- Définir la sécurité alimentaire et ses quatre piliers.
- Utiliser les indicateurs de consommation et d'adaptation des ménages.
- Lire une analyse IPC et comprendre ses phases.
1Les quatre piliers de la sécurité alimentaire
Il y a sécurité alimentaire lorsque toutes les personnes ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive pour mener une vie active et saine (Sommet mondial de l'alimentation, 1996). Quatre piliers la composent :
- Disponibilité : la nourriture existe dans la zone (production, stocks, importations, aide).
- Accès : les ménages peuvent l'obtenir (revenus, prix, marchés, sécurité des routes).
- Utilisation : la nourriture est bien préparée et bien absorbée (eau, santé, pratiques).
- Stabilité : les trois autres piliers tiennent dans le temps, malgré les chocs.
En urgence, le problème est souvent l'accès plus que la disponibilité : les marchés sont pleins mais les ménages ont perdu leurs revenus.
2Les moyens d'existence
Les moyens d'existence sont les capacités, les biens et les activités qui permettent de vivre : terres, bétail, outils, savoir-faire, emploi, réseaux sociaux, épargne. Un choc (sécheresse, conflit, inondation, flambée des prix) les détruit ou les rend inaccessibles.
Pour faire face, les ménages adoptent des stratégies d'adaptation : réduire les repas, emprunter, vendre des biens. Certaines sont réversibles ; d'autres, comme vendre les dernières femelles reproductrices, les semences ou retirer les enfants de l'école, compromettent l'avenir. L'objectif d'une réponse est aussi d'éviter ces stratégies de crise.
3Les indicateurs des ménages
Plusieurs indicateurs standards, utilisés notamment par le PAM, mesurent la situation :
- Score de consommation alimentaire (SCA ou FCS) : fréquence et diversité des aliments consommés sur 7 jours, classée en pauvre, limite ou acceptable.
- Indice réduit des stratégies d'adaptation (rCSI) : fréquence de cinq stratégies alimentaires (moins de repas, portions réduites, emprunt de nourriture…).
- Stratégies d'adaptation liées aux moyens d'existence : stress, crise ou urgence.
- Échelle de la faim des ménages (HHS) et part des dépenses alimentaires : plus elle est élevée, plus le ménage est vulnérable.
Le PAM les combine dans l'approche CARI pour classer les ménages en quatre groupes de sécurité alimentaire.
4L'IPC, langage commun de la crise alimentaire
Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) classe les zones et les populations en cinq phases : 1 minimale, 2 stress, 3 crise, 4 urgence, 5 catastrophe ou famine. Une zone est classée en famine quand au moins 20 % des ménages font face à un déficit alimentaire extrême, que la malnutrition aiguë globale atteint au moins 30 % et que la mortalité dépasse 2 décès pour 10 000 personnes par jour.
L'analyse IPC est faite par un groupe technique national, à partir de toutes les données disponibles, et inclut des projections. Les populations en phase 3 ou plus ont besoin d'une action urgente. En Afrique de l'Ouest, le Cadre Harmonisé joue le même rôle.
Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.
5Conduire une évaluation de la sécurité alimentaire : la méthode complète
Une évaluation de la sécurité alimentaire n'est pas une enquête isolée : c'est une séquence d'étapes qui va de la revue des données existantes à la recommandation de réponse, chacune avec son calendrier, ses responsables et ses limites. Le standard Sphère sur l'évaluation de la sécurité alimentaire (chapitre Sécurité alimentaire et nutrition, standard 1.1) demande que les situations soient évaluées avec des méthodes reconnues, que l'analyse couvre la sécurité alimentaire, les moyens d'existence, les marchés et les capacités locales, et que les résultats soient partagés avec les autres acteurs. Le guide technique de référence reste le manuel d'évaluation de la sécurité alimentaire en situation d'urgence (EFSA) du PAM, complété par les orientations du cluster Sécurité alimentaire et, dans les opérations de réfugiés, par les missions d'évaluation conjointes HCR-PAM (JAM).
La séquence type après un choc soudain
| Phase | Délai indicatif | Produit | Qui |
|---|---|---|---|
| Revue des données secondaires | 48 à 72 heures | Note de 3 à 5 pages : situation avant le choc, profils des moyens d'existence, calendrier saisonnier, prix de référence, populations touchées estimées, lacunes d'information | Analyste sécurité alimentaire, avec le cluster et OCHA |
| Évaluation rapide conjointe (type MIRA ou évaluation rapide du cluster) | 1 à 2 semaines | Entretiens avec informateurs clés au niveau des villages ou des sites, observation des marchés, priorités géographiques | Équipes mixtes des partenaires du cluster, formulaire commun |
| Évaluation approfondie auprès des ménages (EFSA, MSNA ou enquête du cluster) | 4 à 8 semaines après le choc | Prévalence de l'insécurité alimentaire par strate, profils des ménages touchés, causes, recommandations chiffrées | PAM, FAO, ONG partenaires, services statistiques nationaux si possible |
| Suivi de la situation | Mensuel à trimestriel | Tableaux de bord prix, consommation, stratégies d'adaptation ; alimentation des cycles IPC ou Cadre Harmonisé | Système de suivi commun ou dispositif de chaque organisation |
En crise prolongée, la séquence est différente : il n'y a plus de « jour J » mais des cycles réguliers, souvent calés sur le calendrier agricole et sur l'analyse IPC (par exemple une enquête de soudure et une enquête post-récolte). L'enjeu est alors la comparabilité dans le temps : même questionnaire, même saison, même méthode d'échantillonnage.
Étape 1 : la revue des données secondaires
Avant d'envoyer une seule équipe sur le terrain, l'analyste rassemble ce qui existe : analyses IPC ou Cadre Harmonisé précédentes, profils HEA des zones de moyens d'existence, bulletins du système d'alerte précoce (national, FEWS NET là où il opère, SMIAR de la FAO), séries de prix du PAM et des systèmes nationaux d'information sur les marchés, enquêtes nutritionnelles SMART, données de production agricole, rapports de déplacement de l'OIM (matrice de suivi des déplacements), enquêtes démographiques et de santé. On rédige pour chaque pilier un état « avant le choc », puis une hypothèse sur l'effet du choc. Cette revue permet de réduire le questionnaire aux informations qui manquent réellement, ce qui fait gagner du temps aux ménages et aux équipes.
Étape 2 : définir les questions et le plan d'analyse
Une évaluation répond à des questions de décision, pas à une curiosité générale. Les cinq questions classiques sont : combien de personnes sont en insécurité alimentaire ? Qui sont-elles (profil, zone, groupe de moyens d'existence) ? Pourquoi (causes immédiates et sous-jacentes) ? Comment la situation va-t-elle évoluer dans les trois à six prochains mois ? Quelle réponse est appropriée (modalité, durée, calendrier) ? Le plan d'analyse, rédigé avant la collecte, associe à chaque question les indicateurs, les désagrégations et les tableaux attendus. Un indicateur qui ne figure dans aucun tableau du plan d'analyse n'a rien à faire dans le questionnaire.
Étape 3 : choisir les méthodes
- Enquête ménages quantitative : prévalences (SCA, rCSI, LCS, part des dépenses alimentaires, HHS), comparables entre zones et dans le temps. Elle répond à « combien » et « qui ».
- Entretiens avec informateurs clés (chefs de village, agents de vulgarisation, enseignants, agents de santé, commerçants) : tendances, calendrier, accès, services. Rapides mais exposés aux biais de position.
- Groupes de discussion séparés par sexe, âge et groupe de moyens d'existence : causes, stratégies d'adaptation, préférences de modalité, risques de protection. Ils répondent à « pourquoi » et « comment ».
- Enquête auprès des commerçants et relevés de prix : fonctionnement des marchés, capacité à répondre à une demande accrue.
- Observation directe : état des cultures et des pâturages, stocks visibles, file d'attente aux points d'eau, état du bétail.
Étape 4 : collecte, contrôle qualité et analyse
Formation des enquêteurs de trois à cinq jours, dont une journée de test sur le terrain ; une équipe mixte (au moins une enquêtrice par binôme pour interroger les femmes) ; supervision quotidienne avec contrôle des données reçues le soir même ; analyse préliminaire dans la semaine qui suit la fin de la collecte ; atelier de validation avec le cluster et les services techniques. Un rapport d'évaluation n'est crédible que s'il décrit ses limites : périodes et zones non couvertes, biais de non-réponse, problèmes de traduction d'un indicateur.
Règle de proportionnalité : la profondeur de l'évaluation doit correspondre à la décision à prendre. Pour décider d'une distribution d'urgence de quatre semaines, une évaluation rapide crédible suffit ; pour concevoir un programme de 18 mois et fixer des cibles d'effet, une enquête ménages représentative est indispensable. Retarder une réponse vitale pour obtenir des données parfaites est une faute, tout comme lancer un programme pluriannuel sans base de référence.
6Les cadres d'analyse : moyens d'existence, causes de la malnutrition et saisonnalité
Les indicateurs des ménages décrivent un état ; ils ne disent pas pourquoi le ménage en est là ni ce qui va se passer. Trois cadres d'analyse permettent de passer de la description à l'explication : le cadre des moyens d'existence durables, le cadre conceptuel des déterminants de la nutrition et le calendrier saisonnier.
Le cadre des moyens d'existence durables
Formalisé à la fin des années 1990 par le ministère britannique du développement international (DFID), ce cadre décrit cinq catégories de capitaux dont dispose un ménage, le contexte de vulnérabilité (chocs, tendances, saisonnalité) et les politiques, institutions et processus qui en déterminent l'accès.
| Capital | Exemples | Questions d'évaluation | Effet typique d'un choc |
|---|---|---|---|
| Humain | Main-d'œuvre, santé, compétences, éducation | Combien d'adultes valides ? Maladies chroniques ? Compétences monnayables ? | Décès, blessures, épidémie, départ des jeunes hommes |
| Naturel | Terre, eau, pâturages, forêts | Accès aux champs ? Droits fonciers ? Pâturages accessibles ? | Champs inaccessibles pour raison de sécurité, pâturages épuisés |
| Physique | Outils, bétail, habitat, puits, moyens de transport | Nombre d'animaux par espèce ? Outils agricoles ? Stocks ? | Pillage, mortalité animale, destruction des greniers |
| Financier | Épargne, crédit, transferts de migrants, revenus réguliers | Sources de revenu et montants ? Dettes ? Accès au crédit des commerçants ? | Endettement, perte d'emplois journaliers, rupture des transferts |
| Social | Réseaux de parenté, groupes d'entraide, solidarité clanique | Qui aide qui ? Dons et prêts de nourriture ? | Épuisement de la solidarité quand tout le monde est touché |
L'intérêt pratique de ce cadre est de déterminer quels capitaux la réponse doit protéger ou reconstituer. Un ménage d'éleveurs dont le troupeau est passé de 30 à 8 chèvres n'a pas seulement un problème de consommation : il a perdu l'essentiel de son capital physique et de sa capacité de revenu futur. Une réponse qui se limite à la ration alimentaire le maintiendra en vie mais ne le sortira pas de la crise.
Le cadre conceptuel des déterminants de la nutrition
Le cadre de l'UNICEF (1990, actualisé en 2020 sous la forme d'un cadre sur les déterminants de la nutrition maternelle et infantile) distingue des causes immédiates (alimentation inadéquate, maladies), des causes sous-jacentes (insécurité alimentaire des ménages, pratiques de soins inadéquates, environnement sanitaire et accès aux services de santé insuffisants) et des causes fondamentales (ressources, gouvernance, normes sociales). Il rappelle qu'une amélioration de l'accès alimentaire ne suffit pas à réduire la malnutrition aiguë si l'eau, l'assainissement, la santé et les pratiques d'alimentation du jeune enfant restent défaillants : c'est le pilier « utilisation ».
Repères à connaître pour lire les données nutritionnelles dans une analyse de sécurité alimentaire :
- Classification de la prévalence de la malnutrition aiguë globale chez les 6-59 mois (OMS et UNICEF, 2018) : très faible en dessous de 2,5 % ; faible de 2,5 à moins de 5 % ; moyenne de 5 à moins de 10 % ; élevée de 10 à moins de 15 % ; très élevée à 15 % et plus.
- Phases de l'échelle IPC de la malnutrition aiguë : phase 1 en dessous de 5 %, phase 2 de 5 à 9,9 %, phase 3 de 10 à 14,9 %, phase 4 de 15 à 29,9 %, phase 5 à 30 % et plus.
- Seuils de mortalité utilisés par Sphère : taux brut de mortalité supérieur à 1 décès pour 10 000 personnes par jour, ou taux de mortalité des moins de 5 ans supérieur à 2 pour 10 000 par jour, signalent une situation d'urgence ; le doublement du taux de référence est aussi un signal d'alerte.
- Périmètre brachial chez l'enfant de 6 à 59 mois : moins de 115 mm pour la malnutrition aiguë sévère, de 115 à moins de 125 mm pour la malnutrition aiguë modérée.
Une analyse sérieuse croise les deux : une MAG de 14 % dans une zone où la consommation des ménages est acceptable doit faire chercher du côté des maladies (rougeole, diarrhée, paludisme), de l'eau et des pratiques ; une consommation très dégradée avec une MAG encore basse annonce souvent une détérioration nutritionnelle dans les semaines suivantes, car la malnutrition est un indicateur tardif.
Le calendrier saisonnier
Le calendrier saisonnier est l'outil le plus simple et le plus sous-utilisé de l'analyste. On le construit en groupe de discussion avec des hommes et des femmes de chaque groupe de moyens d'existence, mois par mois, sur une année normale. Il permet de savoir quand la soudure commence, quand les prix sont au plus haut, quand la main-d'œuvre agricole est demandée, quand les maladies culminent, et donc quand chaque intervention est utile.
| Activité ou phénomène | Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison des pluies | X | X | X | X | X | |||||||
| Préparation des champs et semis | X | X | ||||||||||
| Récolte des céréales | X | X | ||||||||||
| Soudure | X | X | X | X | ||||||||
| Prix des céréales au plus haut | X | X | X | |||||||||
| Demande de main-d'œuvre agricole | X | X | X | X | X | |||||||
| Pic de paludisme et de diarrhée | X | X | X | |||||||||
| Migration saisonnière des jeunes | X | X | X | X | X |
Lecture : une enquête réalisée en novembre, juste après la récolte, donnera presque toujours une image plus favorable qu'une enquête réalisée en août. Comparer ces deux enquêtes pour conclure à une « dégradation » ou à une « amélioration » est une erreur classique : on compare une saison à la même saison de l'année précédente.
7Exemple complet : l'évaluation du district de Haut-Kéla
Contexte fictif : le district de Haut-Kéla (186 000 habitants, environ 31 000 ménages) se compose de trois zones de moyens d'existence : une zone agricole de céréales pluviales au sud, une zone agropastorale au centre et une zone pastorale au nord. La saison des pluies a été très déficitaire (62 % de la moyenne), puis des affrontements armés en août ont déplacé environ 21 000 personnes de la zone pastorale vers le chef-lieu, Doumbaré. L'ONG « Terres Solidaires », membre du cluster, est chargée avec deux partenaires de l'évaluation approfondie en octobre.
1. Revue des données secondaires (semaine 1)
- Dernier Cadre Harmonisé (mars) : district en phase 2, projection phase 2 pour la soudure.
- Profil HEA (2021) : dans la zone agropastorale, les ménages très pauvres et pauvres représentent 45 % de la population et tirent 55 % de leur nourriture de leurs propres récoltes en année normale.
- Prix du mil à Doumbaré en septembre : 410 unités monétaires le kilo, contre 260 un an plus tôt (+58 %) et 245 pour la moyenne quinquennale.
- Enquête SMART de l'année précédente (même saison) : MAG de 9,1 %.
- Lacunes : aucune donnée récente sur les déplacés, aucune donnée sur les pertes de bétail.
2. Plan d'échantillonnage
Quatre strates sont retenues : zone agricole, zone agropastorale, zone pastorale (résidents restés sur place, accès partiel) et déplacés à Doumbaré. Pour chacune, avec une prévalence attendue de 50 %, une précision de ±10 points, un effet de plan de 2 et 10 % de non-réponse : 96 × 2 = 192, soit environ 211 ménages, arrondis à 22 grappes de 10 ménages. Total prévu : 880 ménages. Dans la zone pastorale, 6 grappes sur 22 sont inaccessibles pour raison de sécurité ; elles sont remplacées par entretiens téléphoniques auprès de 48 ménages et par des entretiens avec informateurs clés, et cette limite est signalée.
3. Résultats principaux
| Indicateur | Agricole | Agropastorale | Pastorale | Déplacés |
|---|---|---|---|---|
| Ménages enquêtés | 218 | 214 | 160 + 48 par téléphone | 220 |
| SCA pauvre / limite / acceptable (%) | 14 / 31 / 55 | 22 / 36 / 42 | 29 / 34 / 37 | 38 / 35 / 27 |
| rCSI moyen | 12 | 17 | 21 | 26 |
| LCS : aucune / stress / crise / urgence (%) | 31 / 38 / 22 / 9 | 18 / 34 / 31 / 17 | 12 / 25 / 35 / 28 | 6 / 21 / 41 / 32 |
| Part des dépenses alimentaires supérieure à 65 % (% des ménages) | 38 | 51 | 47 | 69 |
| HHS modérée ou sévère (%) | 18 | 27 | 36 | 44 |
| Récolte par rapport à une année normale | -40 % | -55 % | sans objet | sans objet |
| Termes de l'échange chèvre/mil | sans objet | -38 % | -52 % | sans objet |
| MAG (enquête SMART conjointe, district entier) | 12,8 % (intervalle de confiance 10,6-15,3) | |||
4. Analyse par pilier
- Disponibilité : production locale fortement réduite, mais les marchés du chef-lieu restent approvisionnés par les commerçants venant de la capitale régionale ; l'enquête commerçants indique un délai de réapprovisionnement de 7 à 10 jours. La disponibilité est un problème dans la zone pastorale, où deux marchés hebdomadaires sur trois sont fermés.
- Accès : c'est le pilier le plus dégradé. Prix du mil en hausse de 58 %, perte des revenus du travail agricole (moins de récoltes à faire), effondrement des termes de l'échange pour les éleveurs. Les déplacés ont perdu à la fois leurs troupeaux et leurs réseaux sociaux.
- Utilisation : la MAG est passée de 9,1 % à 12,8 % à saison comparable. Les données WASH montrent que 41 % des déplacés boivent une eau de surface non traitée.
- Stabilité : la prochaine récolte n'aura lieu que dans 12 mois ; la soudure commencera tôt, dès avril dans la zone agropastorale. Le conflit reste actif au nord.
5. Lecture de la gravité et projection
Les déplacés et la zone pastorale présentent une convergence d'indicateurs compatibles avec la phase 3 de l'IPC et, pour une part importante des ménages, avec la phase 4 : plus d'un quart des ménages en stratégies d'urgence, rCSI moyen supérieur à 19, plus d'un tiers des ménages avec une consommation pauvre. La zone agropastorale se situe plutôt en phase 3 ; la zone agricole en phase 2 avec une minorité importante de ménages en phase 3. L'équipe ne classe pas elle-même le district : elle transmet ces résultats, avec leur méthode et leurs limites, à la cellule d'analyse du Cadre Harmonisé de novembre. Elle projette une détérioration à partir d'avril, quand les stocks restants seront épuisés.
6. Énoncé du problème et recommandations
Énoncé retenu : « Environ 48 000 personnes (déplacés de Doumbaré et ménages pauvres et très pauvres de la zone pastorale accessible) ne peuvent pas couvrir leurs besoins alimentaires minimaux sans recourir à des stratégies d'urgence, principalement en raison de la perte de leur bétail et de leurs revenus et de la hausse de 58 % du prix des céréales. Environ 25 000 personnes supplémentaires de la zone agropastorale basculeront dans la même situation à partir d'avril si aucune assistance n'est apportée. »
Recommandations transmises au cluster : assistance alimentaire immédiate pour les déplacés (transferts monétaires à Doumbaré où le marché fonctionne, à confirmer par une analyse de marché rapide) ; vivres pour la zone pastorale où les marchés sont fermés ; assistance de soudure ciblée dans la zone agropastorale de mars à août ; appui à la sauvegarde du noyau reproducteur du bétail ; semences de cycle court en mai ; coordination avec le cluster Nutrition pour le dépistage et avec le cluster WASH pour l'eau des sites de déplacés ; nouvelle enquête de suivi en juin.
Observez ce que l'équipe n'a pas fait : elle n'a pas additionné les pourcentages de zones de tailles différentes sans pondération ; elle n'a pas conclu à la « famine » sur la base de quelques indicateurs graves ; elle n'a pas recommandé une seule modalité pour tout le district ; elle n'a pas masqué la couverture partielle de la zone pastorale.
8Outils réutilisables : matrice d'analyse, grille de revue et liste de contrôle
Matrice d'analyse des quatre piliers
Cette matrice sert à la fois à préparer le questionnaire et à structurer le rapport. Pour chaque pilier, on identifie les indicateurs, leurs sources et le niveau d'analyse (zone, marché, ménage, individu).
| Pilier | Indicateurs clés | Sources | Niveau | Signal d'alerte |
|---|---|---|---|---|
| Disponibilité | Production par rapport à la moyenne quinquennale ; stocks des commerçants et des ménages ; flux commerciaux ; état des pâturages | Ministère de l'agriculture, FAO, enquête commerçants, images satellitaires de végétation | Zone | Production inférieure de plus de 30 % à la moyenne ; délai de réapprovisionnement supérieur à deux semaines |
| Accès | Prix des denrées de base ; termes de l'échange ; revenus ; part des dépenses alimentaires ; accès physique aux marchés | Suivi des prix, enquête ménages, informateurs clés | Marché et ménage | Hausse de prix de plus de 25 % sur trois mois ou de plus de 50 % sur un an ; baisse des termes de l'échange de plus de 30 % |
| Utilisation | MAG ; morbidité ; accès à l'eau ; pratiques d'alimentation du jeune enfant ; diversité alimentaire des femmes | SMART, système d'information sanitaire, enquêtes WASH | Ménage et individu | MAG supérieure ou égale à 10 % ou en forte hausse ; épidémie de rougeole ou de choléra |
| Stabilité | Prévisions saisonnières ; projections de prix ; évolution du conflit ; durée attendue des déplacements | Systèmes d'alerte précoce, analyses de sécurité | Zone | Prévision de pluies inférieures à la normale ; escalade du conflit |
| Résultats ménages | SCA, rCSI, LCS, HHS, HDDS | Enquête ménages | Ménage | SCA pauvre supérieur à 20 % ; rCSI moyen supérieur à 19 ; plus de 20 % de ménages en stratégies d'urgence |
Les seuils d'alerte de la dernière colonne sont des repères de travail, à adapter au contexte et aux références locales ; ils ne remplacent pas les tables de référence de l'IPC.
Grille de revue des données secondaires
| Source | Date et période couverte | Zone couverte | Méthode et représentativité | Fiabilité (bonne, moyenne, faible) | Information utile | Lacune |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ex. : Cadre Harmonisé de mars | Mars, projection juin-août | Tout le pays, niveau district | Analyse de consensus | Bonne | Phase et populations par district | Antérieur au choc |
| Ex. : rapport d'évaluation rapide d'une ONG | Deux semaines après le choc | 12 villages | Informateurs clés, choix raisonné | Moyenne | Tendances, accès, priorités | Non représentatif ; pas de prévalence |
Liste de contrôle avant de lancer une enquête ménages
- Le plan d'analyse est écrit et chaque question du questionnaire y renvoie à un tableau.
- Le questionnaire utilise les modules standards (SCA, rCSI, LCS, dépenses, HHS) dans leur version recommandée par le PAM ou le cluster, sans modification des libellés ni des périodes de rappel.
- Les stratégies LCS ont été adaptées au contexte avec le cluster (liste locale validée de stratégies de stress, crise et urgence).
- Le questionnaire est traduit, rétro-traduit et testé auprès d'au moins 20 ménages.
- La taille d'échantillon par strate est calculée et justifiée ; la base de sondage est documentée.
- Les équipes sont mixtes, formées pendant au moins trois jours, et signent un code de conduite incluant la protection contre l'exploitation et les abus sexuels.
- Le consentement éclairé est lu, la participation est volontaire, aucune promesse d'assistance n'est faite.
- Un protocole de référencement existe pour les cas graves rencontrés (enfant malnutri, survivante de violence) avec les contacts des services.
- Les données personnelles sont minimisées, chiffrées sur les téléphones et supprimées selon un calendrier défini.
- La date de partage des résultats avec le cluster et les communautés est fixée.
Modèle de structure de rapport d'évaluation (10 à 20 pages)
- Résumé de deux pages : chiffres clés, gravité, recommandations.
- Contexte et objectifs ; questions d'évaluation.
- Méthodologie : strates, échantillon, dates, outils, limites.
- Résultats par pilier puis par indicateur de résultat, désagrégés.
- Profils des ménages en insécurité alimentaire : qui, où, combien, pourquoi.
- Perspectives et scénario le plus probable sur trois à six mois.
- Recommandations : réponse, ciblage, calendrier, besoins d'information complémentaires.
- Annexes : questionnaire, tableaux détaillés, liste des localités enquêtées.
9Adapter l'évaluation au contexte, erreurs fréquentes et attentes des bailleurs
Variations selon le contexte
| Contexte | Particularités | Adaptations recommandées |
|---|---|---|
| Choc soudain (inondation, séisme, cyclone) | Besoin de chiffres en quelques jours ; populations en mouvement | Revue des données secondaires et évaluation rapide par informateurs clés ; estimation des populations touchées à partir des cartes d'impact ; enquête ménages seulement à partir de la quatrième semaine |
| Crise prolongée | Données nombreuses mais dispersées ; fatigue des enquêtés | Calendrier d'enquêtes harmonisé au cluster ; mêmes saisons et méthodes ; analyse des tendances plutôt que de chaque photographie |
| Camp de réfugiés ou de déplacés | Population enregistrée ; assistance générale en place ; marchés internes | Mission d'évaluation conjointe HCR-PAM ; base de sondage à partir des listes d'enregistrement ; analyse de la revente de l'aide et de la dépendance ; attention aux ménages non enregistrés |
| Milieu urbain | Populations dispersées, mélangées aux résidents ; poids du loyer et des dettes | Analyse des besoins essentiels plutôt que de la seule alimentation ; module dépenses détaillé ; échantillonnage par zones géographiques ou par listes de services ; enquêtes par téléphone fréquentes |
| Accès limité ou gestion à distance | Équipes internationales absentes ; zones de combat | Enquêtes téléphoniques (type mVAM du PAM) avec un module court ; partenaires locaux formés ; informateurs clés multiples par localité ; triangulation avec les images satellitaires et les prix |
| Insécurité forte | Risque pour les enquêteurs et les enquêtés | Questionnaire allégé, sans questions sensibles sur les groupes armés ; durée sur le terrain limitée ; pas de liste nominative sur papier ; analyse de risque préalable validée par la sécurité |
| Partenaire local à faibles capacités | Bonne connaissance du terrain ; peu d'expérience des indicateurs standards | Formation conjointe, appui à l'analyse, double saisie ou contrôle à distance des premières données, co-signature du rapport |
Erreurs fréquentes
- Confondre gravité et ampleur : une zone avec 45 % de ménages en consommation pauvre mais 8 000 habitants pèse moins, en nombre de personnes, qu'une zone à 20 % mais 200 000 habitants. Le rapport doit présenter les deux.
- Agréger sans pondérer : la moyenne de quatre strates de tailles différentes n'est pas la prévalence du district. On pondère chaque strate par sa population.
- Interpréter un indicateur seul : un SCA acceptable obtenu au prix de la vente de tout le bétail n'est pas une bonne nouvelle. L'analyse croise toujours l'état actuel (consommation) et la capacité d'adaptation (stratégies, dépenses).
- Comparer des saisons différentes : voir le calendrier saisonnier.
- Modifier les questions standards : ajouter un neuvième groupe au SCA ou changer la période de rappel du rCSI rend les résultats incomparables et inutilisables pour l'IPC.
- Ignorer les ménages absents : les ménages partis en migration, ou trop pauvres pour être présents dans les villages enquêtés, sont souvent les plus touchés.
- Créer des attentes : une enquête qui laisse croire qu'une aide suivra fausse les réponses des enquêtes suivantes et abîme la relation avec la communauté.
- Publier trop tard : une évaluation dont les résultats arrivent après la fenêtre de décision (atelier IPC, plan de réponse, appel de fonds) ne sert à rien. On produit une note préliminaire dans les dix jours.
Ce que regardent les bailleurs et les évaluateurs
- ECHO : dans la proposition, la section sur l'analyse des besoins doit citer des données récentes et désagrégées, s'appuyer sur les évaluations conjointes et l'IPC ou le Cadre Harmonisé, et justifier le choix des zones et des groupes. La politique d'ECHO sur l'assistance alimentaire humanitaire insiste sur l'analyse des causes et sur la protection des moyens d'existence, pas seulement de la consommation.
- BHA (États-Unis) : les lignes directrices de demande d'assistance d'urgence exigent une justification de la situation de sécurité alimentaire par des sources reconnues, une analyse de marché pour le choix de la modalité et des indicateurs standards (SCA, rCSI) avec une base de référence.
- FCDO et agences des Nations unies : cohérence avec le plan de réponse humanitaire et les priorités du cluster ; qualité de la méthodologie ; partage des données avec le système commun.
- Évaluateurs : ils vérifient si les décisions de programmation découlent effectivement de l'évaluation, si les données ont été désagrégées par sexe, âge et handicap, et si les communautés ont été consultées sur leurs priorités. Le critère de pertinence du CAD de l'OCDE se juge en grande partie sur la qualité de l'analyse initiale.
La question que pose tout auditeur ou évaluateur : « Montrez-moi la chaîne qui va de la donnée à la décision. » Si vous ne pouvez pas relier vos zones, vos critères de ciblage, vos montants et votre calendrier à des résultats d'évaluation documentés, le programme sera jugé peu pertinent, même s'il a été bien exécuté.
10Questions d'entretien et références clés
Questions d'entretien
1. « Les marchés sont pleins, mais les ménages ne mangent pas à leur faim. Comment l'expliquez-vous et que recommandez-vous ? »
Une bonne réponse identifie un problème d'accès et non de disponibilité, cite les causes possibles (perte de revenus, hausse des prix, endettement, insécurité sur la route du marché), propose de vérifier la capacité des commerçants à répondre à une demande accrue et l'accès physique, et en déduit qu'une réponse monétaire est probablement adaptée, sous réserve d'une analyse de marché et des préférences, avec un suivi des prix.
2. « Vous avez une semaine pour donner un ordre de grandeur des besoins après une inondation. Comment procédez-vous ? »
Elle décrit une revue des données secondaires (population, profils de moyens d'existence, calendrier, prix de référence), une évaluation rapide coordonnée avec le cluster par informateurs clés et observation des marchés, l'utilisation des cartes d'impact pour estimer les populations touchées, une fourchette plutôt qu'un chiffre unique, et un plan pour une enquête ménages à quatre à six semaines. Elle mentionne la coordination pour éviter les évaluations en doublon.
3. « Le SCA de votre enquête est bon, mais tous les autres indicateurs sont mauvais. Qu'en concluez-vous ? »
Elle envisage deux hypothèses : un problème de collecte (mauvaise compréhension des groupes, aliments consommés en très petites quantités comptés comme des jours de consommation, effet enquêteur) ou une consommation maintenue grâce à des stratégies destructrices. Elle explique comment trancher : contrôle des données par enquêteur, comparaison avec le HDDS et les dépenses, entretiens qualitatifs. Elle conclut qu'on ne publie pas avant d'avoir compris.
4. « Quelle est la différence entre insécurité alimentaire chronique et aiguë, et pourquoi est-ce important pour la programmation ? »
Elle explique que l'insécurité alimentaire aiguë est liée à un choc et à une période donnée, et appelle une réponse d'urgence pour sauver des vies et protéger les moyens d'existence ; l'insécurité chronique est persistante, même sans choc, et appelle des réponses structurelles (filets sociaux, développement agricole, emploi). Elle cite l'échelle chronique de l'IPC et montre qu'une même zone peut connaître les deux, ce qui impose de combiner urgence et programmes de long terme.
5. « Comment intégrez-vous le genre et la protection dans une évaluation de sécurité alimentaire ? »
Elle cite des équipes mixtes, des groupes de discussion séparés, la désagrégation par sexe du chef de ménage, âge et handicap, les questions sur qui décide de l'utilisation des ressources, la répartition de la nourriture au sein du ménage, les risques rencontrés pour accéder aux marchés et aux champs, et un protocole de référencement. Elle évite de réduire le genre à la seule variable « ménage dirigé par une femme ».
6. « Un collègue propose d'ajouter 40 questions au questionnaire standard. Que lui répondez-vous ? »
Elle renvoie au plan d'analyse : chaque question doit répondre à une décision. Elle rappelle les coûts (durée de l'entretien, fatigue des répondants, qualité qui baisse au-delà de 45 à 60 minutes) et propose de traiter certaines questions par des méthodes qualitatives.
Références clés
- Manuel Sphère (2018), chapitre Sécurité alimentaire et nutrition : standards d'évaluation et standards sur la sécurité alimentaire et les moyens d'existence ; Association Sphère.
- Emergency Food Security Assessment Handbook (deuxième édition) et notes techniques sur les indicateurs : Programme alimentaire mondial.
- Joint Assessment Mission Guidelines : HCR et PAM.
- Manuel technique de l'IPC, version 3.1 : partenariat mondial de l'IPC.
- Manuel du Cadre Harmonisé : CILSS.
- Sustainable Livelihoods Guidance Sheets : DFID (1999).
- Cadre conceptuel des déterminants de la nutrition maternelle et infantile (2020) : UNICEF.
- Méthodologie SMART et orientations sur l'interprétation de la prévalence de la malnutrition aiguë : partenaires SMART, OMS et UNICEF.
- Guide du cluster mondial Sécurité alimentaire sur les évaluations et le suivi : Global Food Security Cluster.
- Note d'orientation sur l'évaluation initiale rapide multisectorielle (MIRA) : IASC.
Le marché du lundi
Marché d'un chef-lieu de district
Vous êtes assistant suivi des marchés.
Depuis l'arrivée de 8 000 déplacés, le prix du maïs a augmenté de 30 %. Les commerçants disent que leurs fournisseurs peuvent livrer plus si la demande est sûre. Votre ONG hésite entre vivres et espèces.
Décision 1 sur 3Que vérifiez-vous en priorité ?
Décision 2 sur 3Les commerçants peuvent fournir plus et les déplacés préfèrent les espèces. Vous recommandez :
Décision 3 sur 3Trois semaines plus tard, le prix du maïs a encore augmenté de 25 %. Vous :
Ce qu'il faut retenir
Analyser les marchés avant de choisir, suivre les prix et ajuster la réponse en coordination.
Exercice d'application : interpréter une évaluation
Dans un district, 42 % des ménages ont une consommation pauvre ou limite, le rCSI moyen est de 24, 35 % ont vendu des animaux reproducteurs et la part des dépenses alimentaires dépasse 75 % pour la moitié des ménages. Identifiez le pilier le plus touché, la gravité probable de la situation et trois risques si rien n'est fait.
À retenir
- Quatre piliers : disponibilité, accès, utilisation, stabilité.
- En urgence, le problème est souvent l'accès, pas la disponibilité.
- Indicateurs : SCA, rCSI, stratégies d'adaptation, HHS, part des dépenses alimentaires.
- IPC : 5 phases ; phase 3 ou plus = action urgente ; phase 5 = famine.
- Éviter les stratégies d'adaptation qui détruisent l'avenir.
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Pour aller plus loin : références de la formation
- Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : normes minimales sur la sécurité alimentaire et la nutrition. spherestandards.org/fr/manuel-2018
- Partenariat mondial de l'IPC (2021). Manuel technique de l'IPC, version 3.1. www.ipcinfo.org
- Programme alimentaire mondial (2021). Consolidated Approach for Reporting Indicators of Food Security (CARI). www.wfp.org/publications/consolidated-approach-reporting-indicators-food-security-cari-guidelines
- PAM et FAO (2024). Global Food Security Cluster. fscluster.org
- LEGS Project (2023). Livestock Emergency Guidelines and Standards (LEGS). www.livestock-emergency.net
- Programme alimentaire mondial (2008). Food Consumption Score: guidance note (VAM). resources.vam.wfp.org
- FANTA / FHI 360 (2011). Household Hunger Scale (HHS) et Household Dietary Diversity Score (HDDS). www.fantaproject.org/monitoring-and-evaluation
- Food Economy Group, Save the Children (2008). The Practitioners' Guide to the Household Economy Approach. www.feg-consulting.com
- CILSS (2019). Manuel du Cadre Harmonisé. www.cilss.int
- CaLP (2018). Minimum Standard for Market Analysis (MISMA). www.calpnetwork.org
Quiz du jour
3 questions pour vérifier vos acquis. Répondez à toutes pour valider le jour.