- Calculer et interpréter le SCA, le rCSI et les stratégies d'adaptation liées aux moyens d'existence.
- Utiliser le HDDS, l'échelle de la faim (HHS) et la part des dépenses alimentaires.
- Concevoir une enquête ménages fiable et combiner les indicateurs avec le CARI.
1Le score de consommation alimentaire (SCA)
Le SCA demande combien de jours, sur les 7 derniers jours, le ménage a consommé huit groupes d'aliments. Chaque fréquence (0 à 7) est multipliée par un poids qui reflète la valeur nutritionnelle :
- Céréales et tubercules : 2 ; légumineuses : 3 ; légumes : 1 ; fruits : 1.
- Viande, poisson, œufs : 4 ; lait et produits laitiers : 4 ; sucre : 0,5 ; huile : 0,5 ; condiments : 0.
Le score maximal est de 112. Seuils habituels : pauvre de 0 à 21, limite de 21,5 à 35, acceptable au-delà de 35. Là où le sucre et l'huile sont consommés presque tous les jours, on utilise 28 et 42.
Exemple : céréales 7 jours, légumineuses 3, légumes 4, huile 7, sucre 5, rien d'autre. SCA = 14 + 9 + 4 + 3,5 + 2,5 = 33, donc consommation limite.
2Les stratégies d'adaptation : rCSI et LCS
Le rCSI (indice réduit des stratégies d'adaptation) compte, sur 7 jours, le nombre de jours où le ménage a dû : consommer des aliments moins préférés ou moins chers (poids 1), emprunter de la nourriture ou dépendre de proches (poids 2), réduire les portions (poids 1), réduire la consommation des adultes au profit des enfants (poids 3), réduire le nombre de repas (poids 1). Le score va de 0 à 56 ; à partir de 19 environ, la situation correspond souvent à une crise.
Les stratégies d'adaptation liées aux moyens d'existence (LCS) regardent les 30 derniers jours et se classent en trois niveaux :
- Stress : vendre des biens non productifs, dépenser l'épargne, emprunter de l'argent.
- Crise : vendre des biens productifs ou des outils, réduire les dépenses de santé ou d'éducation, consommer les semences.
- Urgence : vendre les dernières femelles, sa maison ou sa terre, mendier, recourir à des activités illégales ou dangereuses.
Le ménage est classé selon la stratégie la plus grave utilisée. Une stratégie non utilisée parce qu'elle a déjà été épuisée compte comme utilisée.
3Diversité, faim et dépenses
- HDDS (score de diversité alimentaire des ménages) : nombre de groupes d'aliments, parmi 12, consommés au cours des 24 dernières heures. Il reflète l'accès économique.
- HHS (échelle de la faim des ménages) : trois questions sur 30 jours (aucune nourriture à la maison, dormir en ayant faim, passer un jour et une nuit sans manger), score de 0 à 6. De 4 à 6, la faim est sévère ; l'IPC l'utilise pour repérer les situations de catastrophe.
- Part des dépenses alimentaires : moins de 50 % est rassurant ; 50 à 65 % indique une vulnérabilité ; 65 à 75 % une vulnérabilité élevée ; plus de 75 % une vulnérabilité très élevée.
- Diversité alimentaire minimale des femmes (MDD-W) : au moins 5 groupes sur 10, utile pour une réponse sensible à la nutrition.
4Une enquête ménages fiable et le CARI
Pour une estimation par strate avec une confiance de 95 % et une marge de ±10 points, il faut environ 96 ménages (n = 1,96² × 0,5 × 0,5 ÷ 0,1²). Avec un sondage en grappes, on multiplie par l'effet de plan (souvent 2), soit environ 192, plus 10 % pour les non-réponses.
Bonnes pratiques : questionnaire testé et traduit, enquêteurs et enquêtrices formés, période de rappel respectée, collecte sur téléphone avec contrôles de cohérence, consentement éclairé, pas de promesse d'aide. Les données sont désagrégées par sexe du chef de ménage, statut (déplacés, résidents) et zone.
Le CARI du PAM combine l'état actuel (SCA) et la capacité d'adaptation (part des dépenses alimentaires ou capacité économique, et LCS) pour classer les ménages en quatre catégories : sécurité alimentaire, sécurité alimentaire limite, insécurité alimentaire modérée et sévère.
Méthodes détaillées, exemple complet, outils, erreurs fréquentes et questions d'entretien.
5Exemple complet : de l'échantillon à la console CARI
Ce cas fictif suit pas à pas l'enquête de la zone agropastorale de Sarakoro (district de Haut-Kéla), réalisée en octobre par « Terres Solidaires » pour le Cadre Harmonisé et pour la base de référence de son programme.
1. Taille d'échantillon et tirage
Population : 11 800 ménages répartis dans 23 villages. Prévalence attendue de l'insécurité alimentaire : 50 % (hypothèse prudente qui maximise l'échantillon). Précision souhaitée : ±10 points. Confiance : 95 %. On obtient 96 ménages en sondage aléatoire simple.
Le sondage en grappes (villages tirés, puis ménages dans chaque village) augmente la variance, car les ménages d'un même village se ressemblent. L'effet de plan se calcule par DEFF = 1 + (m − 1) × ICC, où m est le nombre de ménages par grappe et ICC le coefficient de corrélation intra-grappe. Avec 10 ménages par grappe et un ICC de 0,1 (valeur souvent observée pour les indicateurs de consommation dans les enquêtes précédentes), DEFF = 1 + 9 × 0,1 = 1,9, arrondi à 2. Échantillon : 96 × 2 = 192, plus 10 % de non-réponse, soit 211, arrondi à 22 grappes de 10 ménages (220 ménages).
Les 22 grappes sont tirées avec une probabilité proportionnelle à la taille des villages (un grand village peut être tiré deux fois). Dans chaque village, l'équipe utilise la liste des ménages établie avec le chef de quartier et tire 10 ménages par tirage systématique ; à défaut de liste, on utilise la méthode de segmentation du village. Le remplacement d'un ménage absent se fait selon une règle écrite (ménage suivant sur la liste), jamais au choix de l'enquêteur.
2. Calcul au niveau des ménages
Le CARI combine deux domaines. L'état actuel est mesuré par le SCA, complété par le rCSI : un SCA acceptable donne la note 1 si le rCSI est inférieur à 4, et 2 si le rCSI est supérieur ou égal à 4 ; un SCA limite donne 3 ; un SCA pauvre donne 4. La capacité d'adaptation est la moyenne de la vulnérabilité économique (part des dépenses alimentaires : moins de 50 % = 1 ; 50 à 65 % = 2 ; 65 à 75 % = 3 ; plus de 75 % = 4) et de l'épuisement des biens (LCS : aucune stratégie = 1 ; stress = 2 ; crise = 3 ; urgence = 4). Le score final est la moyenne des deux domaines, arrondie à l'entier le plus proche.
| Ménage | SCA | rCSI | Note état actuel | Part des dépenses alimentaires | LCS | Capacité d'adaptation | Score CARI | Classe |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| M1 | 33 (limite) | 15 | 3 | 68 % (3) | Crise (3) | 3 | 3 | Insécurité alimentaire modérée |
| M2 | 48 (acceptable) | 6 | 2 | 55 % (2) | Stress (2) | 2 | 2 | Sécurité alimentaire limite |
| M3 | 15 (pauvre) | 29 | 4 | 81 % (4) | Urgence (4) | 4 | 4 | Insécurité alimentaire sévère |
| M4 | 40 (acceptable) | 2 | 1 | 72 % (3) | Crise (3) | 3 | 2 | Sécurité alimentaire limite |
| M5 | 27 (limite) | 21 | 3 | 78 % (4) | Stress (2) | 3 | 3 | Insécurité alimentaire modérée |
Observez M4 : une bonne consommation, mais une capacité d'adaptation déjà entamée (dépenses alimentaires élevées, stratégies de crise). Le CARI le classe en sécurité alimentaire limite, alors que le seul SCA l'aurait jugé en sécurité. C'est exactement ce que la méthode cherche à capter. Les orientations récentes du PAM permettent aussi de remplacer la part des dépenses alimentaires par la capacité économique à couvrir les besoins essentiels (ECMEN), qui compare les dépenses du ménage au MEB ; le rapport doit indiquer la version utilisée.
3. La console CARI de la zone
| Domaine | Indicateur | 1 (sécurité) | 2 (limite) | 3 (modérée) | 4 (sévère) |
|---|---|---|---|---|---|
| État actuel | SCA et rCSI | 12 % | 30 % | 36 % | 22 % |
| Capacité d'adaptation : vulnérabilité économique | Part des dépenses alimentaires | 21 % | 28 % | 26 % | 25 % |
| Capacité d'adaptation : épuisement des biens | LCS | 18 % | 34 % | 31 % | 17 % |
| Classification CARI | 6 % | 34 % | 45 % | 15 % | |
Résultat : 60 % des ménages de la zone sont en insécurité alimentaire (modérée ou sévère), soit environ 7 100 ménages, avec un intervalle de confiance d'environ ±9 points compte tenu de l'effet de plan observé. Les résultats sont pondérés si les grappes n'ont pas été tirées strictement proportionnellement à la taille.
4. Désagrégation et lecture
| Groupe | Effectif enquêté | Insécurité alimentaire (CARI 3 et 4) | Dont sévère |
|---|---|---|---|
| Ménages dirigés par un homme | 164 | 56 % | 12 % |
| Ménages dirigés par une femme | 51 | 73 % | 24 % |
| Ménages avec au moins une personne handicapée (questions du Washington Group) | 38 | 71 % | 21 % |
| Ménages possédant moins de 5 petits ruminants | 119 | 74 % | 22 % |
Prudence : avec 51 ou 38 ménages, les intervalles de confiance sont larges (de l'ordre de ±13 à ±15 points). On peut signaler une tendance, pas affirmer une différence précise. Le rapport mentionne ces effectifs à côté de chaque pourcentage.
Ce que l'exemple montre : un échantillon calculé et justifié, un tirage documenté, un calcul ménage par ménage reproductible, une console qui montre d'où vient le résultat final, et des désagrégations présentées avec leurs limites. C'est ce niveau de transparence qui rend des données acceptables dans un atelier IPC ou Cadre Harmonisé.
6Outils : plan d'analyse, contrôles de cohérence et suivi des enquêteurs
Modèle de plan d'analyse
| Question d'évaluation | Indicateur | Calcul | Désagrégation | Tableau ou graphique | Usage |
|---|---|---|---|---|---|
| Quelle proportion de ménages a une consommation insuffisante ? | SCA par classe | Seuils 21 et 35 (ou 28 et 42 si sucre et huile quotidiens), choix justifié | Strate, sexe du chef de ménage, statut de résidence | Tableau de répartition et carte par strate | Contribution IPC, base de référence |
| Quelle est l'intensité des stratégies alimentaires ? | rCSI moyen et répartition (0-3, 4-18, 19 et plus) | Somme pondérée des cinq stratégies | Idem | Tableau des moyennes et intervalles de confiance | Contribution IPC, suivi |
| Les ménages épuisent-ils leurs biens ? | LCS par niveau | Stratégie la plus grave utilisée ou épuisée | Idem, plus groupe de moyens d'existence | Tableau, et tableau de chaque stratégie | Priorités moyens d'existence |
| Quelle est la vulnérabilité économique ? | Part des dépenses alimentaires ou ECMEN | Dépenses alimentaires (en espèces, à crédit, et valeur de la consommation propre et de l'aide selon la version suivie) ÷ dépenses totales | Idem | Répartition en quatre classes | CARI, valeur des transferts |
| Combien de ménages sont en insécurité alimentaire ? | CARI | Console | Idem | Console et chiffres absolus | Ciblage, plan de réponse |
Règles de contrôle de cohérence
| Contrôle | Règle de détection | Action |
|---|---|---|
| Durée d'entretien | Moins de 15 minutes pour un questionnaire prévu à 45 | Vérification auprès de l'équipe ; rappel téléphonique d'un échantillon |
| SCA improbable | Céréales consommées 0 jour sur 7 en zone de céréaliculture ; SCA de 0 ; tous les groupes à 7 jours | Vérification du questionnaire ; exclusion si non justifié |
| Incohérence SCA et rCSI | SCA acceptable et rCSI supérieur à 30 | Liste de contrôle par enquêteur ; pas de correction automatique |
| Incohérence SCA et HHS | SCA acceptable et faim sévère (HHS de 4 à 6) | Idem |
| Dépenses aberrantes | Valeurs au-delà de 3 écarts-types sur le logarithme des dépenses | Vérification des unités et des périodes de rappel |
| Effet enquêteur | Moyenne du SCA ou du rCSI d'un enquêteur éloignée de plus de 1,5 écart-type de celle des autres dans la même zone | Supervision renforcée, réentraînement, réentretien d'un échantillon |
| Position GPS | Plusieurs entretiens au même point ou loin du village tiré | Vérification avec le superviseur |
| Préférence de chiffres | Excès de 0, 5 ou 7 dans les fréquences | Retour en formation sur la manière de poser les questions |
Les données brutes ne sont jamais modifiées : on travaille sur une copie, et chaque correction est consignée dans un journal de nettoyage (identifiant, variable, valeur initiale, valeur corrigée, justification, auteur). Ce journal est annexé au rapport ou disponible sur demande.
Fiche quotidienne de supervision
- Nombre d'entretiens prévus, réalisés, refusés, ménages absents remplacés.
- Durée moyenne par enquêteur.
- Moyennes provisoires du SCA et du rCSI par enquêteur.
- Problèmes de compréhension signalés (par exemple : « portions réduites » compris comme « repas sautés »).
- Incidents de sécurité ou de protection ; référencements effectués.
- Décisions pour le lendemain.
Liste de contrôle de la formation des enquêteurs
- Objectifs de l'enquête et éthique : consentement, confidentialité, pas de promesse d'aide, code de conduite et PSEA.
- Lecture du questionnaire question par question dans la langue de l'entretien, avec la signification exacte de chaque terme.
- Exercices sur les groupes d'aliments du SCA avec les plats locaux : dans quel groupe compter un plat de riz avec une sauce contenant un peu de poisson séché ? (Réponse habituelle : les quantités très faibles, utilisées comme condiment, ne comptent pas dans le groupe des protéines animales, selon la note technique du PAM.)
- Jeux de rôle par paires, avec un observateur qui note les écarts.
- Test sur le terrain dans un village non tiré, puis débriefing.
- Utilisation du téléphone, sauvegarde et envoi des données, procédure en cas de perte.
7Erreurs fréquentes et ce que regardent analystes, évaluateurs et bailleurs
Les erreurs les plus coûteuses
- Le SCA gonflé : compter un aliment consommé en quantité minime (une pincée de lait en poudre dans le thé, un bouillon cube) comme une journée de consommation du groupe. Le SCA se retrouve artificiellement « acceptable ». La parade est dans la formation, avec des exemples de plats locaux, et dans les contrôles de cohérence.
- Le rCSI mal posé : demander « avez-vous réduit vos repas ? » au lieu de « combien de jours, au cours des 7 derniers jours, avez-vous dû… ». La question porte sur un nombre de jours, de 0 à 7, pour chaque stratégie.
- La liste LCS non adaptée : utiliser une liste générique incluant des stratégies impossibles dans le contexte (vendre une maison dans un camp), ou classer une stratégie au mauvais niveau. La liste et le classement en stress, crise et urgence sont validés au niveau du cluster ou du groupe d'analyse.
- Le « non applicable » mal codé : un ménage qui ne vend plus d'animaux parce qu'il n'en a plus doit être codé « non, parce que déjà épuisé », ce qui compte comme une stratégie utilisée. Le coder « non » sous-estime la gravité.
- Les dépenses incomplètes : oublier les achats à crédit, les dépenses non alimentaires annuelles ramenées au mois, ou mélanger des périodes de rappel différentes sans conversion.
- Les seuils changés en cours de route : passer des seuils 21 et 35 aux seuils 28 et 42 entre la base de référence et l'enquête finale, ce qui crée une fausse dégradation ou amélioration.
- Les intervalles de confiance absents : affirmer une amélioration de 5 points quand l'intervalle de confiance est de ±9 points.
- La comparaison de saisons différentes : comparer une base de référence en soudure et une enquête finale après récolte, et attribuer l'amélioration au projet.
Ce que regardent les analystes IPC et du Cadre Harmonisé
- La date et la période couverte : des données de plus de quelques mois, ou antérieures à un choc important, ont un poids réduit.
- La représentativité : l'échantillon couvre-t-il l'unité d'analyse (district, zone de moyens d'existence) ?
- La méthode : modules standards, taille d'échantillon, tirage, période de rappel.
- La cohérence entre indicateurs et avec les autres sources.
- La disponibilité des données brutes ou au moins des tableaux détaillés.
Ce que regardent les évaluateurs et les bailleurs
- Une base de référence réalisée avant le démarrage, à la même saison que l'enquête finale ou avec une explication de l'effet saisonnier.
- Des indicateurs standards correspondant à ceux du cadre de résultats du bailleur (pour BHA et ECHO, typiquement SCA et rCSI au niveau de l'effet, parfois LCS et HDDS).
- La désagrégation par sexe, âge et handicap demandée par le bailleur et par les engagements de l'organisation.
- La protection des données : consentement, anonymisation des bases partagées, durée de conservation.
- La séparation entre l'équipe qui collecte et l'équipe qui met en œuvre, ou au moins une supervision indépendante.
Une enquête n'est pas jugée sur ses chiffres mais sur sa capacité à les défendre. Si un analyste vous demande en atelier « combien de ménages, quel tirage, quel effet de plan, quels seuils, quelle date ? », vous devez pouvoir répondre en une minute, documents à l'appui.
8Adapter les enquêtes au contexte
| Contexte | Difficulté principale | Adaptation |
|---|---|---|
| Choc soudain | Pas de base de sondage ; populations en mouvement ; urgence | Module court (SCA, rCSI, LCS simplifié, besoins prioritaires) ; échantillonnage par sites ou par zones ; une enquête plus complète à partir de la quatrième semaine |
| Crise prolongée | Fatigue des enquêtés ; multiplication des enquêtes | Calendrier commun au cluster ; enquêtes conjointes ; panel de suivi léger entre deux grandes enquêtes |
| Camp | Listes d'enregistrement disponibles mais parfois inexactes ; sensibilité au ciblage | Tirage aléatoire sur les listes, vérification des absents ; questions sur la revente de l'aide ; communication claire sur l'indépendance de l'enquête et du ciblage |
| Milieu urbain | Populations dispersées ; locataires mobiles ; dépenses non alimentaires élevées | Échantillonnage spatial ou par listes de services ; module dépenses complet et ECMEN ; entretiens en soirée ou le week-end |
| Accès limité ou gestion à distance | Impossible de se rendre dans les zones | Enquêtes téléphoniques : module limité à 15 à 20 minutes, SCA et rCSI adaptés au téléphone, quotas par zone et sexe ; biais en faveur des ménages possédant un téléphone, à corriger par pondération et à signaler |
| Insécurité forte | Risque pour les équipes et les enquêtés | Questionnaire allégé, sans questions sur les acteurs armés ; collecte rapide ; pas de données nominatives ; enquêteurs de la communauté si leur sécurité est assurée |
| Partenaire local à faibles capacités | Peu d'expérience des modules standards | Formation conjointe, superviseur de l'organisation chef de file pendant les premiers jours, contrôle à distance des données quotidiennes, analyse conjointe |
Le cas particulier des enquêtes téléphoniques
Le PAM a développé à grande échelle les enquêtes à distance (mVAM) depuis le milieu des années 2010. Elles permettent un suivi fréquent et peu coûteux, mais les répondants sont en moyenne plus aisés, plus urbains et plus souvent des hommes. Les bonnes pratiques : fixer des quotas, pondérer selon la population, comparer régulièrement avec une enquête en face à face, privilégier les tendances aux niveaux absolus, et ne pas changer de mode de collecte entre la base de référence et l'enquête finale sans le signaler.
9Questions d'entretien et références clés
Questions d'entretien
1. « Calculez la taille d'échantillon pour deux strates avec un sondage en grappes. »
Une bonne réponse pose la formule, justifie la prévalence de 50 %, la précision et la confiance, explique l'effet de plan (et sa formule à partir de l'ICC), ajoute la non-réponse, multiplie par le nombre de strates et traduit le résultat en nombre de grappes et de ménages par grappe.
2. « Expliquez le CARI à un directeur pays non spécialiste. »
Elle explique en quelques phrases qu'on regarde ce que les ménages mangent aujourd'hui et ce qu'ils sacrifient pour y parvenir, que chaque dimension reçoit une note de 1 à 4, et que la moyenne classe les ménages en quatre groupes ; elle donne un exemple de ménage qui mange bien mais vend ses biens productifs.
3. « Vos résultats montrent une amélioration du SCA de 6 points entre la base et l'enquête finale. Pouvez-vous l'attribuer au projet ? »
Elle vérifie les intervalles de confiance, la saison, la comparabilité des méthodes, l'évolution dans les zones non couvertes ou d'un groupe de comparaison, et les autres interventions dans la zone. Elle parle de contribution plutôt que d'attribution si aucun dispositif de comparaison n'existe.
4. « Un enquêteur obtient des SCA nettement plus élevés que les autres. Que faites-vous ? »
Elle décrit la détection, la vérification sans accusation (observation, réentretien d'un échantillon), le réentraînement, la décision documentée sur les données concernées et la prévention par la supervision quotidienne.
5. « Quand utiliser les seuils 28 et 42 du SCA ? »
Elle répond : quand le sucre et l'huile sont consommés presque tous les jours par la plupart des ménages, ce qui gonfle les scores ; la décision est prise avant l'enquête, en cohérence avec le cluster et l'historique, et elle est conservée pour toute la série.
Références clés
- Note technique sur le score de consommation alimentaire et directives pour le calcul et l'utilisation des indicateurs de sécurité alimentaire : Programme alimentaire mondial.
- The Coping Strategies Index: Field Methods Manual (deuxième édition) : CARE et PAM.
- Orientations techniques sur les stratégies d'adaptation liées aux moyens d'existence (LCS-FS et LCS-EN) : PAM.
- Directives CARI, édition la plus récente, et orientations sur l'indicateur ECMEN : PAM.
- Guides de l'échelle de la faim des ménages (HHS) et du score de diversité alimentaire des ménages (HDDS) : FANTA.
- Guide de la diversité alimentaire minimale des femmes (MDD-W) : FAO et FHI 360.
- Questions courtes du Washington Group sur le handicap.
- Manuel technique de l'IPC 3.1 : tables de référence des indicateurs de résultat.
L'enquête qui ne tient pas
Bureau de terrain, après une enquête ménages
Vous êtes responsable suivi-évaluation sécurité alimentaire.
Les résultats de l'enquête arrivent : SCA acceptable pour 85 % des ménages, alors que les prix ont doublé et que le rCSI moyen est de 26. Le coordinateur veut publier vite pour le prochain atelier IPC.
Décision 1 sur 3Quelle est votre première réaction ?
Décision 2 sur 3Vous découvrez qu'une équipe comptait les condiments et le thé sucré comme des repas complets. Vous :
Décision 3 sur 3L'atelier IPC a lieu avant la fin de la recollecte. Vous :
Ce qu'il faut retenir
Des indicateurs cohérents entre eux, une collecte contrôlée et des limites assumées font une analyse crédible.
Exercice d'application : calculer et classer trois ménages
Ménage A : céréales 7, légumineuses 2, légumes 3, huile 6, sucre 4 ; rCSI 22 ; a vendu ses semences le mois dernier. Ménage B : céréales 7, légumineuses 4, légumes 5, fruits 2, lait 3, huile 7, sucre 7 ; rCSI 6 ; a dépensé son épargne. Ménage C : céréales 6, huile 3 ; rCSI 31 ; a vendu ses dernières chèvres. Calculez le SCA de chacun, classez leur consommation, leur niveau de stratégies d'adaptation et dites lequel prioriser.
À retenir
- SCA : 8 groupes sur 7 jours, poids 2-3-1-1-4-4-0,5-0,5, seuils 21 et 35 (ou 28 et 42).
- rCSI : 5 stratégies alimentaires sur 7 jours, de 0 à 56 ; LCS : stress, crise, urgence sur 30 jours.
- HDDS (24 h), HHS (30 jours), part des dépenses alimentaires (seuils 50, 65 et 75 %).
- Échantillon : environ 96 ménages par strate, multiplié par l'effet de plan en grappes ; le CARI combine les indicateurs.
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Pour aller plus loin : références de la formation
- Association Sphère (2018). Le manuel Sphère : normes minimales sur la sécurité alimentaire et la nutrition. spherestandards.org/fr/manuel-2018
- Partenariat mondial de l'IPC (2021). Manuel technique de l'IPC, version 3.1. www.ipcinfo.org
- Programme alimentaire mondial (2021). Consolidated Approach for Reporting Indicators of Food Security (CARI). www.wfp.org/publications/consolidated-approach-reporting-indicators-food-security-cari-guidelines
- PAM et FAO (2024). Global Food Security Cluster. fscluster.org
- LEGS Project (2023). Livestock Emergency Guidelines and Standards (LEGS). www.livestock-emergency.net
- Programme alimentaire mondial (2008). Food Consumption Score: guidance note (VAM). resources.vam.wfp.org
- FANTA / FHI 360 (2011). Household Hunger Scale (HHS) et Household Dietary Diversity Score (HDDS). www.fantaproject.org/monitoring-and-evaluation
- Food Economy Group, Save the Children (2008). The Practitioners' Guide to the Household Economy Approach. www.feg-consulting.com
- CILSS (2019). Manuel du Cadre Harmonisé. www.cilss.int
- CaLP (2018). Minimum Standard for Market Analysis (MISMA). www.calpnetwork.org
Quiz du jour
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