- Expliquer les étapes de l'approche de l'économie des ménages (HEA) et ses seuils.
- Appliquer les règles clés de classification de l'IPC et du Cadre Harmonisé.
- Produire et défendre une contribution d'ONG à une analyse.
1L'approche de l'économie des ménages (HEA)
La HEA décrit comment les ménages obtiennent leur nourriture et leurs revenus pendant une année de référence, puis prévoit l'effet d'un choc. Ses étapes :
- Zonage des moyens d'existence : zones où les gens vivent de la même manière (agropastorale, pastorale, pêche, urbaine…).
- Répartition par richesse : très pauvres, pauvres, moyens, aisés, selon les terres, le bétail, la main-d'œuvre.
- Quantification des sources de nourriture (production, achats, dons) et de revenus, et des dépenses.
- Spécification du choc (baisse de récolte, hausse des prix) et analyse des capacités d'adaptation.
2Les deux seuils de la HEA
Le résultat projeté est comparé à deux seuils :
- Le seuil de survie : 100 % des besoins énergétiques, plus les dépenses minimales pour préparer et consommer la nourriture (eau, combustible, sel, savon).
- Le seuil de protection des moyens d'existence : survie, plus ce qu'il faut pour maintenir les moyens d'existence (semences, soins vétérinaires, intrants) et les services de base (école, santé).
Un déficit de survie appelle une assistance humanitaire immédiate ; un déficit de protection des moyens d'existence appelle un appui pour éviter la décapitalisation. La HEA indique qui, combien, quand et avec quel montant : c'est un outil précieux pour chiffrer un plan de réponse.
3Les règles de classification de l'IPC
L'IPC classe une zone dans la phase la plus grave atteinte par au moins 20 % de la population. L'analyse repose sur la convergence des preuves : indicateurs de résultat (consommation, moyens d'existence, nutrition, mortalité) et facteurs contributifs (aléas, disponibilité, accès, utilisation, stabilité), chacun avec un niveau de fiabilité.
- Une analyse actuelle et une ou deux projections fondées sur le scénario le plus probable.
- Le signe « ! » signale qu'une zone serait au moins une phase plus grave sans l'assistance humanitaire reçue.
- La famine (phase 5) exige 20 % de ménages en déficit extrême, une malnutrition aiguë globale d'au moins 30 % et un taux brut de mortalité supérieur à 2 pour 10 000 par jour ; elle est vérifiée par le comité d'examen de la famine.
L'IPC dispose aussi d'échelles pour l'insécurité alimentaire chronique et la malnutrition aiguë.
4Le Cadre Harmonisé et la contribution des ONG
Le Cadre Harmonisé, coordonné par le CILSS, est l'équivalent de l'IPC en Afrique de l'Ouest, au Sahel et au Cameroun. Ses cycles principaux ont lieu en mars (situation actuelle et projection pour la soudure) et en octobre-novembre (après les récoltes). Ses chiffres guident les plans nationaux de réponse et les appels humanitaires.
Une ONG contribue en apportant des données récentes, représentatives et documentées (méthode, échantillon, dates), en participant aux ateliers techniques et en défendant ses constats avec des preuves, pas avec des impressions. Elle accepte le consensus final et signale clairement les limites de ses propres données.
Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.
5Exemple complet : une analyse des résultats HEA pour la zone de Sarakoro
Ce cas fictif reprend la zone agropastorale de Sarakoro (11 800 ménages). Le profil HEA de référence a été établi trois ans plus tôt pour une année « normale ». L'analyse des résultats (outcome analysis) projette l'effet de la saison déficitaire sur l'année de consommation qui va d'octobre à septembre. Les chiffres sont simplifiés pour la démonstration ; une vraie analyse utilise un tableur dédié, comme le tableur d'analyse des résultats diffusé par les praticiens de la HEA.
1. La référence : un ménage très pauvre en année normale
Ménage type de 6 personnes. Besoins énergétiques annuels : 2 100 kcal × 365 jours × 6 personnes = 4 599 000 kcal. Les groupes de richesse de la zone : très pauvres 15 % des ménages, pauvres 20 %, moyens 40 %, aisés 25 %.
| Source de nourriture | % des besoins énergétiques annuels (référence) | Source de revenus | Montant annuel (UM, référence) |
|---|---|---|---|
| Récolte propre (mil, sorgho) | 45 % | Travail agricole journalier | 180 000 |
| Achats | 40 % | Vente de bois et de charbon | 90 000 |
| Paiement en nature (travail) | 8 % | Vente de chèvres (2 par an) | 60 000 |
| Lait | 5 % | ||
| Dons | 4 % | ||
| Total | 102 % | Total | 330 000 |
2. La spécification du problème
| Paramètre | Valeur dans l'année de référence | Valeur projetée | Variation appliquée |
|---|---|---|---|
| Production de céréales | 100 | 45 | -55 % |
| Travail agricole (revenus et paiements en nature) | 100 | 70 | -30 % |
| Lait | 100 | 60 | -40 % |
| Dons | 100 | 50 | -50 % |
| Prix du mil | 260 UM/kg | 410 UM/kg | +58 % |
| Prix de la chèvre | 30 000 UM | 22 500 UM | -25 % |
| Bois et charbon | 90 000 UM | 90 000 UM | 0 % |
3. Calcul de l'année projetée, avant stratégies d'adaptation
- Nourriture directe : récolte 45 % × 0,45 = 20,3 % ; paiement en nature 8 % × 0,7 = 5,6 % ; lait 5 % × 0,6 = 3,0 % ; dons 4 % × 0,5 = 2,0 % ; total 30,9 % des besoins.
- Revenus en espèces : travail 180 000 × 0,7 = 126 000 ; bois 90 000 ; chèvres 2 × 22 500 = 45 000 ; total 261 000 UM.
- Pour atteindre 100 % des besoins énergétiques, le ménage doit acheter l'équivalent de 69,1 % des besoins, soit 3 177 900 kcal. À environ 3 500 kcal par kilo de mil, cela représente 908 kg, soit 372 300 UM au prix projeté.
- Dépenses non alimentaires minimales de survie (eau, sel, savon, combustible de cuisson, mouture) : 35 000 UM.
- Seuil de survie en espèces : 372 300 + 35 000 = 407 300 UM. Revenus disponibles : 261 000 UM. Déficit de survie avant adaptation : 146 300 UM.
4. Prise en compte des stratégies d'adaptation
Les entretiens HEA identifient les stratégies que les ménages très pauvres peuvent étendre sans compromettre leur avenir : vente supplémentaire de bois (plafonnée par la demande, + 30 000 UM) et migration de travail d'un jeune vers la ville (+ 40 000 UM, compte tenu des frais de voyage). La vente de chèvres supplémentaires n'est pas retenue : les ménages très pauvres n'en possèdent que 4 à 6, et vendre au-delà de 2 compromettrait le noyau reproducteur. Après adaptation, les revenus atteignent 331 000 UM.
- Déficit de survie : 407 300 − 331 000 = 76 300 UM par ménage et par an, soit environ 186 kg de mil ou 14 % des besoins énergétiques annuels.
- Seuil de protection des moyens d'existence : seuil de survie plus 65 000 UM (frais scolaires, soins de santé, soins vétérinaires, semences pour la saison suivante, remplacement d'outils), soit 472 300 UM. Déficit de protection des moyens d'existence : 472 300 − 331 000 = 141 300 UM par ménage.
Le même calcul pour les ménages pauvres (récolte propre plus importante, 6 à 10 chèvres) ne montre pas de déficit de survie, mais un déficit de protection des moyens d'existence de 85 000 UM. Les ménages moyens et aisés ne présentent pas de déficit.
5. Des déficits aux besoins de réponse
| Groupe | Ménages | Déficit de survie par ménage | Déficit de protection par ménage | Besoin total pour la protection des moyens d'existence (UM) |
|---|---|---|---|---|
| Très pauvres | 1 770 | 76 300 | 141 300 | 250 101 000 |
| Pauvres | 2 360 | 0 | 85 000 | 200 600 000 |
| Total | 4 130 | 450 701 000 |
Le calendrier de consommation montre que le déficit apparaît vers avril, lorsque la récolte réduite est épuisée, et s'accentue jusqu'à la récolte de septembre. L'analyse débouche donc sur trois messages pour le cluster et le Cadre Harmonisé : environ 4 100 ménages auront besoin d'une assistance d'avril à août ; les très pauvres ont un déficit de survie et doivent être prioritaires ; un appui aux moyens d'existence (semences en mai, soins vétérinaires) est nécessaire pour les pauvres. C'est cette analyse qui fonde le nombre de ménages et la durée retenus pour le programme de Sarakoro.
La force de la HEA est de transformer un choc (récolte, prix, revenus) en un déficit chiffré, par groupe de richesse et par période. Sa limite est la qualité de la référence : un profil vieux de plus de cinq ans, ou établi avant un déplacement massif ou un changement structurel de l'économie locale, doit être révisé avant d'être utilisé pour chiffrer une réponse.
6Exemple complet : la classification IPC de deux unités d'analyse
L'atelier d'analyse de novembre examine, pour le district de Haut-Kéla, deux unités d'analyse : la partie accessible de la zone pastorale du nord (64 000 personnes) et les sites de déplacés de Doumbaré (21 000 personnes), analysés séparément comme le permet le protocole lorsque leur situation diffère nettement de celle de la population hôte.
1. Les preuves disponibles
| Preuve | Zone pastorale nord | Sites de Doumbaré | Fiabilité |
|---|---|---|---|
| Enquête ménages d'octobre (SCA, rCSI, LCS, HHS) | Oui, 160 ménages en face à face et 48 par téléphone | Oui, 220 ménages | Fiable pour Doumbaré ; assez fiable pour le nord (couverture partielle, mode mixte) |
| Enquête SMART | Estimation à l'échelle du district : MAG 12,8 % | Dépistage exhaustif par périmètre brachial : 4,1 % d'enfants sous 125 mm | Fiable pour le district ; assez fiable pour les sites |
| Mortalité | Pas de donnée | Enquête rétrospective de la SMART : taux brut de 0,6 pour 10 000 par jour | Assez fiable |
| Prix et termes de l'échange | Termes de l'échange chèvre/mil -52 % | Mil +58 % | Fiable |
| Production et pâturages | Indice de végétation très inférieur à la moyenne ; mortalité animale signalée | Sans objet | Assez fiable |
| Assistance humanitaire | Faible | Distributions ponctuelles en septembre, couvrant moins d'un quart des ménages | Fiable |
2. Les indicateurs ménages comparés aux tables de référence
Les analystes placent chaque indicateur de résultat dans la phase correspondante à l'aide des tables de référence du manuel IPC 3.1. Le tableau ci-dessous donne des repères simplifiés couramment utilisés ; seules les tables du manuel font foi.
| Indicateur | Phase 1 | Phase 2 | Phase 3 | Phase 4 | Phase 5 |
|---|---|---|---|---|---|
| SCA | Acceptable | Acceptable, avec stratégies alimentaires (rCSI de 4 ou plus) | Limite | Pauvre | Pauvre, en situation extrême |
| rCSI | 0 à 3 | 4 à 18 | 19 et plus | — | — |
| HHS | 0 | 1 | 2 à 3 | 4 | 5 à 6 |
| LCS | Aucune stratégie | Stress | Crise | Urgence | Stratégies quasi épuisées |
| Part des dépenses alimentaires | Moins de 50 % | 50 à 65 % | 65 à 75 % | Plus de 75 % | — |
3. La répartition des populations par phase
Après discussion, les analystes s'accordent sur la répartition suivante, fondée sur la convergence des indicateurs et non sur un calcul mécanique.
| Unité d'analyse | Population | Phase 1 | Phase 2 | Phase 3 | Phase 4 | Phase 5 | Phase 3 ou plus | Phase de la zone |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Zone pastorale nord (actuelle) | 64 000 | 10 % | 30 % | 42 % | 18 % | 0 % | 60 % (38 400 personnes) | Phase 3 |
| Sites de Doumbaré (actuelle) | 21 000 | 5 % | 20 % | 45 % | 30 % | 0 % | 75 % (15 750 personnes) | Phase 4 |
| Zone pastorale nord (projection avril-août) | 64 000 | 5 % | 25 % | 46 % | 24 % | 0 % | 70 % (44 800 personnes) | Phase 4 |
4. Le raisonnement de classification
- Zone pastorale nord, situation actuelle : 18 % de la population en phase 4, sous le seuil de 20 %. La zone est classée en phase 3, même si près des deux tiers de la population sont en phase 3 ou plus. Certains participants plaident pour la phase 4 compte tenu de la mortalité animale : le groupe maintient la phase 3 mais l'écrit dans les facteurs de risque.
- Doumbaré : 30 % en phase 4, au-dessus du seuil de 20 %. La MAG estimée n'est pas disponible séparément, mais le dépistage et la mortalité ne contredisent pas la phase 4. L'assistance reçue est trop faible pour justifier le signe « ! », qui suppose qu'au moins 25 % des ménages couvrent au moins 25 % de leurs besoins énergétiques grâce à l'assistance humanitaire.
- Projection pour la zone pastorale : selon le scénario le plus probable (pâturages épuisés en mars, poursuite du conflit, hausse saisonnière des prix), la part en phase 4 atteint 24 % ; la zone est projetée en phase 4.
- Niveau de confiance : « acceptable » pour la zone pastorale (couverture partielle, absence de données de mortalité), « moyen » pour Doumbaré. Les besoins d'information sont listés : enquête de mortalité au nord, SMART spécifique aux sites en février.
5. Ce que l'ONG a apporté
Les données de l'enquête d'octobre, les termes de l'échange, l'analyse HEA et une note méthodologique de deux pages. La représentante de l'ONG a défendu la projection en phase 4 pour la zone pastorale en s'appuyant sur la HEA et les termes de l'échange, mais n'a pas contesté la phase 3 actuelle : les données ne la justifiaient pas.
7Outils, erreurs fréquentes et variantes par contexte
Modèle de note de contribution d'une ONG à un atelier IPC ou Cadre Harmonisé
- Identification : organisation, contact, unité d'analyse concernée.
- Source : titre de l'enquête, dates de collecte, période de rappel, financement.
- Méthode : strates, taille d'échantillon, tirage, effet de plan, mode de collecte, modules standards utilisés et leur version.
- Résultats : tableau des indicateurs de résultat avec intervalles de confiance et effectifs, désagrégations utiles.
- Facteurs contributifs : prix, termes de l'échange, production, accès, conflit, avec sources.
- Limites : zones non couvertes, biais connus, différences de méthode avec les enquêtes antérieures.
- Lecture proposée : convergence ou divergence des indicateurs, sans proposer de phase « clé en main ».
- Annexes : questionnaire, tableaux détaillés, base anonymisée si l'accord de partage le permet.
Liste de contrôle pour une analyse HEA utilisable
- Le profil de référence date de moins de cinq ans et l'économie de la zone n'a pas changé structurellement.
- L'année de référence est explicitée et n'est pas une année de crise.
- Chaque paramètre du problème (production, prix, travail) est sourcé.
- Les stratégies d'adaptation retenues sont réalistes et ne détruisent pas les moyens d'existence.
- Les seuils de survie et de protection sont calculés aux prix projetés.
- Les résultats sont présentés par groupe de richesse et par période, avec les populations concernées.
Erreurs fréquentes
- Plaider une phase pour mobiliser des fonds : cela détruit la crédibilité du système et de l'organisation. Le plaidoyer s'appuie sur la classification, il ne la fabrique pas.
- Confondre la phase de la zone et la population en besoin : une zone en phase 3 peut compter davantage de personnes en phase 4 qu'une petite zone en phase 4. Les chiffres de population sont aussi importants que la couleur de la carte.
- Additionner les indicateurs au lieu de faire converger les preuves : l'IPC n'est pas une moyenne.
- Ignorer l'assistance humanitaire : une zone qui va bien grâce à l'aide doit porter le signe « ! », pour éviter un arrêt prématuré de l'assistance.
- Présenter des données non représentatives (évaluation rapide dans quelques villages) comme représentatives de la zone.
- Utiliser une projection comme une prévision certaine : c'est le scénario le plus probable, avec des hypothèses à suivre ; elle doit être actualisée si les hypothèses changent.
- Appliquer la HEA avec un profil obsolète ou dans une zone où la population a été largement déplacée.
Variantes par contexte
| Contexte | Particularité | Pratique recommandée |
|---|---|---|
| Choc soudain hors cycle | Le dernier cycle est antérieur au choc | Mise à jour ou analyse spéciale demandée au groupe de travail technique ; HEA utilisée pour une projection rapide |
| Crise prolongée | Cycles réguliers ; risque de routine | Analyse des tendances entre cycles ; utilisation de l'échelle chronique de l'IPC pour les programmes de long terme |
| Camps et sites de déplacés | Situation différente de la population hôte | Unité d'analyse séparée si les données le permettent |
| Milieu urbain | Indicateurs agricoles inadaptés, dépenses non alimentaires élevées | Orientations urbaines de l'IPC ; profils HEA urbains par type d'emploi |
| Zones inaccessibles | Peu ou pas de données directes | Protocoles de l'IPC pour les zones à accès limité : preuves indirectes, informateurs clés, images satellitaires, enquêtes téléphoniques, avec un niveau de confiance réduit et clairement affiché |
| Risque de famine | Données incomplètes mais signaux graves | Alerte au comité d'examen de la famine selon le protocole ; déclaration de risque de famine si les conditions sont réunies ; collecte d'urgence des données de mortalité et de nutrition |
Ce que regardent les bailleurs et les évaluateurs
Les bailleurs utilisent les chiffres IPC et du Cadre Harmonisé pour répartir leurs enveloppes ; ils attendent des organisations qu'elles citent la classification officielle (et non leur propre lecture), qu'elles situent leur projet par rapport aux populations en phase 3 ou plus de la zone, et qu'elles contribuent aux analyses par des données de qualité. Les évaluateurs vérifient la cohérence entre la classification, le choix des zones, la durée et le calendrier de la réponse.
8Questions d'entretien et références clés
Questions d'entretien
1. « Une zone a 35 % de sa population en phase 3 et 15 % en phase 4. Quelle est sa phase ? »
Réponse attendue : phase 3, car 50 % de la population est en phase 3 ou plus, mais seulement 15 % en phase 4 ou plus, sous le seuil de 20 %. Une bonne réponse ajoute que le nombre de personnes en phase 4 doit néanmoins être signalé et pris en compte dans la réponse.
2. « Expliquez la différence entre le seuil de survie et le seuil de protection des moyens d'existence, et ce qu'ils impliquent pour la programmation. »
Elle définit les deux seuils, explique qu'un déficit de survie appelle une assistance immédiate pour couvrir les besoins alimentaires et non alimentaires vitaux, et qu'un déficit de protection appelle un appui pour éviter la décapitalisation (intrants, soins vétérinaires, frais de santé et d'éducation), et montre comment la HEA donne les montants, les groupes et les périodes.
3. « Vous participez à un atelier où un représentant veut classer une zone en phase plus grave que ne le justifient les données. Que faites-vous ? »
Elle défend le protocole et la convergence des preuves, propose de noter les facteurs de risque et la projection, évite la confrontation personnelle, et rappelle que la crédibilité du système protège toutes les populations à long terme. Elle sait que le recours final est le consensus technique et, si besoin, l'appui de l'unité de soutien mondiale de l'IPC.
4. « Que signifie le "!" sur une carte IPC et pourquoi est-il important ? »
Elle explique qu'il signale une zone qui serait probablement au moins une phase plus grave sans l'assistance humanitaire, et qu'il protège contre un arrêt prématuré de l'aide fondé sur une situation qui ne tient que grâce à elle.
5. « Quelles données votre ONG peut-elle apporter à un cycle du Cadre Harmonisé, et comment les rendre recevables ? »
Elle cite les enquêtes ménages représentatives, les prix, les données nutritionnelles, les analyses HEA, les informations qualitatives sur l'accès, et décrit la documentation attendue (méthode, dates, échantillon, limites), le calendrier des cycles et le travail avec la cellule nationale d'analyse.
Références clés
- Manuel technique de l'IPC, version 3.1 : partenariat mondial de l'IPC ; orientations complémentaires sur les zones à accès limité, les milieux urbains et le comité d'examen de la famine.
- Manuel du Cadre Harmonisé, version en vigueur : CILSS et partenaires.
- The Practitioners' Guide to the Household Economy Approach : Food Economy Group et Save the Children.
- Documents de référence et profils de moyens d'existence de FEWS NET, y compris sa méthode de construction de scénarios.
- Manuel Sphère (2018) : standards sur l'évaluation de la sécurité alimentaire.
- Directives CARI et notes techniques sur les indicateurs : PAM.
L'atelier de classification
Atelier national IPC
Vous êtes l'analyste sécurité alimentaire de votre ONG.
Pour un district, les données montrent 22 % de la population en phase 3 et 8 % en phase 4. Un représentant veut classer la zone en phase 4 « pour mobiliser les bailleurs ». Les données de mortalité manquent.
Décision 1 sur 3Quelle classification défendez-vous ?
Décision 2 sur 3Comment traiter l'absence de données de mortalité ?
Décision 3 sur 3La projection prévoit une dégradation pendant la soudure. Que proposez-vous ?
Ce qu'il faut retenir
Une classification rigoureuse, des limites assumées et des projections utilisées pour agir à temps.
Exercice d'application : préparer une contribution IPC
Votre ONG a réalisé une enquête dans deux districts : SCA pauvre 31 % et 12 %, rCSI moyen 23 et 11, ménages en stratégies d'urgence 24 % et 6 %, malnutrition aiguë globale 14 % et 8 %, prix des céréales en hausse de 60 % dans les deux. Rédigez une note d'une page pour l'atelier IPC : phase probable de chaque district, éléments de convergence, niveau de fiabilité de vos données, limites et besoins d'information complémentaires.
À retenir
- HEA : zonage, groupes de richesse, année de référence, choc, capacités d'adaptation.
- Seuil de survie et seuil de protection des moyens d'existence : ils chiffrent les besoins.
- IPC : zone classée selon la phase atteinte par au moins 20 % de la population, convergence des preuves, projections, « ! ».
- Cadre Harmonisé : CILSS, cycles de mars et d'octobre-novembre ; une ONG apporte des données documentées.
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Pour aller plus loin : références de la formation
- Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : normes minimales sur la sécurité alimentaire et la nutrition. spherestandards.org/fr/manuel-2018
- Partenariat mondial de l'IPC (2021). Manuel technique de l'IPC, version 3.1. www.ipcinfo.org
- Programme alimentaire mondial (2021). Consolidated Approach for Reporting Indicators of Food Security (CARI). www.wfp.org/publications/consolidated-approach-reporting-indicators-food-security-cari-guidelines
- PAM et FAO (2024). Global Food Security Cluster. fscluster.org
- LEGS Project (2023). Livestock Emergency Guidelines and Standards (LEGS). www.livestock-emergency.net
- Programme alimentaire mondial (2008). Food Consumption Score: guidance note (VAM). resources.vam.wfp.org
- FANTA / FHI 360 (2011). Household Hunger Scale (HHS) et Household Dietary Diversity Score (HDDS). www.fantaproject.org/monitoring-and-evaluation
- Food Economy Group, Save the Children (2008). The Practitioners' Guide to the Household Economy Approach. www.feg-consulting.com
- CILSS (2019). Manuel du Cadre Harmonisé. www.cilss.int
- CaLP (2018). Minimum Standard for Market Analysis (MISMA). www.calpnetwork.org
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