, par l'enseignantRegroupement par niveau, suivi trimestriel de toute la classe
Évaluations formatives en classeAcquisition de la leçon ou de l'unitéCollective ou individuelleAjustement quotidien et hebdomadaire
Outils de bien-être et d'ASE (ISELA, HALDO)Compétences socio-émotionnelles, bien-êtreIndividuelle ou en petits groupesLigne de base et mesure finale

Exemple : programme de rattrapage à Kessala

Le programme couvre 24 écoles et 7 800 élèves de 8 à 12 ans. Plan de mesure : échantillon aléatoire stratifié de 12 écoles sur 24, 20 élèves par école tirés au sort sur le registre (10 filles, 10 garçons), soit 240 élèves, avec une marge de 20 % pour compenser les absents et les abandons (288 élèves à sélectionner). Les mêmes élèves sont réévalués à la fin de l'année (suivi longitudinal). Indicateur principal : proportion d'élèves capables de lire un paragraphe simple avec compréhension (au moins 3 questions sur 5).

RésultatLigne de base (octobre)Fin d'année (juin)Variation
Lisent un paragraphe avec compréhension, filles14 %39 %+25 points
Lisent un paragraphe avec compréhension, garçons17 %41 %+24 points
Enfants avec difficulté fonctionnelle (n = 21)5 %19 %+14 points
Ne reconnaissent aucune lettre31 %9 %-22 points
Résolvent une soustraction à deux chiffres22 %48 %+26 points
Élèves de l'échantillon retrouvés en fin d'année240203attrition de 15 %

Interpréter avec rigueur

  • Attribution : sans groupe de comparaison, la progression ne peut pas être entièrement attribuée au programme (une année de scolarisation produit de toute façon des progrès). On parle de « progression observée chez les élèves du programme ».
  • Attrition : les 37 élèves perdus de vue sont peut-être les plus fragiles ; comparer leurs scores de ligne de base à ceux des élèves restés.
  • Désagrégation : l'écart pour les enfants avec difficulté fonctionnelle (+14 points contre +25) est un signal d'alerte, même si l'effectif (21) impose la prudence. Décision : renforcer les assistants d'inclusion et le dépistage.
  • Utilisation : les résultats par école, présentés aux enseignants et aux comités de gestion, déclenchent un plan d'action. Une école où la progression est nulle reçoit des visites de coaching supplémentaires.

Indicateurs de processus à suivre chaque mois

  • Taux de présence des élèves par sexe, âge et handicap (seuil d'alerte souvent fixé à 80 %).
  • Taux de présence des enseignants et retards de paiement.
  • Nombre de visites de classe réalisées par rapport au plan, et score moyen de la grille d'observation.
  • Ratio élèves par manuel ou par kit de lecture.
  • Nombre de référencements effectués et pris en charge.

Un résultat d'apprentissage qui n'a jamais été montré aux enseignants n'a servi qu'au rapport du bailleur. Le dispositif de suivi est d'abord un outil pédagogique.

8Travailler avec le cluster et préparer une demande ECW : méthode concrète

Pour une ONG, la coordination n'est pas une obligation administrative : c'est le lieu où se décident les zones d'intervention, les standards, les priorités de financement et les messages de plaidoyer. Les organisations absentes des réunions ou qui rapportent mal leurs activités sont rarement retenues dans les allocations des fonds communs ou des programmes d'Education Cannot Wait.

Les obligations régulières d'un partenaire du cluster

ObligationFréquenceContenuErreur fréquente
Rapport 5W (qui fait quoi, où, quand, pour qui)MensuelleActivités par localité, bénéficiaires par sexe, âge, handicap et statut, partenaires de mise en œuvreDouble comptage entre partenaire principal et partenaire local ; cumul d'enfants touchés par plusieurs activités
Réunions de coordinationBimensuelle ou mensuelleMise à jour, gaps, incidents, standardsEnvoyer un stagiaire sans mandat ni données
Contribution au HNO et au HRPAnnuelleDonnées, participation aux ateliers, projets alignésSoumettre des cibles sans lien avec le PiN
Signalement des incidentsImmédiateAttaques, occupations, fermetures, selon le format convenuTransmettre des informations nominatives
Groupes de travail techniquesSelon besoinPrimes des enseignants, EAT, kits, apprentissages, transferts monétairesNe pas appliquer les standards adoptés

Éviter le double comptage dans la 5W

Le cluster suit en général un indicateur principal du type « nombre d'enfants ayant accès à l'éducation formelle ou non formelle ». Un enfant qui reçoit un kit, bénéficie d'une salle réhabilitée et suit un programme d'ASE est compté une fois pour cet indicateur. Les activités sont rapportées dans des indicateurs séparés (kits distribués, salles construites, enseignants formés). Quand une ONG internationale finance un partenaire local, une seule organisation rapporte les bénéficiaires, et la 5W indique les deux noms.

Préparer une demande au titre de la réponse d'urgence initiale d'ECW

  1. Déclenchement : ECW consulte le coordonnateur humanitaire, le cluster ou le groupe de coordination éducation et les agences ; c'est le cluster qui organise la priorisation, pas l'ONG seule.
  2. Priorisation au cluster : zones et groupes prioritaires selon la sévérité, gaps de couverture, capacité opérationnelle des partenaires. Critères écrits et partagés.
  3. Conception : un paquet cohérent (accès, protection, bien-être, apprentissage), des cibles chiffrées, des indicateurs alignés sur le cadre de résultats d'ECW, une durée généralement de l'ordre de 12 mois.
  4. Budget : coût par enfant justifié, part transférée aux organisations locales et nationales, coûts de suivi et de protection de l'enfance inclus.
  5. Revue : vérification de la cohérence avec le HRP, de l'inclusion (filles, enfants handicapés, réfugiés et déplacés), du respect des standards du cluster et de la politique de protection.

Ce que regardent ECW et les autres bailleurs

  • Alignement sur l'analyse conjointe et les priorités du cluster.
  • Ciblage des filles (ECW fixe des objectifs élevés de participation des filles dans ses programmes) et des enfants handicapés, avec des mesures concrètes et budgétées.
  • Résultats d'apprentissage et de bien-être mesurés, pas seulement l'accès.
  • Localisation : place réelle des organisations nationales dans la conception, la mise en œuvre et le budget.
  • Lien avec les programmes pluriannuels de résilience et le système national.

Le meilleur argument d'une ONG dans une allocation est sa crédibilité au cluster : données fiables et à jour dans la 5W, respect des standards, présence active dans les groupes de travail, incidents bien documentés.

9Erreurs fréquentes et adaptations selon le contexte

Erreurs fréquentes en matière de qualité et de protection

ErreurConséquenceComment l'éviter
Activités psychosociales ponctuelles (journée récréative) présentées comme un programme SMSPSAucun effet durable ; rapport trompeurSéances régulières, guide structuré, indicateurs de bien-être
Enseignants invités à faire « parler » les enfants de ce qu'ils ont vécuRetraumatisation, divulgations sans suiteFormation claire sur les limites du rôle, protocole de référencement
Référencement vers des services qui n'existent pas ou sont saturésPerte de confiance des famillesCartographie des services à jour, accord avec le partenaire, suivi des référencements
Plan de sécurité rédigé par l'ONG sans la communautéPlan inconnu et inapplicableComité mixte, exercices réguliers
Coordonnées précises d'écoles attaquées diffusées dans un rapport publicExposition à de nouvelles attaquesAnalyse de sensibilité des données, niveau administratif agrégé
Évaluation des apprentissages sur toute la population avec des enseignants non formésDonnées inutilisables, coût élevéÉchantillon, évaluateurs formés, double codage d'une partie des tests
Résultats présentés sans désagrégationInégalités invisiblesTableaux systématiques par sexe, âge, handicap et statut

Adapter selon le contexte

  • Urgence soudaine : activités récréatives et psychosociales structurées dès la première semaine, en lien avec les espaces amis des enfants de la protection de l'enfance ; ASE et contenus scolaires introduits progressivement ; évaluation des apprentissages reportée au deuxième ou troisième mois.
  • Crise prolongée : passage d'activités psychosociales à un programme d'ASE intégré au programme scolaire national ; évaluation des apprentissages annuelle alignée sur les outils du ministère ; renforcement des inspections.
  • Camp : forte densité, nombreux acteurs ; coordination fine avec la gestion du camp et la protection ; risques liés aux trajets moins élevés mais risques de violences dans le camp.
  • Milieu urbain : enfants dispersés, inscrits dans des écoles publiques surchargées ; appui aux écoles hôtes, cours de rattrapage hors temps scolaire, transferts monétaires ; la sécurité des trajets dépend de l'environnement urbain (circulation, gangs).
  • Insécurité active : apprentissage à distance (radio, supports imprimés distribués par les comités, appels téléphoniques des enseignants), petits groupes communautaires proches des domiciles, horaires adaptés, possibilité de suspendre sans perdre le lien avec les élèves.
  • Gestion à distance : suivi par des tiers, appels de vérification aux comités de gestion, photos datées des registres sans données personnelles, renforcement des partenaires locaux pour la protection et le référencement.
  • Partenaires locaux de faible capacité : appui progressif sur la gestion de cas, la sécurité, le suivi des apprentissages ; outils simplifiés ; financement de leurs coûts de fonctionnement.

Lien avec les autres secteurs

L'école est une plateforme : alimentation scolaire avec le secteur de la sécurité alimentaire (le Programme alimentaire mondial et les autorités), dépistage nutritionnel, vaccination et déparasitage avec la santé, éducation à l'hygiène et installations avec l'EHA, éducation aux risques des engins explosifs avec la lutte antimines, référencement avec la protection de l'enfance et la prise en charge des violences basées sur le genre. Chaque lien doit être formalisé (accord, procédure, points focaux), sinon il reste théorique.

10Questions d'entretien et références clés

Questions et éléments d'une bonne réponse

  1. « Comment intégreriez-vous le soutien psychosocial dans un programme éducation ? » Environnement protecteur (routines, discipline positive), séances d'ASE régulières avec un guide structuré, formation et soutien des enseignants, protocole de référencement avec la protection de l'enfance, outils de mesure validés. Le candidat situe l'école aux premiers niveaux de la pyramide de l'IASC et précise ce que l'enseignant ne doit pas faire.
  2. « Un groupe armé occupe une école que vous soutenez. Quelles sont vos actions ? » Sécurité des élèves et du personnel, information du responsable sécurité, documentation factuelle, transmission au cluster et aux acteurs du MRM par les canaux convenus, solution de continuité éducative, plaidoyer coordonné fondé sur la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. Pas de négociation individuelle.
  3. « Comment mesurez-vous les apprentissages dans un programme d'urgence ? » Choix d'un outil adapté (EGRA et EGMA, outils rapides de type ASER), échantillon, ligne de base et mesure finale sur les mêmes élèves, évaluateurs formés, désagrégation, limites d'attribution, utilisation pédagogique des résultats.
  4. « Vos résultats montrent que les élèves handicapés progressent deux fois moins que les autres. Que faites-vous ? » Vérifier la taille de l'échantillon et la qualité des données, analyser les causes (accessibilité, aides techniques, pédagogie, présence), adapter (assistants, formation, dépistage), suivre de près, en rendre compte honnêtement au bailleur.
  5. « Quel est le rôle du cluster Éducation et qu'attendez-vous d'un partenaire ? » Fonctions du cluster (analyse, 5W, standards, HRP, plaidoyer, renforcement des capacités), codirection mondiale UNICEF et Save the Children, rôle du ministère ; obligations du partenaire (rapportage fiable, respect des standards, participation).
  6. « Comment fonctionne Education Cannot Wait ? » Fonds hébergé par l'UNICEF, créé en 2016 ; réponses d'urgence initiales, programmes pluriannuels de résilience, mécanisme d'accélération ; processus piloté par la coordination nationale ; exigences sur les filles, le handicap, les apprentissages et la localisation.

Références clés

  • INEE, Note d'orientation sur le soutien psychosocial et l'apprentissage socio-émotionnel (2018) et boîte à outils associée.
  • IASC, Directives sur la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d'urgence (2007).
  • GADRRRES, Cadre global pour la sécurité scolaire 2022-2030.
  • GCPEA, Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l'utilisation militaire durant les conflits armés et rapports Education under Attack.
  • Déclaration sur la sécurité dans les écoles (2015).
  • Résolutions 1612 (2005) et 1998 (2011) du Conseil de sécurité des Nations unies ; manuel de terrain du MRM.
  • RTI International et USAID, boîtes à outils EGRA et EGMA ; réseau PAL et ASER pour les évaluations citoyennes.
  • Save the Children, outils ISELA, IDELA et HALDO.
  • Global Education Cluster, Manuel du coordinateur, cadre d'indicateurs et orientations sur la 5W.
  • Education Cannot Wait, cadre de résultats, orientations pour les réponses d'urgence initiales et les programmes pluriannuels de résilience.
Mise en situation

La fin du financement

Camp de réfugiés installé depuis six ans

Votre rôle

Vous êtes coordinateur éducation de votre ONG et participez au groupe de travail éducation présidé par le HCR et le ministère.

Votre principal bailleur annonce la fin de son financement dans neuf mois. Vous gérez 24 classes d'éducation accélérée et payez 85 enseignants réfugiés. Les écoles publiques voisines pourraient accueillir une partie des élèves, mais la langue d'enseignement est différente.

  1. Décision 1 sur 3Quelle est votre première démarche ?

  2. Décision 2 sur 3Comment préparez-vous les élèves des classes accélérées ?

  3. Décision 3 sur 3Que proposez-vous pour les 85 enseignants réfugiés ?

Exercice d'application : préparer la réunion du cluster

Votre ONG gère 14 espaces d'apprentissage. En un mois : 3 incidents de sécurité près de deux sites (dont l'installation d'un poste armé à 200 m d'une école), une présence moyenne des filles en baisse de 78 % à 61 %, et une évaluation de départ montrant que 70 % des élèves de 10 ans ne lisent pas un texte simple. Préparez votre contribution : données à partager, incidents à documenter, mesures prises, besoins à signaler et proposition de plaidoyer commun.

À retenir

  • L'école agit aux premiers niveaux de la pyramide SMSPS ; l'enseignant soutient et réfère, il ne soigne pas.
  • ASE : séances courtes, régulières, intégrées aux apprentissages.
  • Attaques contre les écoles = violation grave suivie par le MRM ; Déclaration sur la sécurité dans les écoles (2015).
  • Suivi des apprentissages : évaluation de départ, formative et finale, désagrégée.
  • Cluster Éducation codirigé par l'UNICEF et Save the Children ; ECW finance l'urgence et les programmes pluriannuels.

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Pour aller plus loin : références de la formation
  1. Réseau inter-agences pour l'éducation en situation d'urgence (INEE) (2024). Normes minimales pour l'éducation : préparation, interventions, relèvement. inee.org/minimum-standards
  2. Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : Charte humanitaire et normes minimales de l'intervention humanitaire. spherestandards.org/fr/manuel-2018
  3. Global Education Cluster (UNICEF et Save the Children) (2024). Global Education Cluster : outils de coordination et Joint Education Needs Assessment (JENA). www.educationcluster.net
  4. Education Cannot Wait (2024). Education Cannot Wait : fonds mondial pour l'éducation en situation d'urgence et de crise prolongée. www.educationcannotwait.org
  5. Coalition mondiale pour la protection de l'éducation contre les attaques (GCPEA) (2015). Déclaration sur la sécurité dans les écoles et Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l'utilisation militaire. protectingeducation.org
  6. INEE (2018). Note d'orientation de l'INEE sur le soutien psychosocial et l'apprentissage socio-émotionnel. inee.org
  7. Accelerated Education Working Group (AEWG) (2017). Accelerated Education: 10 Principles for Effective Practice. inee.org
  8. IASC (2007). Directives du Comité permanent inter-organisations concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d'urgence. interagencystandingcommittee.org

Quiz du jour

3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.

1Au niveau mondial, le cluster Éducation est codirigé par :
2Un élève montre des signes de détresse sévère et parle de violences à la maison. L'enseignant doit :
3Les Lignes directrices associées à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles portent principalement sur :

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